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Tome V. BI - CALZ.
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aut cacariferá , est un arbre de grandeur& de grosseur médiocre, qui varie unpeu suivant la nature des fols: ceux deîa côte de Caraque prennent plus decroissance que dans toutes les iflesfran-qoifes. Le bois de cet arbre est poreuxL fort léger. Ses feuilles font verdâ-tres , longues d’environ neuf pouces furquatre de large, & terminées en pointe:aux feuilles qui tombent il en succédéd’autres, en forte que cet arbre ne pa-roît jamais dépouillé : il est garni entout tems d’une multitude de fleurs enrose, extrêmement petites & fans odeur;mais il en est plus chargé vers les deuxsolstices qu’en toute autre saison. Unegrande quantité de ces fleurs coulent,& à peine de mille y en a-t-il dix quinouent ; ensorte que la terre qui est audessous paroít toute couverte de cesfausses fleurs : plus la fleur est petitepar rapport à i’arbre & au fruit, pluselle paroít finguliere L digne d’atten-tion. Ces fleurs sont complétés , ditM. Deleuze ; là corolle est formée decinq pétales faits en cuilleron & den-telés : au centre est un neciarîum forméde cinq lames , auquel sont attachéescinq étamines , dont chacune porte cinqsommets.Les fruits parvenus à leur per-fection sont de la grosseur & ontla figured’uu concombre, qui scroit roussàtre,pointu par le bas, & dont la surfaceseroit taillée en côte de melon. Cesfruits sont suspendus le long de la tige& des meres branches , & non pointaux petites branches comme nos fruitsd’Etirope. Cete disposition des fruitsn’est point particulière à cet arbre , ellelui est commune avec le bilimbi , lescalebajjìers , les abricotiers de Saint-Do-mingue & les papayers , & plusieurs au-tres arbres dc ['Amérique.

On voit presque toute saunée sur lecacaoyer des fruits de tout âge , qui mû-rissent successivement : la cosse de cefruit a environ trois lignes d’épaisseur.Sa capacité est remplie d’environ vingt,■trente & trente-einq amandes de cacao,séparées par une substance blanche, maisqui est muciiagineuí'e & d’une aciditéagréable, lorsque le fruit est mûr; unmorceau mis dans la bouche étanche lasoif, & rafraîchit agréablement, pourvuque l’on ne comprime pointaveclesdents

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la peau du cacao, qui est très-amere. ï,einervures principales de la queue feramifient, s’introdnifent à travers lapeau du fruit; & ainsi ramifiées, ellesvont porter la nourriture à chaqueamande, ensorte que l’on peut dire quele tout ensemble forme comme une ek»pece de grappe.

Les amandes de cacao sont assez sem-blables aux pistaches, mais plus grandes& plus grosses, arrondies, couvertesd’une pellicule feche& dure: la subs-tance de flamande est un peu violette,roussàtre, d’uu goût amer & légèrementacerbe, qui cependant n’est pas désa-gréable. On en distingue dans le com-merce de deux sortes principales ; lapremierequi est la plus grosse, est ap-pellée gros caraque ; & l’autre cacao desisles ou de Cayenne. II est à remarquer*que le germe du cacao est placé au grosbout de l’amande, au lieu que dans uosamandes Européennes, il est à l’autrebout.

On dit que plusieurs nations de P A*mérique faisoient usage de ces amandescomme de monnaies ; c’est pourquoiquelques-uns ont appelle ces amandespécuniaires.

De la maniéré de planter une cacaoyére fde la cultiver jusqu'à la maturité

des fruits.

Tout le cacao fe plante de graine , lebois de cet arbre ne prenant point debouture. On ouvre une cosse de cacao,& à mesure qu’on cn a besoin, on entire les amandes, & on les plante uneà une : commençant, par exemple, parle premier piquet, on l’atrache , A avecune forte de houlette de fer bien affiléeayant fait une efpece de petit labour,& coupé, en béquillant tout autour,les petites racines qui pourroient nuire,on plante la graine à trois ou quatrepouces de profondeur, & l’on remet lepiquet un peu à côté pour servir demarque ;& ainsi de piquet en piquet,& de rang en rang, on parcourt toute lacacaoyére.

II faut observer, i°. de ne point plan-ter dans les tems socs; on le peut à lavérité tous les mois, & tontes les lunesvieilles ou nouvelles, lorsque la saison