«68 C H E
choisies, ou aura un autre cheval entierqui ne servira qu'à faire connoitre ies ju-in ens qui seront en chaleur, ou qui con-tribuera seulement à les y faire entrer;on fera passer les jumens brunes aprèsles autres devant ce cheval j il voudrales attaquer toutes , celles qui ne seront
Î ias en chaleur, se défendront» les autrese laisseront approcher : alors on lui sub-stituera l’étalon. Cette épreuve est bonne,fur-tout pour connaître la chaleur des ju-mens qui n’ont pas encore produit.
Quand on menera l'étalon à la jument,on commencera par le panser : il faudraque la jumt nt soit propre & déferrée despies de derriere, de peur qu’étant cha-touilleuse, elle ne rue: un homme la tien-dra par un licol; deux autres conduirontl’étalon par des longes; quand il fera ensituation, on aidera à ^'accouplement enle dirigeant, & en détournant la queuede la jument : un crin qui s’opposeroitpourroit blesser l’étalon, & même dan-gereusement. II arrive quelquefois quel’étalon ne consomme pas : on le connoi-trafi le tronçon de fa queue n’a pas prisun mouvement de balancier : ce mouve-ment accompagne toujours rémission dela liqueur séminale. S’il a consommé, ilfaudra le ramener tout de suite à l’écurie,& l’y laisser jusqu’au sur-lendemain. Unbon étalon peut couvrir une fois tous lesjours pendant les trois mois que durela monte ; mais il vaut mieux le ména-ger , & ne lui donner une jument qu’unefois tous les deux jours.
On lui présentera donc dans les septpremiers jours quatre jumens différentes.Le neuvième jour on lui ramènera la pre-mière; & ainsi des autres, tant qu ellesseront en chaleur. II y en a qui retien-nent dès la premiere, la seconde, ou latroisième fois. On compte qu’un étalonainsi conduit, peut couvrir quinze oudix-huit jumens, & produire dix à douzepoulains dans les trois mois de cet exer-cice. Dans ces animaux la quantité &l’émiffion de la liqueur séminale esttrès-grande. II s’en fait aussi une émission oustillation dans les jumens. Elles jettentau-dehors une liqueur gluante & blan-châtre qu’on appelle des chaleurs , &quì disparoit dès qu’elles font pleines.C’est à cette liqueur que les Grecs don-noientle nora A'hifpomane dé la jument,
C H E
St dont ils fatfoìent des philtres. VoyezHifpomane. O» reconnoit encore lachaleur de la jument au gonflement dela partie inférieure de la vulve, aux hen-nifîemens fréquens , & à l’ardeur aveclaquelle elle cherche les chevaux.
Au lieu de conduire la jument à l’éta-lon, il y en a qui Tâchent l’étalon dan*le parquet, & i'y laissent choisir celle*qui ont besoin de lui : cette maniéré estbonne pour les jumens , mais elle ruinel'étalon.
Quand la jument a cté couverte parl’étalon , on la ramené an pâturage fansautre précaution; peut-être retiendroit-elle mieux, si on lui jettoit de Peaufraîche , comme c’est l’nsage de quel-ques peuples. II faut donner la premierefois à une jument un gros étalon ; parceque sens cela , son premier poulain ferapetit : il Faut aussi avoir égard à la réci-procité des figures, corriger les défautsde l’étalon ou de la jument par le con-traste , comme nous avons dit , & nepoint faire d’accouplemens dispropor.tionnés.
Quand les jumens font pleines, & quele ventre commence à s’appéfamir, ilfaut les séparer des autres qui poiirroientles blesser; elles portent ordinairementonze mois & quelques jours ; elles ac-couchent debout, au contraire de pres-que tous les quadrupèdes. On les aideen mettant le poulain en situation; &queiquefois même quand il est mort, onle tire avec des cordes. Le poulain seprésente la tète la premiere, comme danstoutes les especes d’animaux ; il rompfcses enveloppes en sortant; tes eaux s’é-coulent: il tombe en même temps plu-sieurs morceaux solides qu’on appelleVhifpomane du poulain: la jument lechele poulain , mais ue touche pointa l’hip-pomane.
Quand on veut tirer de son haras tontle produit possible, on peut faire cou-vrir la jument neuf jours après qti’elle apouliné; cependant nourrissant son pou-lain né & son poulain à naître dans lemême temps, ses forces feront partagées ;L il vaudroit mieux ne laisser couvrirles jumens que de deux années Tune,
Elles souffrent {'accouplement, quoi-que pleines; mais il n’y a jamais de su-perfétation. Elles portent jusqu’à l’áge