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mains áux fers, & n’attend quel'iristantde les recevoir pour les porter.
Dans tous les tems & dans toutes lessortes de gouvernemens, la même causea produit & produira toujours les mêmeseffets : on a dit, point de monarque sansnoblejfe, point de noblesse fans monarchie.J’aimerois mieux dire, point de monar-chie fans mmtrs , point de meurs fans ungouvernement vertueux.
Tout est perdu quand l’or est le prixde tout; quand le crédit, la considé-ration , les dignités L l’estime de sessemblables font devenus le lot des ri-chesses , qui est-ce qui préférera la ver-tu , le juste, l’honnête , aux désirs d’enacquérir, puisque sans elles on n’estrien, & qu’avec elles on est tout?Quìs enim vìrtutem ampleéíitur ipfam ,pramia Ji t'iflus ? Alors ce n’est plus lemérite des actions qui détermine à lesfaire; c'est le prix qu’elles vaudront.A Rome, les couronnes triomphales &civiques, c’est-à-dire, les plus illustres,étoient de feuilles de laurier Sc de chê-ne; les autres étoient d’or. Quoi donc!ceux qui obtenoient les premières n’é-toient-ils pas assez récompensés d'avoiraugmenté la gloire de leur patrie , oud’en avoir sauvé un citoyen ? mais cen’est plus ce qui touche , & ce ne fontplus des couronnes qu’il faudroit, ce fontdes monceaux d’or. II est si vrai quequand il reste des mœurs à un peuple,c’est l’honncur feùl qui le touche , queles couronnes de lierre que Caton fitdistribuer, furent préférées aux couron-nes d’or de són collègue; c’est que sila. couronne est d’or, elle a perdu ftvaleur.
Le luxe excessif, en dépravant lesmœurs & multipliant les besoins à l'ex-cès, a produit cette avidité si funeste àla vertu & à la prospérité des empires;Comment satisfaire à des superfluités sivastes, avec une récompense honorable?Les marques de distinction, l'estime deses concitoyens font déprisées; on veutétonner par fa magnificence, & nonpas faire admirer sà vertu; on veut dé-pouiller la considération avec ses habits,comme Hérodote diíoit que les femmesdépouilloient la honte avec la chemise^
Ce n’est ni la raison ni l'expérience,
tnais le dérèglement du luxe même, qui
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a énoncé cette maxime répétée avec tantde complaisance , qu’un grand luxe estnécessaire dans un grand état. Catonl’ancien soiitenoit qu’unecité oîi un pois-son se vendoit plus cher qu’un bœuf,ne peut subsister ; & Caton avoit raison;tous les désordres naissent de celui-là,& il n’en est point qui, pris à part, nedoive causer la perte des états.
Pour ne parler ici que de celui de cesdésordres qui est le plus analogue ausujet que je traite , que de maux ne ré-fulte-t-il pas de l’excès des impôts donton est obligé d'écrascr les peuples poursuffire à l’avidité de ceux qui ne con-naissent de grandeur & de bien que leursénormes superfluités !
Ces gens Fastueux ne savent pas ce quecoûte de gémissemens la dorure qui lescouvre: allez donc, hommes fomptuen-sement pervers, orgueilleux inhumains,allez dans cette chaumière, voyez - yvotre semblable exténué par la faim,n’ayani plus la force de défendre fasubsistance, qu’on lui arrache pour engalonner l’habit de vos valets : sembla-bles à Saturne , ou plutôt à des bêtesféroces encore, vous dévorez les en-fans de l’état. Si toute affection natu-relle est éteinte en vous, si vous l’o-sez fans mourir de douleur, regardezces victimes innocentes de vos débor-demens, pendues à un sein que vousavez flétri par la misere ; vous les nour-rissez de sang , & vous en faites ver-ser des larmes à leurs meres : vous ré-pondrez à la nature de la destructionde tant d’êtres qui ne voyent le jourque pour être immolés á votre meur-trière opulence ; vous lui répondrez detous ceux qui n'auront pas été pro-duits, & des postérités dont vous au-rez causé la perte, en desséchant parle besoin les sonrees de la générationdans ceux par qui elles dévoient êtreengendrées.
Mon dessein n’est pas de porter plusloin , pour le présent , ces réflexionsfur les effets du luxe. Je réexamine-rai pas non plus jufqu’à quel point ilpeut être nécessaire ; mais je croiraitoujours que dans tout état bien admi-nistré, qui par l’étendue, la positionfcla fertilité de son sol, produit abon-damment au-delà de tous les besoins »