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Tome neuvieme. CON - CRI.
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antres : ce qui distingue les différenspoints de vue de notre esprit fur le mé-chanjsme de la parole, & nous donnelieu d’en discourir avec plus de justesse.Voyez Abstraction.

Mais avant que d’entrer dans le détaildes consonnes, & avant que d'examinerce qui les distingue des voyelles, qu’ilLie soit permis de m’amuser un momentavec les réflexions suivantes.

La nature nous Fait agir fans se mettreen peine de nous instruire ; je veux direque nous venons au monde fans savoircomment : nous prenons la nourritureqii’on nous présente sans la connoîtrc , &sans avoir aucune lumière fur ce qu’cllcdoit opérer eu nous, ni même fans nousen mettre en peine ; nous marchons, nousagissons,nons nous transportons d’un lieuà un autre, nous voyons, nous regardons,nous entendons, nous parlons, fans avoiraucune connaissance des causes physiques,ni des parties internes de nous-mêmesque nous mettons en œuvre pour ces dif-férentes opérations: de plus , les orga-nes des sens font les portes & l’occaftonde toutes ces connoissances , au pointque nous n’en avons aucune qui ne sup-pose quelque impression sensible antérieu-re, qui nous ait donné lieu de l’acquérirparla réflexion ; cependant combien peude personnes ont quelques lumières fur leméchanisme des organes des sens ! Cestbièn de quoi on se met en peine ! id po-pulus curât scilicet ! Ter. And, a£l. II.sc. i.

Après tout a-t-on besoin de ces connoís-sances pour fa propre conservation, &pour se procurer une sorte de bien - êtrequi suffit ?

Je conviens qúenon; mais d’un autrecoté, fi l’on veut agir avec lumière & con-noître les fondemens des sciences & desarts qui embellissent la société, & quilui procurent des avantages fi réels & ficonsidérables , on doit acquérir les con-naissances physiques qui font la base deces sciences & de ces arts , & qui don-nent lieu de les perfectionner.

C’étoit en conséquence dépareilles ob-servations, que vers la fin du dernier sié-cle un médecin nommé Amman , qui ré-sidait en Hollande, apprenait aux muetsà parler, a lire .& à écrire. Voyez, ! Artdt parler du P. Lamy , pag. 193. Ët par-

C O N

mi nous M. Pereyre, par des recherches& par des pratiques encore plus exactesque celles d’Amman , opéré ici (à Paris,quai des Augustins) les mêmes prodigesque ce médecin opérait en Hollande.

Mon dessein n’est pas d’entrer ici,comme ces deux philosophes, dans l’ex-amen & dans le détail de la formationde chaque lettre particulière, de peur dem’exposer aux railleries de madame Jour-dain 8 c à celles de Nicole. Voyez le Bour-geois gentilhomme de Molière. Maiscomme la méchanique de la voix est linsujet intéressant ; que e’est principale-ment par la parole que uous vivons ensociété; qiíe d’ailteuis un dictionnaireest fait pour toutes fortes de personnes,8 c qu’il y eu a un assez grand nombre quiseront bien aises de trouver ici fur cepoint des connoiífimces qu’ils n’ont pointacquises dans leur jeunesse, j’ai cru de-voir les dédommager de cette négligence,en leur donnantAme idée générale de laméchanique de la voix ; ce qui d’ailleursFera entendre plus aisément la différen-ce qu’il y a entre la consonne & la voyelle.

D’abord il Faut observer, que Pair qujsort des poumons est la matière de la voix,c’est-à-díre,du chant & de la parole. Lors-que la poitrine s’éleve par faction de cer-tains muscles , Pair extérieur entre dansles vésicules des poumons, comme il enrtre dans une pompe dont on éleve le pis-ton.

Ce mouvement par lequel les poumonsreqoivent Pair, est ce qu’on appelle in-spiration.

Quand la poitrine s’affaissej’air fort despoumons;c’est cequ’onnomme expiration.

' Le mot de respiration comprend l’un& l’autre de ces inouyemens ; ils en fontles deux especes.

Le peuple croît que le gosier sert depassage à l’air & aux alimens ; mais l’a-natomie nous apprend qu’au fond de labouche commencent deux tuyaux ou con-duits différens , entourés d’une tuniquecommune.

L’un est appelle ésophage , òurcÇxyc; ,c’eft - à - dire, porte-manger ; «’est par oùles alimens paffent .de la bouche dansPeftomnc; c’est le gosier.

L’autte conduit, le. sep.! dont la con-noifïance appartienne à notre sujet, estsitué à la partie antérieure du cou j c’eflf