702 C H E
pendant chacune à sa vie distincte, &son économie particulière : de même lecheveu tire sa subsistance de certains sucsdu corps, mais il ne la tire pas dessucs nourriciers du corps, de-la vientque les cheveux peuvent vivre & croî-tre quoique le corps dépérisse. Ce quiexplique les Faits rapportés dans lesíransaBions philosophiques par Wulferus& Arnold. Wulferus dit que le tom-beau d'une Femme enterrée à Nurem-berg, ayant été ouvert quarante ansaprès fa mort, on vit sortir à-traversles fentes du cercueil une si grande quan-tité de cheveux, qn’on pouvoit croireque le cercueil en avoit été tout couvertpendant quelque temps ; que le corpsde la femme parut entier; qu’il étoit en-veloppé d’une longue chevelure épaisse& bouclée ; que le fossoyeur ayant por-té la main fur la tête dé ce cadavre , iltomba tout entier en poudre, & qu’il»e prit qu’unè poignée de cheveux ;que les os du crâne étoient réduits en.poussière ; que cependant ces cheveux« voient du corps & de la solidité. Adnoldraconte d’un homme qui avoit été pendu 1pourvoi, que ses cheveux s’alongerentconsidérablement, & que tout son corpsse couvrit de poil, tandis qu’il étoit en-core à la potence.
Quand le microscope ne Feroit pas voirque les cheveux font des corps fistuleux,la plica, maladie dont les Poionois fontquelquefois attaqués , & dans laquellele sang dégoutte par ies extrémités descheveux, ne laisseroit fur ce fait aucundoute. Les fibres & l'enveloppe obser-vées aux cheveux par M. Mariette , fontréelles; mais il y a déplus des nœudssemblables à ceux de quelques sortesd’herbes, & des branches qui partentde leurs jointures ; il coule un fluideentre ces fibres, & peut-être dans cesfibres mêmes, ce que M. Mariette a nié.Chaque cheveu a une petite racine bul-beuse assez profonde, puisqu’elle estinsérées jusques dans les papilles pyrami-dales ; c’est dans cette bulbe que se sépa-rent les sucs qui le nourrissent.
Les cheveux blanchissent furie devantde la tête- & fur-tout autour des tem-pes , & fur le liant plutôt que fur lederriere de la tête & ailleurs , parce queleur suc nourricier y est plus abondant.
C H E
C’est la grandeur & la configurationdes pores qui déterminent le diamètre &la figure des cheveux ; fi les pores fontpetits , ies cheveux font fins ; s’iis fontdroits, les cheveux font droits ; s’ilsfont tortueux, les cheveux font frisés»si ce sont des polygones, les cheveux fontprismatiques; s’ils sont ronds, les che-veux cylindriques.
C’est la quantité du suc nourricier quidétermine leur longueur ; c’est sa qualitéqui détermine leur couleur: c’est par cetteraison qu’ils changent aveol’àge.
Le docteur Dërham examina un poilde souris au microscope , & il lui parutn’ètre qu’un tuyau transparent, remplid'une espece de moelle ou substance fi-breuse, formant des lignes obscures ,tantôt transversales, tantôt spirales : ce*lignes médullaires pouvoient passer pourdes fibrilles très-molles, entortillées, &plus serrées selon leur direction qu’ail-leurs ; s’étendant depuis la racine du poiljnl’qu’à l’extrémité, & peut-être desti-nées à quelque évacuation : d’où il in-féra que le poil des animaux ne leursert pas seulement à les garantir dufroid , mais que c’est un organe de trans-piration imperceptible. Je crois qu’onpeut étendre cette induction à la cheve-lure de l’homme, par deux raisons ; i°.parce qu’il est évident par laplsoít, quec’est un assemblage de petits canaux , &que ces canaux font ouverts par le bout :a°. parce qu’on guérit des maux de têteen se coupant les cheveux, quand ilsfont trop longs ; & qn’on se procure desmaux d’yeux , quand on est d’un tem-pérament humide, & qu’on les rase.
La longue chevelure étoit chez le* an-ciens Gaulois une marque d’ho'mKUr &de liberté. César qui leur ôta la liberté,leur fit couper Ies cheveux. Chez lespremiers François , & dans les commen-cemens de notre monarchie, elle futparticulière aux nrinces du sang. Gré-goire de Tours assure même qàiedanslaseconde irruption qu’ils firent dans lesGaules, c'est-à-dire,avant rétablissementde leur monarchie, ils se fixerent dansla Tongric , c’est-à-dire le Btabant &les environs de la Meuse, & qu’ils s'ychoisirent des rois à longue chevelure dela race la plus noble d’entreux. On litdans fauteur des gestes de nos rois » que