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que les officiers des villes étoient pareil-lement nommés defensores civitatis , cu-ratores urbis ,servatores loci j il y a beau-coup d’apparence que les conservateursétablis dans plusieurs villes sons la troi-sième race, succédèrent à ces officiers ap-pelles servutores loci , dont le nom a étérendu en notre langue par celui de conser-vateur. Voy. le traité de la Fclìce , tomeI. liv. I. tit. xij. L'bift. de la Jurisprud.Rom. de M. Terrasson , page Z6. (v?)
Conservateurs des Universi-tés. Voyez Conservateur Aposto-lique éf Conservateur des Pri-vilèges ROYAUX, Ss’c. (i4)
CONSERVATION, subst. F., Meta-fhyfiq. La conservation du monde a étéde tout temps un grand objet de médita-tion & de dispute parmi les Philosophes.On voit bien que toute créature a besoind’être conservée. Mais la grande difficul-té , c’estd'expliquer en quoi consiste fac-tion de Dieu dans la conservation.
Plusieurs, après Descartes, soutien-nent qu’elle n’est autre chose qu’une créa-tion continuée. Ils croient que nous dé-pendons de Dieu, non-seulement parcequ il nous a donné l’existence, mais en-core parce qu’il la renouvelle à chaqueinstant. Cette même action créatrice secontinue toujours, avec cette seule dif-férence que dans 1a création elle a tirénotre existence du néant, & que dans laconservation elle soutient cette existence,afin qu’elle ne rentre pas dans le néant.Une comparaison va rendre la chose sen-sible. Nous formons des images dans no-tre imagination : leur présence dépendd’une certaine opération de notre ame,qn’on peut comparer, en quelque faqon,à la création. Pendant que cette opéra-tion dure, l’image reste présente: maissitôt qu’elle cesse , l’image cesse auflìd’exilier. De même pendant que l’opéra-tinn créatrice de Dieu dure, l’existencedes choies créées dure : mais aussi-tôt que l’autre cesse, celle-ci cesse aussi.
Pour prouver leur sentiment, les Car-tésiens se fervent de plusieurs raisonne-mens assez spécieux. Us disent que cha-que chose ayant été dépendante dans lepremier moment de son existence, ellene peut pas devenir indépendante dansles fuivans. II faut donc qu’elle garde,tout le temps qu’elle existe, la même
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dépendance qu’elle a eue dans le premiermoment de fa création. Us ajoutent à ce-la, qu’il paroît même impossible de crééedes êtres infinis qui puissent .existerd'cux-mêmes , tout-étre fini étant indifférent àl’exiftence & à la nost-existence, commela matière en elle même est indifférenteau mouvement & au repos.
Ce système a des avantages à quelqueségards. II donne une grande idée d u do-maine que Dieu a fur ses créatures. II metl’homme dans la plus grande dépendanceoù il puisse être par rapport à Dieu. Nousne sommes rien de nous-mêmes. Dieu esttout. C’est en lui que nstus vivons , quenous nous mouvons, que nous agissons.Si Dieu cessoit un moment de nous con-server, nous rentrerions dans le néantdont il nous a tiré. Nous avons besoin àchaque moineart, non d’une simple per-mission qu’il nous donne d’exister, maisd’une opération efficace, réelle Sc con-tinuelle qui nous préserve de l’anéantis-sement. Toutes ces réflexions font assu-rément très-belles : mais d’un autre co-té les conséquences qu’on tire da ce sys-tème ne sont pas moins effrayantes.
Voici les conséquences odieuses dont itest impossible de se défaire dans ce sys-tème; conséquences que M. Bayle a ex-posées en détail dans dissérens articles d»son dictionnaire. Dans l’article de Pyr-rhon il dit, que si Dieu renouvelle à cha-que moment l’existence de notre ame,nous n’avons aucune certitude que Dieun’ait pas laissé retomber dans le néantl’ame qu’il avoir continué de créer jusaqit’à ce moment, pour y substituer unéautre ame modifiée comme la nôtre. Dansl’article des Pauliciens, il dit que nousne pouvons concevoir que l’être créé soitun principe d’action , & que recevantdans tousses momens de fa durée, sonexistence, il crée en lui-méme des mo-dalités par une vertu qui lui seit propre $d’où il conclut qu’il est impossible rie com-prendre que Dieu n’ait fait que permet-tre le péché. “Nous ne pouvons avoir ,dit-il dans l’article des Manichéens, au-cune idée distincte qui nous apprennecomment un être qui n’exifte point parlui-méme, agit par lui-même. Enfin ildit encore dans l'article deSennart : sesfcholastiques demandent si ses actes libresde l ame font distincts de l’ame : s'ils n'epF a
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