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tronqué , terminé par une calotte.
Lorsque le Fourneau est dressé, il Fautle bouger, c’est-à-dire, le couvrir deterre & de cendre. Deux charbonnierspiochent la terre qui environne le Four-neau , L un autre prend de la terre unpeu humide , & rapplique fur tout l’ex-térieur dii cône Formé par l’arrangementdes morceaux de bois : il Faut que l’ex-térienr du fourneau soit entièrementcouvert d’une couche de terre de troisou quatre pouces d’épaissetir , exceptéun espace d’un demi-pié de diamètre àsommet, près de ('extrémité supérieure dumât. On ne met point de terre en cet en-droit pour déterminer le feu à se porterdans Taxe du fourneau.
Pour mettre le feu au Fourneau, oninsinue par le foyer des branchages secs,& auffi-tót que ces matières Font embrâ-sées, il s’établit un courant d’air quientre par l’ouvertnre qu’on a ménagée àla couche inférieure du fourneau , &qui prend Fa route le long du mât. IIfort par,.l’ouvertnre supérieure une Fuméeépaisse , blanche & aqueuse : une partiede l’hnmidité du bois Fe dissipe avec lafumée , & l’autre s’imbibe vraisembla-blement dans la terre; car on remarquequ'elle devient un peu humide. Pendantla durée de cette circulation , le feu feporte d’étage eu étage, tant qu’il restede l’ouverture au haut du fourneau. Lecharbonnier juge qu’il est tems de fermerl’ouverture supérieure lorsque le mât estconsumé ; la diminution de la fumée lelui prouve. Pour lors il monte au hautdu fourneau avec une échelle fans couriraucun risque, & jette quelques paniersde charbon pour entretenir le brasier quiest au centre : il bouche ensuite avecattention les deux ouvertures, de peurque l’air, entrant par en-bas, ne fassecrever la couverture.
II est nécessaire que le charbonnier soittoujours le maître de ses opérations, &qu’il puisse augmenter on diminuer â songré faction du feu. Pour cet efsict , il faitdes trous de distance en distance avec lemanche de fa pelle, dans les endroits oùil a envie de porter le feu. Quand le four-neau s’affaisse également, on juge que ladistribution du feu se fait bien.
Un grand fourneau de charbon est ordi-nairement en feu six à sept jours, & un
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petit trois ou quatre. Les fourneaux oùon a éteint le feu ne font pas la moitié siélevés qu’après avoir été bougés.
Quand le feu est entièrement éteint,les charbonniers découvrent le charbonpour accélérer son refroidissement. Unouvrier , muni d’un rateau garni de lon-gues dents de fer, qu’on nomme are, en-levé la plus grande quantité de la terrequi recouvre le fourneau : un secondouvrier survient qui ôte avec un rable debois la terre feche, jufqu’ì ce que le char.bon paroisse, Fans pourtant le découvrirtout-à-fait. Enfin , pour éviter que lefourneau fe rallume, ce qui arriveroitpour peu qu’il y restât de Feu, un troi-sième ouvrier reprend avec une pelle laterre qui vient d’ètre ôtée , & la rejetteFur le fourneau : par ce moyen, ils necourent aucun risque , & le charbon serefroidit plus vite.
Le charbon qui n’est pas assaz cuit a unecouleur grisâtre : il produit une flammeblanche, se rompt difficilement & brûlecomme le bois ; c’est ce qui !e fait appel.\erfutneron. Au contraire , le bon charbonest léger , sonore, en gros morceaux bril-la n s , & fe rompt aisément. On estimefur-tout celui qui est en rondin, & quin’est pas chargé d’une grosse écorce. Lecharbon fe conserve mieux dans les cavesque dans un endroit sec.
Quand on est assuré que le charbon n’estplus embrasé, & qu’il est bien refroidi,on le transporte dans des fourgons, ìsomme & par charroi, ou dans des ba-teaux fur quelques rivières. On fe sertvolontiers de bannes jaugées dans les paysde forges ; ce Font des efpeees de tombe-reaux construits avec des planches légè-res. La banne contient quatorze, quinzeou seize poinçons, jauge d’Qrléans, dedeux cents quarante pintes , mesure deParis. Quatre cordes de bois produisentordinairement une banne de charbon : unarpent de bois taillis bien garni rend or-dinairement trente-fix cordes de bois, &par-conféquent neuf bannes de charbon.
On fait du charbon avec toute forte debois , mais il n’est pas également bon àtoute forte d’ufages. Celui de chêne, desaule , de châtaignier , d’érable, de frêne& de charme, est très-bon pour les ou-vriers en fer & en acier ; celui de hêtrepour les poudriers; celui de bois blanc