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L’embryon ou jeune fruit, qui devientà peu près de la grosseur & delafigured’un bigarreau , se termine en ombilic,& estverd clair d’abord, puis rougeâ-tre : ensuite d’un beau ronge , & enfinrouge obscur dans fa parfaite maturité.Sa chair est glaireuse , d’un goût désa-gréable, qui se change en celui de nospruneaux noirs secs, lorsqu’elle est sé-chée , & la grosseur de ce fruit se réduitalors en celle d’uue baie de laurier.Cettechair sert d’enveloppe à deux coquesminces, ovales , étroitement unies,arrondies fur leur dos , applaties parl’endroit où elles se joignent, de couleurd’un blanc jaunâlve, & qui contiennentchacune une semence calleuse, pourainsi dire ovale, voûtée sur son dos, &plate du côté opposé , creusée dans lemilieu & dans toute la longueur de cemême côté, d’un sillon assez profond.Son goût est tout-à-fait pareil à celui ducafé qu’on nous apporte d’Arabie : unede ses deux semences venant à avorter ,celle qui reste acquiert ordinairementplus de volume, a ses deux côtés pinsconvexes, & occupe feule le milieu dufruit.
On appelle café en coque , ce fruit en-tier & desséché ; & café mondé, ses semen-ces dépouillées de leurs enveloppes pro-pres & communes.
Par cette description faite d’aprèsnature, il est ailé de juger que l’arbre ducafé, que l’on peut appeller le casier ,ne peut être rangé fous un genre qui luiconvienne mieux que fous celui des jas-mins,si l’on a égard à la figure de la fleur,à la structure de son Fruit, & à la dispo-sition de ses feuilles.
Cetarbre croît dans son pays natal, &même à Batavia , jusqu’à la hauteur dequarante pieds; le diamètre de son troncn’excede pas quatre à cinq pouces : on lecultive avec foin ; on y voiten toutes lessaisons des fruits, L presque toujours desfleurs. II fournit deux ou trois fois sau-née une récolte très-abondante.Les vieuxpieds portent moins de fruit que les jeu-nes , qui commencent à en produire dèsla troisième & quatrième année après lagermination.
Les mots caffé en franqois , & co fée enangloìs & en hollandois, tirent l’uri &l’autre leur origine de caoube , nom que
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les Turcs donnent à la boisson qu’on pré-pare de cette plante.
Quanta fa culture, on peut assurer quefl la semence du café n’elt pas mise enterre toute récente , comme plusieursantres semences des plantes, on ne doitpas espérer de la voir germer. Celles dei’arbre qu’on cuitivoit depuis une annéeau jardin royal, mises en terre aulE-tôtaprès avoir été cueillies , ont presquetoutes levé six semaines après. Ce fait,ditM.de Jaffieu , justifie les habitantsdu pays où se cultive le café, de lamalice qu’on leur a imputée de tremperdans seau bouillante , ou de faire sécherau feu tout celui qu’ils débitent auxétrangers, dans la crainte que venant àélever comme eux cette plante, ils 11eperdissent un revenu des plus considéra-bles.
La germination de ces semences n’arien que de commun.
A l’égard du lieu où cette plante peutse conserver , comme il doit avoir durapport avec le pays dans lequel dî-nait naturellement, & où l’on 11eressentpoint d'hyver, on a été obligé julqu’ieide suppléer au défaut de la tempéra-ture dc sair & du climat, par une serreà la maniéré de celle de Hollande, souslaquelle on fait un feu modéré, poury entretenir «ne chaleur douce ; &l’on a observé que pour prévenir la sé-cheresse de cette plante, il lui Falloit detemps en temps un arrosement propor-tionné.
Soit que ces précautions en rendentla culture difficile, soit que les Turcs ,naturellement paresseux, aient négligéle foin de la multiplier dans les autrespays sujets à leur domination ; nousn’avons pas encore appris qu’aucunecontrée que celle du royaume d’Yemenen Arabie, ait l’avantage de la voir croî-tre chez elle abondamment; ce qui paroîtêtre la cause peur laquelle avant le xvrsieele son usage nous ait été presqu’in-connu.
On laisse à d’autres le foin de rappor-ter au vrai ce qui y a donné occasion , &d’examiner si l’on en doit la premiersexpérience à la vigilance du supérieurd’un monastère d’Arabie, qui voulanttirer ses moines du sommeil qui b S >
tenait assoupis dans la nuit aux offices