couleur, les plantes qui doivent être at-taquées de la nielle & du charbon, &c.M. Tillet croît auffi avoir remarqué queles piés de froment qui doivent donnerdu bled noir ou charbonné, sont plus sen-sibles à la gelée que les autres ; en ce cas,les fortes gelées feroient bien salutaires,parcequ’en détruisant ces plantes inuti-les, la terre í’eroit plus en état de subve-nir à la nourriture des piés sains, & lesmoissons se trouveroient exemptes depiés infectés qui leur causent un íì granddommage. Toutes ces observations , furle teins de la formation du charbon, con-courent à prouver clairement que le char-bon , de même que la nielle, n’est pas dûà une cause extérieure ; mais qu’il pro-cédé, comme elle, d’un vice interne dela plante ; ce qui Fait croire à Ginani quecette maladie n’est qu’une espece de mêmegenre que la nielle, L qui n’en différéque par ses effets ; in somma io mi 'avisoAi soft encre che la /dizaine e il gruno car-bone pojsuno ejjer tenute fer ditespeciedìf-ferenti,... bon concepcndo che non fi deecotjidcritre per casa ejsenzìulmente àijhin-ta , ma solo per una varietà Ai grado di-verso daU’ ultra,che rìtrovafi in varie fian-te, non solo ctrenli, ma pur anche di altrogeiiere : sage Z Z-
Souvent les épis sont entièrement char-bonnés, fans qu’il y ait un seul bon grain:mais j'ai souvent trouvé des épis qui neportoientdu bled noir que d’un seul coté,tandis que le coté opposé ne portoit quede bon grain : en examinant les deuxsurfaces de l’épi, on auroit penché à croi-re que cela venoit d’une cause extérieu-re, & que l’une de ces surfaces avoit étéFrappée d’un vent brûlant qui l’avoit des-séchée. Ginani a auffi remarqué souventle même phénomène: il a même trouvédes épis qui avoient alternativement unbon grain & un vicié, avec une distri-bution plus ou moins régulière fur l'épi :ces bons grains, tirés d’un épi clíarbon-né, germent & donnent de très-bellesplantes. II rapporte auffi des plantes for-mées de plusieurs tuyaux ou chalumeaux,dont les unes portoient des épis charhon-nées, & les autres des épis sains : cetteinexplicable singularité différencie par-ticulièrement le charbon de la nielle, qui,comme on l’a vu, infecte, non-feule-ment tout l’épi & toutes ses parties, mais
encore tous les germes & tuyaux quiprocedent de la plante enniellée : il n’estpas rare non plus de voir un champ en-tièrement rempli de charbon, tandis qu’onn’en trouveroit pas lin seul épi dans lechamp voisin ; souvent ii n’y a qu’un cotédu champ qui soit attaqué de ce fléau.
Lorsqu’on bat le grain, une partie desgrains charbonnés est écrasée par lescoups de fléau, - leur pouflìere noire serépand sur les autres grains & s’attacheprincipalement aux poils cannelés de lahouppe ou brosse du bon grain, & y for-me une tache noire qui le fait appellergrain moucheté, grain piqué, ou qui a lebout.... Cette tache & les grains char-bonnés échappés au fléau, suffisent pourbrunir la farine , & lui donner un goûtdésagréable; elle donne un œil violet aupain, & il est à présumer qu’une matiè-re si putride & fi corrompue employéeen aliment journalier, donne naissance àdes maladies dont on cherche vainementailleurs les causes inconnues : en effet,cette matière, tellement fétide qu’ellecause des soulévemens an simple odorat,étant repompée par les vaisseaux lactés,peut servir de levain & de ferment auxfievres putrides, qui ne font peut-être sicommunes que par la négligence impar-donnable où l’on est de ne pas faire laver& sécher tous les grains avant de les fai-re moudre , afin d’enlever avec l’écu-moire tous les grains charbonnés qui sur-nagent, & de nettoyer cette poussierscontagieuse qui s’attache à la superficiedu grain. Lors de la cherté des grains,on n’est pas scrupuleux sur la qualité,& une épargne auffi déplacée entraînede grands inconvéniens pour la santé jau reste, ce bled est aisé à distinguerala simple vue ; on sent d’ailleurs qu’il estgras dans le sac, & il laisse à la main ungoût de graisse comme de la laine puan-te. La société royale d’agriculture , aubureau du Mans, me fit l’honneur dem’envoyer 1771, ses observations ma-nuscrites fur les bleds cornus , parmilesquelles je trouve celle-ci fur le char-bon : on le nomme foudre au pays du Uf(si-ne. II communique son odeur fétide aubon grain j £3’ lorsqu’il efi abondant , ilcause de s maladies épidémiques.
Les laboureurs font plus attentifs que.les boulangers & les particuliers, qiiiV 3