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pille sut son âtre : il continue cette ma-nœuvre , avec un de [es camarades quile relaie, pendant donze heures ou en-viron , jusqu’à ce qu’ils aient consumédouze à quinze cents bottes de bruyè-res. On connoît que la chaux est faitequand il s’éleve aq dessus du débouebe-meut de la plate-forme, un cône de feude dix à douze pies de haut, vif, &fans presque aucun mélange de fumée ;&qu’en examinant les pierres, on leurremarque une blancheur éclatante.
Alors on laisse refroidir le four: pourcet effet, on monte fur la plate-forme,on étend des gaules fur le débouchement ;& on répand fur ces gaules quelquesbourrées. Lorsque le Four est froid , ontire la chaux du four; ou la met dansdes tonneaux fous une voûte contignëau four, de peur d’incendie, & on latransporte par charrois anx lieux de fadestination.
Observations 1°. Que quand il fait unpeu-de vent, que l’air est un peu hu-mide , la chaux se fait mieux que dansJes grands vents & par les pluies ; ap-paremment la chaleur se conserve mieuxalors , la flamme se répand par-tout plusuniformément, ne s’éleve point au dé-bouchement avec tant de violence, oupeut-être méme par quelqu’autre causeplus sécrété.
s°. Que les bourrées trop vertes nui-sent & à la cuisson & à la qualité de lachaux,
3°. Qtie le chauffeur doit avoir la plusgrande attention à élancer de la bouchedu four au milieu de l’âtre fa bourréeenflammée , & de l’éparpiller avec ungrand fourgon de dix pjés de tige defer, ajustée à un manche de bois dedix-huit pouces de longueur. Si plu-sieurs bourrées s’arrêtoient d'un mêmecôté, il pourroit arriver que toute unepartie de la fournée fe brûleroit, qu’uneautre partie ne se'roit qu’à demi-cuite, &qu’il résulteroitun grand dommage pourle maître.
4°. Que le feu qu’on entretient dansle four est très - violent; que le foinqu’on a de boucher la bouche du fouravec une bourrée, le concentre & leporte en - haut; qu’il blanchit le fer dufourgon en quatre ou cinq secondes; &qu’il écarterait avec fracas iç* murs du
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fourneau , s’ils étoient trop légers.
5°. Qu’il faut que ce feu soit poussésans intermiffion, fans quoi la fournéeentiere feroit perdue, du moins au té-moignage de raliffi , qui r*-conte quepassant dans les Ardennes il trouva furson chemin un four à chaux , dont l’ou-vrier s’étoit endormi au milieu de lacalcination ; & que, comme il travail-loit à son réveil à le rallumer , Paliffilui dit qu’il brûieroít tente la forêt d'Ar-dennes, avant que de remettre eu chauxla pierre à demi-calcinée.
6°. Que la chaux fera bien cuite, fi lapierre est devenue d’un tiers plus légèreaprès la calcination qu’auparavant , fielle est sonore quand on la frappe , &si elle bouillonne immédiatement aprèsavoir été arrosée : & qu’on l’aura d’au-tant meilleure, que les pierres qv’onaura calcinées seront dures : les ancienscalcinoient les fragmens de marbre , Scprenoient, quand il étoit question dele mêler au ciment & de l’éteindre,toutes les précautions imaginables. V.Ciment.
7°. Que la maniéré de 'faire la chaux,que nous venons de décrire , n’est pasia feule en usage. Aulieu de fourneaux,il y a des endroits où l’on fe contentede pratiquer des trous en terre , oùl’on arrange les pierres à calciner, Ie«unes à coté des autres ; on y pratiqueune bouche & une cheminée; on re-couvre les trous & les pierres avec dela terre glaise ; on allume au centre unfeu qu’on entretient sept à huit jours *& lorsqn’il ne sort plus ni fumée ni va-peur, on présume que la pierre est cuite.
8°. Qu’il faut creuser un puits auxenvirons du four à chaux, i°. pour lebesoin des ouvriers : a°. pour la petitemaçonnerie <ju’on fait à l’entrée de latourelle : 3 0 . en cas d’incendie ; car itpeut arriver qu’un grand vent rabattele cône de feu fur les bourrées, & lesenflamme.
9°.î Que pour transporter la chauxdans les voitures, il faut avoir grandfoin de les bien couvrir de bonnes toilestendues fur des cerceaux ; que le? chauf-fourniers allument du feu avec la chauxassez commodément ; ils en prennentune pierre grosse comme le poing, latrempent dans l’eau, & quand elle com»