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le magistrat suivant les loîx. II Faildroitpouvoir Faire cette réponse de tous lesgouvernemens du monde.
Je fais bien que Grotius n’a pas étéJe feu] qui ait pensé d’une faqon con-traire à ces principes. Hobbes ne leurparoít pas plus favorable; mais il nefaut attribuer ce qu’il semble dire d’a-nalogue aux maximes du premier , qu'àses malheurs personnels, & à la néces-sité des circonstances dans lesquelles ils’eft trouvé. Ce philosophe s’cst enve-loppé : il en est de ses ouvrages politi-ques comme du prince de Machiavel ;ceux- qui n’ont vu que le sens apparentqu'íls présentent[, n’ont point compris levéritable.
Hobbes avoit un autre but ; en y re-gardant de près , on voit qu’il n’a Faitî’apologie du souverain, que pour avoirun prétexte de faire la satyre de la divi-ni'.r à laquelle il le compare , & à qui iln'y a pas un honnête homme qui voulutressembler.
Cette idée lumineuse & juste ne setrouveroitpas ici , fi elle se fût présentéeplutôt à l’un des plus beaux génies de ceficelé, qui est Fauteur de \’article Hob-bes de ce dictionnaire. Elle explique tou-tes les contradictions apparentes de l’undes plus forts logiciens, & des plus hom-mes de bien de son temps.
Comment en effet présumer qii’un rai-sonneur si profond ait pensé qu’un êtrequelconque pût donner sur lui à un an-tre être de la même cspece un pouvoirindéfini, & qu’en conséquence de'cetteconcession , celui-là pût , à la vérité,être malfaisant , mais jamais injuste ?Comment imaginer qu’il ait cru que ce-lui que le droit de la guerre permettoitde tuer dans l’état de la nature , se sou-met à toutes sortes de services & d’o-béíssanee envers celui qui veut bien luiconserver îa vie à cette condition , & quecette obligation est, faus restriction, àtout ce qu’il voudra ?
Cette proposition annonce très-distinc-tement plltsieurssoontradictions. i°. Levainqueur, d’après cet affreux système ,pourroit exiger du vaincu qu’il s'ótât lavie, qu’il l’ôtát à son pere , à fa femme ;à fes enfans , enfin, qu’il sacrifiât Cêqu’il a de plus cher , & il ne s’est soumis
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à cet esclavage infâme que pour le con-server.
2 °. S'il est vrai qu’il soit dans la na-ture que le plus fort tue le plus soiblequi lui résiste , il n’eft pas vrai qu’il ysoit qh'il le fasse esclave. On n’en ver-roit point dans l’état de nature ; qu’enferoit - on ? Elle permet de tuer , parcsqu’il lui est fort indifférent fous quelleforme un être existe ; il ne s’agit pourelle que d'une modification de plus ou demoins, & elle se fait toujours fans au-cune peine & fans aucuns Frais de fapart ; triais elle nè peut souffrir T escla-vage , parce qu’il ne lui est utile à rien ,& qu’elle n’a donné ce droit à aucunêtre fur un autre.
Où les obligations ne sont pas réci-proques , les conventions sont nulles ;pour avoir été dite, cette vérité n’en estpas moins une. N’cst - ce pas abuser desmots & de la faculté de raisonner , quede dire : le magistrat qui tient son pouvoirde lu loi, n'est pas soumis àla loti Mal-gré 8. Augustin qui Taffirme, & malgrétous les fophiítnes qu’on peut faire poursoutenir cette assertion inhumaine , il estclair qu’en transgressant la loi qui luidonne l’autorité , le magistrat renverseles Fondemens de son pouvoir ; qu’en ysubstituant sa volonté , il se remet dansl’état de nature par rapport aux autres,& les y restitue par rapport à lui ; quechacun reprend alors contre,lui comme ilreprend contre tous, le droit de n’avoirpour réglé que fa volonté ; droit auqttelon n’avoit renoncé , que parce qu'il yavoit renoncé lui - même ; & qu’enfin enviolant le pacte social, il dispense enverslui de son exécution, force tous ceux quiç’y sont soumis à rentrer dans le droit na-turel de pourvoir à leur défense, qu’ílsn’avoient aliéné que pour y subroger lalot qui punit les infractions faites à la so-ciété , comme un moyen moins violent &plus certain d’assurer leur conservationgénérale & individuelle.
Si Hobbes eût réellement prétendu ,comme il le dit, & comme le pense sé-rieusement Grotius , qic'un peuple qui aremis son droit á un tyran ne subsiste plus ,ne pourroi t-on pas lui répondre qu’en cecas, le tyran ne subsiste plus lni-même ?Sur quoi fubststeroit-il ? la multitude( comme l'appelie Hobbes) après ee droit
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