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offrant des travaux moins pénibles &plus lucratifs.
Les besoins de l’état augmentent, sesrichesses diminuent j un peuple de pro-priétaires est réduit à la condition dumercenaire, la misere le disperse & ledétruit ; une dépopulation affreuse & laruine du corps politique en font lessuites.
On vantera tant qu’on voudra le mi-nistère de Colbert, voilà ce qu’il a pro-duit & ce qu’il devoit produire. II futBrillant fans doute , & digne des plusgrands éloges ; mais il faut en être bieíjébloui pour ne pas voir que ses régle-tnens fus le commerce , dont l’agricul-ture ne fut point la base, sont des ré-gletíiens de destruction. Dans la vue peut-être de flatter une nation fastueuse ouséduite par un Faux éclat , il préféra lagloire d’étre pour tous les. peuples urimodele de futilité , & de les surpasserdkns tous les arts d’ostentation, à l’a-vautage plus solide & toujours sûr, depourvoir à leurs besoin naturels, qui nedépendent ni des caprices de la mode , nides fantaisies d u goût, mais qui font lesmêmes dans tous les temps & pour tousles hommes.
j La France possede les denrées de né-ceffité , & avec la plus heureuse situa-tion pour les distribuer. Toutes les na-tions pouvoient être dans fa dépendance;H la mit dans celle de toutes. II prodi-guâtes richesses & les récompenses pourélever & pour maintenir des fabriques& des manufactures fastueuses. II n’avoitpas les matières premières ; il en provo-qua l’iinpprtation de toutes ses Forces, &prohiba l’exportation de celles du pays.C'étoit faire un traité tout à l’avantagedes étrangers; c’étoit leur dire : je m’im-pose l’obligation de consommer vos den-rées, & de ne pouvoir jamais vous faireconsommer les miennes ; c’étoit anéantirses richesses naturelles , la culture & lapopulation de ses provinces, pour multi-plier en même proportion toutes ces cho-ies à leur profit,
Ou conviendra que quand les vain-queurs auraient dicté ces conditions,ellesn’auroient pas été plus dures à celui quiles auroit reçues,
On voit quelles peuvent être les fuitesd'un pareil système, par l’exemple de la
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Sardaigne si riche & lì florissante,lorsqueAristhée lui donna des loix. Les Cartha-ginois défendirent four peine de mort ,aux habitans de cette isle de cultiverleurs terres. Jamais elle ne s’eft repeu-plée depuis , & l’on fait que c’est par unevue d’administration semblable que le*Ânglois dominent en Portugal, & que ceroyaume ne semble posséder que pour euxles trésors du nouveau monde.
Les fruits de cette police en France nemontrent pas moins combien elle peutêtre funeste. Pendant tout le ministèrede Colbert, le prix des grains ne cessade diminuer jusqu’á ce que ne suffisantplus pour rembourser les frais de leurculture , on finit par en éprouver la'disette.
II fit tout ce qu’il put pour réparerce mal ; mais il ne fit pas ce qu’il devoit,il persista dans ses principes.; des dimi-nutions fur les tailles , des encourage-rnens accordés à la population & à Ta—gricultnre ne réparèrent rien. Qu’au-roient fait les propriétaires des denréesqu’ils aurbient recueillies? Files étoientfans débouchés , conséquemment sans va-leur. Les engager à les cultiver , c’étoitles engager á devenir plus pauvres detoute la dépense de là culture.
Une faute de cette espece ne restepoint isolée , il faut que toutes lesbranches de l’admimftration s’en ressen-tent. Je ra’abstiendrois de retracer l’en-chaînement de malheurs qui suivirentcelle - ci , fi je ne croyois pas qu’il estutile de les connoître pour les éviter ,& fi d’ailleurs ils avoient moins de rap-port avec le sujet que je traite.
Les richesses naturelles anéanties, lessujets se trouvèrent hers d’état de sup-porter les impôts nécessaires; le gou-vernement fut pbiigé de recourir auxcréations de rentes & d’offices , à la mul-tiplicité des droits fur les consomma-tions qui les diminuent d’autaut, auxemprunts, aux traitans, & à tous cesexpédions destructeurs qui désolent lepeuple & ruinent les empires.
Colbert lui-même consomma les re-venus par anticipation'; & les progrèsdu màl qu’il vit commencer , s’accélé-rerent’dans un tel degré de vitesse, qu’en171Ç, trente-denx ans feulement après