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Tome septieme. CHA - CHR.
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Les charbons de bois tendre , comme lebouleau , le tremble , le peuplier, le til-leul , le pin , ne pétillent point , & ilsadoucissent les métaux. On veut aussique le charbon de bois blanc toit pluspropre pour faire de la poudre à canon :ce sentiment est généralement adoptépour l’artiilerie, mais il paroît mai-son dé : voyez Poudrier. On employéaussi le charbon de bois blanc pour polirles métaux , & pour faire des crayonsaux dessinateurs.

On abat les bois qu’on destine à fairedu charbon dans la méme saison que tousles autres bois, c’est-à-dire, depuis celleoù les feuilles tombent, jufqu’ati moisd’avril.

Le gros bois ne feroit point convena-ble pour faire du charbon , parce que lasuperficie en feroit consumée avant quele centre des bûches fût réduit en char-bon : pour éviter cet inconvénient onferoit obligé de le fendre ; mais toutle monde préféré le charbon de jeune bois& ? rondin: enfin, le bois trop vieuxferoit detrès-mauvais charbon.

Le bois n’est pas propre à faire du char-bon quand il est trop humide , parce qu’a-lors fa feve jette une fumée humide quidéiange les terres dont on couvre lesfourneaux , & les meilleurs charbonniersne peuvent empêcher qu’íl ne reste quan-tité de fumerons. Ou perd un quart decharbon quand on cuit le bois trop verd.Quatre mois d’été suffisent pour dessécherle menu bois ; il en faut cinq pour des-sécher les bûches refendues.

Les bûcherons observent la longueurde deux pies & demi , ou trois pies, dansla coupe du bois destiné à faire le charbon.Ils doivent s’attacher à couper les bran-ches de bien près, pour qu’il ne restepoint d’ergots qui empêcheroient de bienarranger le bois dans le fourneau. Lebois étant ainsi débité, on le dispose encordes de huit pies de long fur quatre dehaut.

Les charbonniers appellent le lieu oùils asseyent leurs fourneaux, f lace à char-bon , fojsc à charbon , ou fauldc. Ils nom-ment fourneau la pile de bois quand elleest arrangée; & quand elle n’est que com-mencée , c’est une allumelle. Cuire lecharbon , c’est brûler le bois an point oùil doits être pour en faire du charbon.

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L.es ouvriers placent leur faulde à cotédes cordes autant qu’il leur est possible,& ils choisissent un endroit un peu élevé,afin que s'il venoit â pleuvoir l'eau nes’éconlàt pas fous le fourneau. II fautque le tc-rrein ne soit ni pierreux, nisableux , ou bien que l’on y ait déjà cuit.L’ordonnance veut que ccs places, où l’ondoit cuire le charbon, soient marquées parles officirrs des eeux & forêts, & qu’ellessoient éloignées des endroits garnis debruyères pour éviter les incendies.

Quand on a choisi la place, on com-mence par la nettoyer; ensuite le char-bonnier plante ail milieu, dans Taxedu fourneau, une especc de mât de douzeà quinze pies de hauteur , gros comme lajambe par en-bas ; & il met tout autourde cetiepiece un petit tas de bois sec fa-cile à allumer.

Lc maître charbonnier charge son four-neau tandis que les ouvriers approchentles bois: il a grand fuin, comme noirssavons dit , de mettre des morceauxbien secs autour du mât. Les bouts in-férieurs des bâtons font appuyés parterre, & les bouts supérieurs contre lemât, en forme de plan incliné. Q_nandil a formé cette premiere enceinte , ilen sonne plusieurs autres, & observe delaisser à l’extérieur, & tout le long del’épaisseur de chaque enceinte, un es-pace large de cinq à six pouces qui n’estpoint rempli par les bâtons verticaux;de forte que le vuide d’une enceinteétant toujours vis-à-vis d’un autre depuis!a circonférence de la derniere jufqu’aucentre du fourneau , il reste une eípecede canal qni s’étend jusqu’au bois secqui est au pié de cette perche ou mât,& qui sert de foyer pour porter le Feuau centre du fourneau ; & c’est à cet

endroit seul que l’on met le feu. Lorf-qu’ou a formé toutes ces différentes en-ceintes , & qu'elles remplissent une es-pace de cinq à six piés de diamètre , onéieve fur le premier lit un second étagequ’on nomme l 'êcrìfe.

Le troisième lit, qu’on nomme le grandhaut , se forme comme les deux premiers.On en éieve un quatrième qii’on appellele petit haut , & quelquefois lin cin-quième. On continue ainsi jufqu’à ceque le terrein destiné au fourneau soitrempli, & que le tout représente un cône