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Tome V. BI - CALZ.
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du cœur , leur en fit boire l’infiifion,sur la relation des effets que ce fruitcausoit aux boucs qui en avoient mangé ;ou s’il en faut attribuer ia découverteà la piété d’un muphti, qui pour fairede pins longues prières, & pouffer lesveilles plus loin que les dervis les pinsdévots, a puisé pour s’en être servi despremiers.

I.'usage depuis ce temps efi est devenufi familier chez les Turcs, chez les Per-sans , chez les Arméniens , & même chezles différentes nations de l’Eutope , qu’ilest inutile de s’étendre f tir la prépara-tion , & fur la qualité des vaisseaux &instruments qu’on y emploie.

II est bon d’obí'erver que des trois ma-niérés d'en prendre l’infuíìon, savoir ondu café mondé & dans son état naturel,ou du café rcti, ou seulement des enve-loppes propres & communes de cettesubstances, auxquelles nos François auretour de Moka ont improprement donnéle nom de fleur d; café ; la seconde de cesmaniérés est préférable à la premicre, &à la troisième appellée aussi café « lasultane.

Qu’entre le gros & le blanchâtre quinous vient par Moka, & le petit verdâ-tre , qui nous est apporté du Caire parles caravanes de ia Meque , celui-cidoit être choisi comme le plus mûr, lemeilleur au goût, & le moins sujet à segâter.

Que de tous les vaisseaux pour le rô-tir, les plus propres lont ceux de terrevernissée , afín d’éviter l’impreflîon queceux de fer ou d’airain peuvent lui com-muniquer.

Que la marque qu’il est suffisammentbrûlé ou rôti est la couleur tirant sur leviolet, qu’on ne peut appercevoir qu’ense servant pour le rôtir d’un vaisseaudécouvert.

Que l’on ne doit en pulvériser qu’au-tant & qu’au moment que l’on veut l’in-fuser: on se sert pour cet effet d’un petitmoulin portatif , composé de deux outrois pieces; d’une gorge qui Fait lafonction de trémie , dans laquelle onmet le café grillé, & qu’on bouche d’uncouvercle percé d’un trou ; d’une noixdont l'arbre est soutenu & fixé dans lecoffre ou le corps du moulin qui lacache, & dans lequel elle se meut sur

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elle-même : la partie du coffre qui cor-respond à la noix est de fer & taillée endent j il y a au-defsous de la noix uracoffret qui reçoit le café h mesure qu’il semoud.

Etant jeté dans seau bouillante, l’in-fusion en est plus agréable, & souffremoins de dissipation de les parties vola-tiles , que loriqu’il est mis d’abord dansseau froide.

Quant à fa maniera d’agir & rl ses ver-tus, la matière huileuse qui sc sépare ducafé, & qui paroit fur sa superficie lors-qu’oti le grille , & son odeur particuliersqui le fait distinguer du seigle, de forge,despois, des fèves, & antres semencesque l’épargne fait substituer au café, doi-vent être les vraies indications de seseffets, si l’on en juge par leur rapportavec les huiles tirées par la cornue, puis*qu’elle contient aussi bien que celles-là,des principes volatils, tant salins quesulphureux.

C’est à la dissolution de ses sels, &au mélange de ses soufres dans le sang ,que son doit attribuer la vertu princi-pale de tenir éveillé , que son a toujoursremarquée comme l’effet le plus consi-dérable de son infusion. C’est de-là queviennent ses propriétés de faciliter ladigestion, de précipiter les aliments,d’empêcher les rapports des viandes, &d’éteindre les aigreurs, lorfqu’il est prisaprès le repas.

C’est par-là que la fermentation qu’ilcause dans le sang , utile aux person-nes grasses, replètes , pituiteuses, & àcelles qui font sujettes aux migraines,devient nuisible aux gens maigres , bi-lieux , & à ceux qui en usent trop fré-quemment.

Et c’est aussi ce qui dans certainsjfu-jets rend cette boisson diurétique.

L’expérience a introduit quelquesprécautions qu’on ne fauroit blâmer ,touchant la maniéré de prendre cetteinfusion : telles font celles de boire unverre d’eau auparavant, afin de la ren-dre laxative ; de corriger par le sucrel’ameifume qui pourroit la rendre désa-gréable , & de la mêler ou de la fairequelquefois an lait ou à la crème , pouren éteindre tes soufres, en embrasser