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Tome septieme. CHA - CHR.
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remis diroit au tyran : „ je ne fuis plusle peuple de qui vous tenez le droit quevous voiliez exercer, puisque votre élec-tion m’anéantit ; n'étant plus ce quej’étois lorsque j’ai contracté avec vous,étant une autre personne , je ne suisplus tenu d'aucune des conditions, “& cè raisonnement seroit juste.

Les puissances avec lesquelles des sou-verains détrônés ont contracté des obli-gations d’état étant sur le trône, peu-vent-elles, lorsqu’ils ne font plus quedes personnes privées, exiger d’eux l’exé-cution de ces conventions? Si pendantque le roi Jacques régnoit en Angleterre,la France eût fait avec lui un traité parlequel il se fût engagé à lui céder quel-que port de ce royaume , n’eût-elle pasété ridicule de vouloir forcer le mêmeroi Jacques, n’étant plus que simple par-ticulier , & son pensionnaire à Saint-Germain, à remplir les conditions dutraité, & à remettre le port promis ? IIen est de même de la multitude , si ellecesse d’être peuple auffi-tôt qu’elle a con-féré à un autre le droit de la gouverner.

Mais nous allons voir Hobbes lui-même se déceler & convenir de ce prin-cipe. „ Le premier des moyens (dit-ildans un autre chapitre ) par lesquels onpeut acquérir domination fur une per-sonne , est lorsque quelqu’un, pour lebien de la paix & pour l’intérêt de la dé-fense commune , s’est mis de bon gréfous la puissance d’un certain homme oud une certaine assemblée , après avoirconvenu de quelques articles qui doiventêtre observés réciproquement. " II ajoute ,& il faut le remarquer, „ c'est par cetnoyen que les sociétés civiles se sont éta-blies. “

Voilà donc les droits des peuples re-connus , ainsi que les obligations dessouverains envers eux , par celui mêmequi les leur refusoit, & qui nioit ces obli-gations. Les hommes en mettant toutce qu’ils avoient en commun, se sonttnis fous la puissance de la société, pourla maintenir & en être protégés. La so-ciété en confiant son droit à un ou plu-sieurs, ne l’a fait qu’à la condition deremplir à fa décharge les obligationsauxquelles elle est tenue envers les ci-toyens. II n'est donc pas vrai que le sou-verain à qui le peuple a confié le £ou-Tome VU. Fart. I ,

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voir de la gouverner, ne soit plus tenuà rien envers ce même peuple ; car illui doit tout ce que la société lui devroitelle-même; & ce qu’elle lui devroit . se-roit de le gouverner félonies conditionsénoncées ou tacites auxquelles chacun asouscrit en la formant ; mais c’est tropdiscuter une vérité trop évidente pouravoir besoin d’être démontrée. .

II en résulte que sl d’un coté, Commenous l'avons déjà fait voir, les citoyensdoivent à l’état tout ce qui est nécessairepolir fa. défense & fa conservation, deì’autre , la société ou le gouvernementqui la représente, ne peut rien exigerau-delà, ni faire aucun autre usage de cequ'ils fournissent.

On obfervoit à l’un des plus grands roisque la France ait jamais eus, que sonpouvoir étoit borné. „ Je peux tout ceque je veux, répondit le monarque équi-table & bienfaisant , parce que je neveux que ce qui est juste & pour 'le biende mes sujets. “Cette réponse est belle,c’est dommage qu’elle soit remarquable;ce devroit être celle de tout souverain.

Dans tout état gouverné par ces prin-cipes, les tributs seront modérés , parceque l’ntilité publique en fera la mesure.Dans les autres, ils seront excessifs,parce que les besoins imaginaires queproduisent les pallions & l’illusion d'unefausse gloire dans ceux qui gouvernent,font insatiables, & qu’ils en seront laréglé.

On trouve dans des loìx btirsales queles revenus publics font ceux du prince ,& que ses dettes font celles de l’état. Onne sauroit renverser les principes plus àl’avantage du gouvernement & plus à laruine de l’état. Aussi dans ceux où on sepermet de publier ces maximes, di-roit-on que ce font deux ennemis, &que l’intérêt du premier est d’anéantirl’autre , comme si en le détruisant ilne devoir pas être lui - même ensevelisous ses ruines.

Quand on est parvenu à cet étonnantoubli de tout ordre & de tout bien pu-blic, ce n’est plus l’état que l’on sert,c’eft le gouvernement pour son argent ,& la rapacité met un prix énorme à tou*les services; l’épuisement des peuples,l’aliénation entiere de l’état même nesuisit pas, Comme 11 faut acheter, & ce