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frent rien qui, comme îes maladies chi-rurgicales, en éloigne les personnes tropdélicates ou trop sensibles ; ce Fut par cesraisons, que des hommes illustres, méde-cins & chirurgiens tout-à-la-fois, aban-donnèrent les fonctions de la Chirurgie,pour n’exercer plus que celles de la Mé-decine.
Cet abandon donna lieu au second étatde la Chirurgie. Les Médecins - Chirur-giens, en quittant l’exercice de cet art,retinrent le droit de le diriger, & com-mirent aux Barbiers les fonctions, lesopérations de la Chirurgie, & l’applica-tion de tous les remedes extérieurs. Alorsle Chirurgien ne fut plus un homme seul& unique, ce fnt le composé monstrueuxde deux individus : du Médecin, quis’arrogeoit exclusivement le droit de lascience, & conséquemment celui de di-riger, & d u Chirurgien manœuvre, àqui on abandonnoit le manuel des opé-rations.
Les premiers momens de cette divisionde la science d’avec l’art d’opérer, n’enfirent pas sentir tout le danger.Les grandsmaîtres qui avoient exercé la Médecinecomme la Chirurgie vivoient encore ; &l’habileté qu’ils s’étoint acquise suffisoitpour diriger l'a u tomate, ou le Chirurgienopérateur. Mais dès que cette race hip-pocratique , comme l’appelle Fallope ,fut éteinte, les progrès de la Chirurgiefurent non-seulement arrêtés, mais l’artlui-tnême fut presque éteint; il n'en res-ta , pour ainsi dire, que le nom. On cessade voir i’exempie de ces brillantes, deces efficaces opérations , qui du régnédes premiers Médecins avoient sauvé lavie à tant d’hommes. De-là cette pein-ture si vive que fait Mugntus dn malheurde tant d’infortnnés citoyens , qui fetrouvoient abandonnés fans ressource,lorfqn’autrefois L’art auroit pu les sau-ver ; mais ils ne pouvoient rien en espé-rer dans cette situation. Le ChirurgienJi’ofoit fe déterminer à opérer , parcequ’il étoitfans lumières, le Médecin n’o-foit prendre fur lui d’ordonner , parcequ’il étoit fans habileté dans ce genre.L’abandon étoit donc le seul parti quirestât, & la prudence elle-méme n’enpermettoit point d'autre.
La Chirurgie franqoise ne fut point
exposée aux mêmes ineonvéniens, Une
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législation dont on ne peut trop louer lasagesse , avoir donné à la Chirurgie leseul état qui pouvoir la conserver. Cetétat est le troisième où la Chirurgie s’estvue, & qui jusqu’à nos jours n’aété con-nu que de la. France.
Long-temps avant lc régné de FrançoisI, la Chirurgie fuioit un corps savant,mais uniquement occupé à la culture dela Chirurgie. Les membres de ce corpspossédoient la totalité de la science quiapprend à guérir; mais ils n’étoient au-torisés par la loi à faire {'application desréglés de cette science que fur les mala-dies extérieures & nullement fur les ma-ladies internes, qui faifoient le partagedes Physiciens ou Médecins. La scienceétoit liée à l’art par des noeuds qui sem-bloient indissolubles ; le chirurgien sa-vant étoit borné à la culture de son art.La vanité, l’ambition ou l’intcrêt ne pou-voient plus le distraire pour tourner ail-leurs son application. Tout semblait pré-vu ; toute source de désordre fembìoitcoupée dans fa racine ; mais la sagessedes loíx peut-elle toujours prévenir leseffets des passions, & les détours qu’ellespeuvent prendre ? Les lettres qui fai-soient le partage des Chirurgiens franqois,sembloient mettre un frein éternel auxtentatives de leurs adversaires. Mais en-fin les procès & les guerres outrées qu’ilseurent à soutenir, préparèrent l’avilisse-ment de la Chirurgie. L* faculté de Mé-decine appella les Barbiers pour leurconfier les secours de la Chirurgie mi lus-trante ; ensuite elle les initia aux fonc-tion? des grandes opérations dc ta Chi-rurgie ; enfin elle parvint à faire unir lesBarbiers au corps des Chirurgiens. LaChirurgie ainsi dégradée par Ion associa-tion avec des artisans, fut exposée à tontle mépris qui devoir suivre une aussi in-digne alliance : elle fut dépouillée parun arrêt solennel en 1660 de tous leshonneurs littéraires; &fi les lettres nes’exilerent point de la Chirurgie , dnmoins neparnrent-elles y rester que dansla honte, & dans l’humiliation.
Par une efpece de prodige, malgré leslettres presque éteintes dans le nouveaucorps, la théorie s’y conserva. On en futredevable au précieux reste de l'anciencorps de la Chirurgie. Ces grands hom-mes , maigre' leur humiliation , malgré