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propres mains , & le mit fur fa tête.Cette inauguration si fameuse dans nosannales , fe fit à Aix-la-Chapel!e , oùCharlemagne requt peu de temps aprèsles honneurs de la sépulture. II mou-rut dans la soixante douzième année deson âge , la quarante - huitième de sonrégné , la quatorzième de son empire.Ce fut Hn prince grand dans la paix &4ans la guere , également capable d’étrelégislateur & pontife : jamais il n’existade roi plus versé dans les matières dela politique & de la religion. Ses capi-llaires , chef-d’œuvre de législationpour ces temps , en font une preuveéclatante. Egalement économe de sesbiens & de celui de ses sujets , il sou-tint l’éclat du diadème sans attenter àleur fortune. ( Montesquieu remarqueque Charlemagne faisoit vendre jusqu’auxherbes de ses jardins ; ce n’étoit paspar avarice, car souvent il faisoit remet-tre au peuple la moitié du produit deses revenus ). Piacé fur un trône usurpépar son pere , il se vit sur la fin de sesjours tranquille possesseur de la plusbelle moitié de l’Europe. Plusieurs roisf ceux d'Angleterre & d’Elpagnc ) s’of-frirent à être ses tributaires , & AaronAl-Rachid s’honora de ion alliance. Cemonarque, dont la puissance s’étcndoitde rimmaiis à P Atlas , lui envoya lesclés de Jérusalem pour marque de sonestime. Né roi d’un peuple barbare ,dont la guerre étoit Punique métier ,il sentit la nécessité de s’instrilire : iíappella les sciences & en développa leprécieux germe. Sa présence entretenoitune généreuse émulation entre les savansque ils bienfaits attiroient à fa cour.Souvent même ce prince deseendoit deson trône , & sacrifioit aux muses leslauriers qui ornoient ses mains triom-phantes. Les mules reconnoissantes ontconsacré ses grandes actions ; maïs jus-tes & modérées dans leurs éloges, en re-levant les vertus du héros, elles ont dé-voilé les fossiles de Thomme. Né avecdes passions impérieuses, Charles ne futpas toujours attentif à en prévenir lesravages : il alarma -souvent la pudeurdes vierges. Ses écarts , i’horrible mas-sacre des Saxons & la multitude de ses•femmes & de ses concubines , ont éle-vé des. doutes fur la ' sainteté que plu-
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sieurs papes lui ont déférée. II eut cinqfemmes ; savoir, Hilmentrude & Désrdé-rate , que d’autres appellent Sibìile , fillede Didier , roi des Lombards ; ces deuxfemmes furent répudiées, la premierspar dégoût, i’autre par des intérêtspolitiques : Hildegarde , originaire deSueve , c'est-àdire , de Suabe ; Fastrade,fille d’nn comte de Franeonie , & Huit-garáe qui étoit de la même nationqu’Hildegarde. D'Hilmentrude naquitPépin , qui fut surnommé le bojfu , parrapport aux défauts de son corps. Ceprince fut relégué dans le monastèrede Prout , pour s’être déclaré le chefd’une conspiration formée contre Char-lemagne son pere. Hildegarde donnanaissance à Charles , à Carloman , quele pape fit appeller Pépin, & à Louis,sur-nommé le pieux ou le débonnaire ,successeur de Charlemagne . Hildegardeeut en outre autant de filles , sa-voir , Rotrude , Berthe & Giseile. DeFastrade naquirent Thetrade & Hil-trude, l’une&l’autre religieuses & ab-besses de Farmoutiers. Huitgarde mou-rut fans laisser de postérité. Charlemagneeut de plus quatre concubines j savoir ,Régine , Adélaïde, Mathalgarde L Ger-fuide. De Régine naquit Drogon r princevertueux , & qui remplit le siégé épis-copal de Metz. Adélaïde donna le jourà Thierry , dont nous ne savons aucuneparticularité , excepté la disgrâce queLouis le débonnaire lui. fit ressentir ,ainsi qu’à ses freres. Mathalgarde futmere de Hugues , abbé de Saint-Quen-tin dans le Vermandois, De Gerfuidcsortit Adeltrude, Quelques-uns préten-dent qu’Emme, femme d’Eginhard, étoitfille de Charlemagne. Plusieurs écrivainscomprennent Hilmentrude dans le nom-bre des concubines ; mais on a pour ga-rant du contraire une lettre du papequi lorsque ce prince la répudia , fitses efforts pour lui faire horreur dudivorce.
Entre les loix de ce prince, an . re-marque l'aholition du droit d’afyle ac-cordé aux églises en faveur des crimi-nels , L celle qui permet aux payensnouvellement convertis , 4e brûler 'pen-dons le jour les cierges qui servaientà les éclairer dans les cérémonies noc-turnes qu’ils pistiqiwient en l’honneur