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sa mort , les principaux revenus del’état se trouvèrent engagés à perpétui-té , l’excédant dépensé par avance surplusieurs années , tonte circulation dé-truite, les maisons de la campagne enmasures , les bestiaux morts , les ter-res en friche, & le royaume inondé detoutes sortes d’exaéteurs qui avoient ac-quis , fous les titres les plus bizarres,le droit d'opprimer les peuples fous tousles prétexte- possible*.
Je l’ai déja dit, c’est à regret que jeretrace ce tableau. Je ne refuse point àce ministre le tribut de reconnoissancequi lui doivent les arts & les lettres zmais je puis refuser encore moins celuique l’on doit à la vérité, quand de sontémoignage dépend le bien public.
Sans le trafic de ses vins, & quelquesmanufactures grossières que Colbertmé-prisoit, qui sait dans quelle situationplus déplorable encore la France eûtété réduite ?
Ce qui prouve que ses établissemens decommerce étoient ruineux , c’est qu’a-près fa mort, dès qu’on cessa de dépen-ser pour les soutenir, la plupart s’écrou-lerent & ne purent subsister.
Sully qui ne voyoit la gloire de sonmaître que dans le bonheur des peuples,& qui savoit qu’il ne la trouvoit quelà, connoissoit bien mieux la source dece bonheur ct des richesses de la France,quand il croyoit qu’elle étoit dans l’é-tendue & dans la fertilité de son sol. Laterre , disoit - il, produit tous les tré-sors , le nécessaire & le superflu ; il nes’ngit que d’en multiplier les produc-tions, & pour cela il ne faut qu’en ren-dre le commerce sûr & libre. “ Votrepeuple seroit bientôt sans argent, &
par conséquent Votre Majesté, si chaqueofficier en faisoit autant, ,, écrivoit - ilâ Henri en parlant d’un magistrat stu-pide qui avoit défendu le transport desbleds.
On sait qn’avec ses maximes , sonéconomie , & sur-tout la modérationdes impôts, il tira le royaume de l’étatde désolation où l’avoient réduit desguerres cruelles & sanglantes. II est cu-rieux de lire dans Bolíngbrock les pro-diges de bien public qu’opéra ce mini-stre, plus grand encore par son intégri-té que par se* lumières, dans le court
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espace de quinze années que dura fouadministration. II semble que depuis onait craint de partager fa gloire en l'i-mitant.
C’est uni prodigieuse avance pour biengouverner, qu’un grand amour du bienpublie. Ce sentiment dominoit Sully. IIn’apperqut peut-être pas toute l’étenduede ses vues ; mais il en eut de justesfur le commerce: il comprit qu’il neproduit véritablement les richessesqu’autant qu’ou en possedoit les matiè-res. II pouvoit , en allant plus loin ,rèconnoître que plus elles font de néces-sité , plus il est sûr & profitable.
J’en trouve encore un exemple chezles Anglois ; tandis que l’Espagne , lePortugal & la Hollande , envahissoienttoutes les mines des Indes & de l’Amé-rique , par la feule manufacture de leurslaines ils devinrent plus puissans quetous, & ce commerce éleva leur mari-ne à une telle supériorité , qu’elle fitéchouer toutes les Forces de l’Espagne,& les rendit les arbitres de l’Europe.
Tout autre trafic est désavantageux ,même avec ses colonies. Quelques ri-chesses que l’on cti tire, elles appau-vriront la métropole , fi elle n’est enétat de leur envoyer en échange desdenrées de son crû. C’est bien pis íielle manque pour elle-même de cellesde nécessité. Alors ce ne fera que pourles nations qui les possedent qu’elle au-ra fait venir ces trésors. Voyez ce qu’el-les ont produit en Espagne. Aucune puis-sance ne poste de des colonies si riches ;aucune n’est si pauvre.
Tout ceci conduit à une réflexion :c’est que toute nation qui peut avoir unabondant superflu des matières de pre-mière nécessité , ne doit faire le com-merce & se procurer des marchandisesétrangères qui lui manquent , que parl’échange de celles qui excedent ses be-soins. II ne Faut permettre l’entréc de cesmarchandises dans le pays, qu’à condi-tion d’en exporter pour une valeur sem-blable de celles qu’il produit.
Voilà peut - être la vraie mesure daluxe & les seules loix qu’il y ait àfaire contre ses excès. Cette idée vau-droit la peine d’être développée aveeplus d’étendue que je ne le puis ici.Je dirai seulement qu'alors la consom-mation