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Tome neuvieme. CON - CRI.
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de fon tableau , & qu’il l’a dessiné surla toile. II est "présentement occupé àfaire un bon,choix de couleurs pour cha-que objet eu particulier. Parmi ces cou-leurs il y en a qui font entièrement arbi-traires , telles que .ceiks des draperies.L autres ne font arbitraires que jufqu’àun certain point, comme la couleur d’uiiciel serein, laquelle ne permet que lechoix d u plus o» moins clair , du plusou moins pâle. D’awtres couleurs enfinn'ont rien d'arhitraire , comme, parexemple, la couleur du gazon, ou celled’un Feuillage déterminé. Par-tout où lechoix est lifarç , c’est I harmonie & le plusgrand effet du tout qui doivent décider lepeintre j & chacun de ces deux objetssuppose beaucoup d’expérience & de ré-flexion.

Mais , avant de pouvoir s'occuper descouleurs locales , il faut que le peintreait exactement còmpaíîé le genre de co-loris qu’il doit employer, le lieu de íascene , le degré de jour qu’elle admet,& les modifications que la lumière en re-quit. Ce. nVst qn’après s’ètre assuré detous ces points , & le les être rendusbien familiers , qu’il peut passer à larecherche des couleurs locales. La moin-dre négligence au premier égard , peutle mettre dans la néceflìté d’effacer toutl'ouvrage au moment de le finir. Uneleule couleur locale discordante détruittoute l’barmonie& l’effet de l’ensemble.De même que le compositeur, en s’occu-pant de la mélodie d’tme piece de musi-que , n’ose perdre un moment de vuel’harmooie qui doit l’accompagiier demême auíïi le peintre, on s’oecupant ducoloris, doit continuellement avoir pré-sent à l’esprit tout cé qui tient à son ta-bleau , l’ordonnance, les groupes, lesjours, Uc.

La matière étant fi compliquée, ilest aisé de sentir que te succès dépendprincipalement de la longue expérience& de l’imagination bien réglée de l’ar-tifte, & qu’il seroit anlfi inutile qu’irn-possible de lui prescrite ici des réglés dedétail. Tout ce qu’on peut faire, c’estdè le rendre attentif,à toutes les cir-constances essentielles , en les lui in-diquant. ’

D .ms le choix des couleurs locales, le

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peintre consultera donc toujours l’har-monie de l’ensemble. Est-il dans la né-cessité d’applïqner à la fuite I’une del’antre deux couleurs qui ne s’unissentpas bien , il tâchera de les unir par desreflets favorables , ou de jetter de for-tes ombres fur l’nne de ces deux coa-leurs, pour ('adoucir. Tout dépend pres-que ici d 11 choix de la lumière , & de sadistribution. Si, par exemple, l’ordon-nance du tableau rendoit le fond le plusreculé plus clair que celui qui est fur ledevant, íl faudroityremédier, en choi-sissant pour celui-ci des couleurs plus clai-res , & pour l’autre de pins sombres.

Quant à I’effet de l’eniemble, ou à l’artde détacher les objets, il y a ici unerègle bien simple à observer. Si les jours& les ombres, dans leur juste degré, ne'suffisent pas en certains endroits pourdonner à l’objet le relief 011 l’affaisse-ment qu’il devroit avoir , il Faut y sup-pléer, dans le premier cas, par le choix decouleurs locales très-claires , &dans le casopposé, par de très-obsetires. Nous avonsdéja observé ci-dessus que souvent lescouleurs claires tiennent lieu d’un plusgrand jour , & que les obscures suppléentau défaut des ombres. On trouvera dansles réflexions de M. de Hagedorn fur lapeinture , diverses remarques très-finesfur les couleurs locales, qu’il a recueil-lies de ses observations fur des tableauxqui existent actuellement. (Cet articleejl tiré de la Théorie générale des Beaux -Arts de AI. Suizer.y

Couleurs, Foéjîe , ce font les dif-féreus moyens que le poète met enusage pour peindre les objets à l’imagî-nation , en forte qu’ils semblent formerun tableau vivant & animé. Ces moyensfont entr’autres les images, les tropes,les figures, qui remuent plus fortementrimagination que 11e poiirroit le faireune simple description de l’objet, ex-primée par les termes propres d’un lan-,gage naturel.

M. Dubos étoit dans l’idée que c’é-toient les couleurs poétiques qui déci-doieut du succès d’im poème. Quelquespoètes semblent avoir pensé de même.O11 en voit qui dans leurs peinturespoétiques n’observent ni mesures nibornes, ^.eur poésie n’est qu’iin tissncontinuel d’images & de tropes recher-Vv 3