Band 
Tome V. BI - CALZ.
Seite
688
JPEG-Download
 

688 C A C

qu’à ce qne les morceaux île cetie noixaient contracté une couleur d’un rougeebfcur. La chaux y sert beaucoup. Alorsimpasse ccttc décoction encore chaude j& iorsqu’elle est refroidie, on la séparelin peu de la matière épaisse & de la liequi va au fond dv vaisseau. Cette lie étantépaisse , s’appelle auffi kaath , & on l'etn-jstoie de la même maniéré que l'extraitsppellé cote. Mais pour rendre cet extraitplus excellent, ils y ajoutent l'eau deï’écorce encore verte du tiianra , ou dei’acacia , dont nous avons parlé , qu’ilspilent & font macérer pendant troisjours. Enfin , lorsque ce suc est épaissi,ils l’expofent au soleil fur des nattes, Laïs le réduisent en petites masses ou enpastilles.

Les grands du pays & les riches ne fecontentent pas de ce cachou : ils y mêlent»lu cardamome, du bois d'aloès, dujmifc,de l’ambre , & d’autres choses,pour le rendre plus agréable & plus flat-teurau goût. Telle est la composition dequelques pastilles que l’on prépare dansles Indes , qui font rondes, plates , dela grosseur d’une noix vomique , que lesHollandois apportent en Europe fous lenom de Jìrigatu gmnher.

Telles fout auffi des pastilles noiresqui ont différentes figures, tantôt rondescomme des pilules, tantôt comme desgraines, des fleurs, des fruits, des mou-ches , des insectes, tantôt comme descrotes de souris , Nc. que les Portugaisfout dans la ville de Goa , & que lesÉranqois méprisent à cause de leur vio-lente odeur aromatique. Mais comme lesDations qui fabriquent ces pastilles, foutfort trompeuses , il leur arrive souventd’y mêler d'autres corps étrangers, pouren augmenter le poils & le volume ; deforte qu’il est rare d'en voir sortir depures de leurs mains.

Pour ce qui est du cachou simple , na-turel , & fans aromates, qui passe en Eu-rope , & que nous recherchons le plus ;c’est un pur extrait de l’arec fait fur leslieux, & rendu solide par l’évaporationde toute l’humidité que cet extrait con-tenoit.

On coupe les graines d’aree vertes ,en tranches > on les met bouillir dansl’eau , jufqu’à ce que cette eau soit char-gée d’une forte teinture rouge. brune »

C A C

on passe cette décoction , qu'on fait éva-porer jufqu’à consistance d’extrait, au-quel on donne telle forme que l'on veut,& qui fe durcit bientôt après.

Effets de i'arec quand il efl verd. Gar-cias & Bontius assurent que si l’on mâchel’arec verd , il cause une efpece de ver-tige & d’ivreffe semblable à celle quecause le vin, mais qu’on dissipe bientôten prenant un peu de sel & d’eau fraîche:quand ce fruit est mûr & cuit, il ne faitpoint le même effet', il u'en produit quede salutaires ; & je ne crois pas vraisem-blable qu’il tire Ion seul mérite de lamode , de l’hahituile &de ta volupté.

Eertus médicinales du cachait. LesOrientaux i’emploient continuellementcontre la puanteur de rhaleine , pourraffermir les gencives, pour aider la di-gestion , pour arrêter le vomissement, 1*diarrhée, la dyssenterie > & les relationsde nos voyageurs , de Garcie , deLinf-chot, de Bontius, de Cleyer, d’Hcrman,d’Helbigius, conviennent de l'on efficacedans tous ces cas.

Par L’ufage que nous en avons fait eiiEurope, nous y avons remarqué à-peu-près les mêmes propriétés ; nous avonstrouvé que le cachou naturel est bonpour raffermir les gencives, pour l’an-gine aqueuse, potir dissiper les eathar-rhes , pour apparier la toux qui vientil’tine pituite acre, pour arrêter les fluxde ventre qui viennent du relâchementde l’estomac & des intestins, & autresmaladies semblables.

Si nous pénétrons jusques dans les prin-cipes qui peuvent opérer ces effets, ilsemble que ce soit à l’astriction dont cettedrogue est principalement douée, quel’on doive ses vertus.

Effectivement, c’est par cette aílric-tion que l’estomac plus capable de rete-nir les alitnens, est en état de les mieuxdigérer ; ce qui est le vrai remede de lnplupart des diarrhées qui ont pour causela faiblesse de ce viscère.

C’est par cette même distinction, qusréunissant les principes du sang quiétoient divisés, elle peut arrêter la dys-enterie, & les fluxions dans lesquellesle sang on sa sérosité s’épancbent avectrop de facilité.

Le caractère spécifique du cachou , estdonc d’étre comme un composé des suesá’hypociftiï