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Tome neuvieme. CON - CRI.
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On peut , au reste , tirer île ces ob-servations , diverses conclusions remar-quables que je vais joindre ici en peude mots.

II est hors de doute que les rayonsdu soleil reçus directement au fond del’œil , n’agissent sur les nerfs & y cau-sent ur.e certaine altération dont notreâme est affectée. Or nous voyons parles observations que nous avons détail-lées , que cette altération ou cette im-pression causée aux nerfs, ne cesse pasen máme temps que faction de la lu-mière, & qu'au contraire elle continueencore pendant un temps assez long ,& que Paine se trouve affectée commes’il y avait réellement bors de l’œil linobjet, & que des rayons de lumière ré-fléchis par cet objet , exerçassent uneaction fur les nerfs. Si donc nous ad-mettons cette supposition , ainsi qu’onpeut évidemment le faire, nous devonsconclure naturellement de nos observa-tions :

1°. Que fimpreffion excitée par lesrayons de lumière les plus forts, passeaprès Is cessation de faction mê .ic enune autre impression qui est celle desrayons jaunes, que celle-ci devienti im-peffion des rayoiîs verds , & que cettederniere enfin se change en celle queproduisent ordinairement les rayonshleu-céleites; c’est-à-dire, qu’après quefaction des rayons blancs a cessé , lesnerfs se trouvent succelsivement danslqs dissérens états que produisent ordi-nairement les rayons jaunes , verds &bleus-çélesics.

î. c . Que f impression causée par la cou-leur blanche d’iin mur ou d’une tableblanchie , si elle se mêle à celle que pro-duit la couleur jaune , verte & blcue-céleste , devient la même imprelfion qu’àcoutume de produire une couleur brunequi tire plus ou moins fur le rouge.

3 °. Que l’impreffion causée par fi ma-ge du soleil au fonj- de l’œil , se commu-nique à des parties de la rétine auxquel-les l’image même ne. s’eít pas fait sen-tir , mais qui sont voisines de la placequ’occupe. f image, & que cette impres-sion y cause nue altération qui est dueordinairement aux rayons qui produi-sent la qouleur rouge.

4". Que cette impression , mêlée avec

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celle que fait naître la couleur blanchedu mur ou de la table , produit l’im*pression caulée par le bleu céleste.

Je trouve très-digne de remarquerici que dans les couleurs accidentelles ilarrive tout-à-fait , comme dans les réel-les , que le jaune devient bleu en pas-sant par le verd : car il est très-cennu quedans les dernieres , savoir les couleursréelles, si on mêle avec le jaune de plusen plus du bleu , on obtient une couleurqui tire d’abord fur le verd , qui devientbientôt entièrement verte , & qui tirantensuite fur le bleu devient entièrementbleue , si c’est une forte quantité de cettecouleur qu’on ajoute au même mélange.

Ceux qui vomiront répéter cette ex-périence , observeront encore un autrephénomène que je ne crois pas devoirpasser fous silence : je parle de ce qu’enprojettant la tache fur un fond blanc ,quand on a les yeux c-uvrerts, on la voittantôt disparaître , puis revenir , puisdisparoiíre de nouveau. Je fus long-temps en doute au commencement furla cause de ce paradoxe; mais je remar-quai à la fin que la tache disparaissaittoujours précisément quand je faisois imeffort pour la considérer plus attentive-ment, qu’elle revenoit lorsque jejettoijles yeux fur le plan comme fans atten-tion. Cette circonstance faisoit naîtred’abord même quelque difficulté dans leprocédé de fexpérience ; car au momentmême que fesprit se propose de faireattention à la tacite , f œil se dispose demaniéré , sans qu’on le sache & qu’onle veuille , â voir distinctement le plansur lequel la tache est projettée, & dansle même.moment la tache disparaît. Hs’enfuit de là que fexpérience , pour êtrebien faite , demande une certaine ha-bitude.; il faut que f observateur s’ac-coutume à ce que son esprit fasse atten-tion à la .tache , & que ses yeux cepen-dant soient empêchés dc se disposer demaniéré à lui rendre la vision du plandistincte. Nous conclurons de là quependant que f œil se dispose- de maniéréà voir distinctement un objet un peuécarté , les nerfs retournent à l’état danslequel ils se trpuvent quand rien ne lesaffecte, mais que bientôt ils rentrentdans leur premier état , quand l’ceii denouveau se dispose d’une autre maniéré.