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Fouie de ceux qui écoutent, leur Fontentendre les différentes modulations dela voix & les divers sons des mats, quifont les signes de la pensée qu’on veut ex-citer dans leur esprit.
Les différentes fortes de parties quiforment l’cnfemble de l’organe de lavoix, donnent lieu de comparer cet orga-ne selon les différons effets de ces parties,tantôt à un instrument à vent, tel quel’orgue on la flûte; tantôt à un instrumentà corde ; tantôt enfin à quelqu’autre corpscapabìe de faire entendre un son, commeune cloche frappée par son battant, ouune enclume fur laquelle on donne descoups de marteau.
Par exemple, s’agit-il d’expliquer lavoyelle, on aura recours à une comparai-son tirée de quelque instrument à vent.Supposons un tuyau d’orgue ouvert, iiest certain que tant que ce tuyau demeu-rera ouvert, L tant que le soufflet Four-nira de vent o» d’air, le tuyau rendra leson qui est l’effct propre de l’état & de lasituation où se trouvent les parties parlesquelles Pair passe. II en est de mêmede la flûte : tant que celui qui ea joue ysouffle de Pair, on entend le son propreau trou que les doigts laissent ouvert : letuyau d’orgue ni la flûte n’agissent point;ils ne font que se prêter à l’air pouffé, &demeurent dans Pétât où cet air lestrouve.
Voilà précisément la voyelle. Chaquevoyelle exige que les organes de la bou-che soient dans la situation requise pourfaire prendre à Pair qui sort de la tra-chée-artere, la modification propre à ex-citer le son de telle ou telle voyelle. Lasituation qui doit faire entendre l’a, n’estpas la même que celle qui doit exciter leson de lï ; ainsi des autres.
Tant que la situation des organes sub-siste dans le même état, on entend lamême voyelle aussi long temps que larespiration peut fournir d’air. Les pou-mons font à cet égard ce que les souffletsfont à l’orgue.
Selon ce que nous venons d’observeril fuit que le nombre des voyelles est bienpins grand qu’on ne le dit communé-ment.
Tout fou qui ne résulte que d une si-tuation d’organes, fans exiger aucun battentent ni mouvement qui survienne aux
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parties de la bouche, & qui peut êtrecontinué aussi long-temps que l’expira-tion peut fournir d’air ; un tel son est unevoyelle. Ainfi a, â, e , è, è, i, o , ó , «ou euì & le foible r muet, Sc les nasalesan , tn, &c. tous ces sons-là font autantde voyelles particulières, tant celles quine sont écrites que par un seul caractère,telles que a , e , i , o , «, que celles qui,faute d’un caractère propre , font écritespar plusieurs lettres, telles que oa, e u ,oient , &c. Ce n’est pas la maniéré d'é-crire qui fait la voyelle , c’eft la simpli-cité du son qui ne dépend que d’uue si-tuation d’organes, & qui peut être conti-nué ; ainsi au , eau , ou , eu , aient , &c.quoiqii’écrits par plus d’une Lettre, n’enfont pas moins de simples voyelles. Nousavons donc la voyelle « & la voyellesa ; les Italiens n’ont que l'on, qu’ilsécrivent par le simple ». Nous avons deplus la voyelle eu , feu , lieu ; l’e muet enest la foible, & est aussi une voyelle par-ticulière.
II n’en est pas de même de la consonne ;elle ne dépend pas comme la voyelled’une situation d’organes, qui puisse êtrepermanente ; elle est l’effet d’une actionpassagère d'un trémoussement ou d’unmouvement momentanée ( écrivez mo-mentanée par deux ee; telle est l’analo-gie des mots franqois qui viennent desmots latins, eu , eus ; c’est ainsi quel'on dit les champs élisées , les monts Py-rénées , le çoliféc, Sc non le celifé , lefleuve alphée, L non lefltu veulpbé, flu-vins alpheus. Voyez le Dìàlionn. de VA-caiémie , celui de Trévoux , S? celui-deJoubert aux mots momentanée {f sponta-née ) de quelque organe de la parole ,comme de la langue, deslevres, esc. enforte que fi j’ai comparé la voyelle au sonqui résulte d’un tuyau d’organc ou du troud’une flûte , je crois pouvoir comparer laconsonne à l’effet que produit le battantd’une cloche, eu le marteau fur l'enclu-me : fournissez de l’air à un tuyau d'unorgue ou au trou d’une flûte, vous en-tendrez toujours le même son, au lieuqn’il faut répéter les coups du battant dela cloche & ceux du marteau de l'enclu-me , pour avoir encore le son qu’on * en-tendu lapremiere fois; de même fi vouscessez de répéter le mouvement des lèvresqui % fait entendre le bt ou le pe j si vous
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