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Tome septieme. CHA - CHR.
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remarqué que la théocratie a pouffe la ty-rannie a u plus horrible excès où la dé-mence humaine pu iffe parvenir ; que plusce gouvernement se disoit divin , plus ilétoit abominable.

C’est ainsi que régna un des premiersdes législateurs, & que 20000 hommesse iaifferent maffacrer sans résistance pouravoir adoré une idole qu’un de ses pro-ches leur avoit élevée ; c’est encore par-ce qu’on croyoit entendre le grand êtreordonner ces sacrifices sanglans , que 24mille autres furent égorgés fans défense,parce que l’un d’eux avoit couché avecune étrangère qui étoit du même pays quela femrre du législateur.

Insensiblement les repréfentans du mo-narque divin fe mirent à fa place, ils n’eu-rent qu’un pas à faire ; on s’accoutuma àles confondre, ils resterent en poffeísiond u pouvoir absolu, qu’ils n’avoient faitjnsqu’alors qu’exercer comme fondésde procuration.

Mais cette erreur des peuples fur leursdespotes, qui pour l’être davantagellaif-soient subsister les apparences de la théo-cratie, pouvoit cesser,& les hommes s’ap-percevoir qu’ils n’obéiffoient plus qu’àîcurs semblables; il valut mieux fe ré-duire à nue opinion moins fastueuse &plus solide.

On se contenta d’avoir requ de la divi-nité un pouvoir absolu sur la vie & sur lesbiens de ses semblables: ce partage futencore affez beau. Samuel en fit celui deSaiil en le donnant aux Hébreux pourroi ; & il s’est trouvé des hommes affezvils & assez bas pour faire entendre aumaître que cette peinture de Saiil conte-noit le tableau des d ! oits du souverain.“ L’ilhistre Bossuet, dit le comte de Bou-lainvilliers bien plus illustre que lui , aabusé par mauvaise foi des textes de ré-criture , pour former de nouvelles chaî-nes à la liberté des hommes, & pour aug-menter le faste & la dureté des rois. Lesystème politique de cet évêque,est un desplus honteux témoignages de l’indignitéde notre siecle & de la corruption descœurs. „

Je ne dis pas que le comte de Bou-lainvilliers ait raison dans cette impu-tation , & que les vues de l’évêque deMsatix aient été celles qu’il lui repro-

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che : mais il faudroit ignorer les prin-cipaux faits de l’histcire pour ne pasconvenir que dès qu’Us le purent , lesfauteurs des superstitions également avi-des de richesses & d’autorité , cherchantà acquérir l une & l'autre par la rui-ne & l’efclavage de tous, s’efforcerentde persuader le pouvoir sans borne dessouverains, qu’ils tentèrent eux - mêmesde subjuguer après s'en être servis pourélever leur puissance ; mais qu’ils exal-tèrent tant qu’ils en eurent besoin ,prêchant à tous l’obéissance absolue â unseul, pourvu que celui - là leur fût sou-mis , faisant tout dépendre de lui, pour-vu qu’ils dépendît d’eux.

C’est ce qui leur a valu toute l’autoritéque leur donna Constantin par ses là, Ltoute celle qu’ils ont eue sous les rois Vi-figoths. On peut voir dans Suidas, dansMézeray & dans beaucoup d’alitres histo-riens , combien sous ces princes ils abusè-rent à la ruine de la société de cette maxi-me, toute puijstmce -uient d'en-haut : maxi-me qui dispenserait eenx qui voudroients’en prévaloir, des apparences même dela justice, qui les débarrafferoit de toutfrein , & les affranchiroit de tout re-mords.

On auroit pensé plus juste & parléplus sensément , l’autorité des souve-rains en eût été plus affermie , si l’oneût dit : toute puijsatice vient de la na-ture U de la raison , par qui tout hom-me doit régler ses aillons. Car cette puis.sance n’est établie & ne doit s’exercerque par elles. C’est la raison qui a vou-lu que les hommes réunis en société ,ne pouvant être gouvernés par la mul-titude , remissent à un seul 011 à plu-sieurs , suivant leur nombre & l’éten-due des posseffions qu’ils avoient à con-server, le pouvoir de les gouverner, sui-vant les conventions & les là de la so-ciété qu’ils avoient formée.

C’est encore la raison qui veut queceux à qu! cette autorité est confiée enusent, non selon la force dont ils sontdépositaires , mais conformément à cesmêmes loix , qui dans le fait bornenttoute leur puissance au pouvoir de lesfaire exécuter. On demandoit à Ar-fchidamas qui est - ce qui gouvernoit àSparte: ce font Ittloix, dit-il, êf puis