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chés. Ils ne personnifient pas simple-ment les vices & les vertus, ils person-nifient encore leS notions Jes plus acces-soires , en forte que les personnages réelsn'ont presque plus rien à faire. On yévite avec tant de foin les expressionsnaturelles, qu’on diroit qu’elles fonthors d’usage.
Ce luxe d’ornement couvre pour l’nr-dinaire une disette réelle de pensées inté-ressantes. L’imagination en est fatiguée ,& le cœur reste froid. L’abondance nuitici, comme dans la parure , où la ri-chesse des ornemens empêche l’osi! debien découvrir la beauté dil visage & dela taille. Les poésies lyriques même ,quoique de toutes les plus susceptiblesde ce coloris, permettent aussi peu qu’onle prodigue , que la tragédie ou l’épo-pée peuvent le souffrir.
Le poète doit considérer que tous cesornemens font subordonnés a des impres-sions d’un genre plus relevé & plus im-portant. Car enfin , à quoi ferviroit lafaçade la mieux décorée d’un édifice quijl’auroit point d’appartemens ? Une feule Jpensée qui intéresse véritablement lecœur ou l’esprit, quoique exprimée dcla maniéré la plus unie j produira plusd’effet que toutes les images de purefantaisie.
C'est à ia maniéré de dispenser les cou-leurs poétiques , qu’on connoít ail vrai lejugement & le goût dil poète & de i’oia-teur. Un coloris brillant, avec un des-sin foible, qui ne s’éleve jamais à desobjets intellectuels capables de faire defortes impressions , décele un goût mi-nutieux. On pardonnera plutôt dans miouvrage la disette d’ornemens, quel’ex-cès. Les plus grands poètes, Homere& les tragiques Grecs , ont donné à cetégard une preuve de leur bon goût. Usont réservé les plus belles couleurs , pouren orner les endroits de leurs ouvrages,que la liaison de ('ensemble ren,doit.né-cessaires , mais qui dénués de ces or-nemens n’eussent fait qu’une légére im-pression. C’est lotfqu’iì faut ménagerdes repos a u cœur & à l’entendement,qn’il est permis dé flatter agréablementl’-imaginátinn. ( Cet article est tiré de laThéorie gêirfrale des Beaux - Arts de M.Sulzer.
COU
§ COULEUR , f. f., terme de Blafoir.Email. II y a cinq couleurs en armoi-ries : le bien, qu’on nomme azurs lerouge, gueules j le verd , finople ; lenoir , fable j le violet, pourpre.
L'azur fe rrpiéfente en gravure patdes lignés horizontales j il signifie roynu,té-, majesté, beauté.
Le gueules , par des lignes perpendi-culaires; il signifie le courage, la har-diejse, Y intrépidité.
Lejînople , par des lignes diagonales àdroite; il est le symbole de Y espérance, deVubondance , de la liberté.
Le sable, pa' des lignes horizontale»& perpendiculaires croisées les unes furles autres; il signifie science , modestie ,affliction.
Le pourpre , par des lignes diagonalesà gauche ; il est l’hiéroglyphe de îa di-gnité, de la puijsance , de la souveraineté,Voy Emaux. (G. D. L. T .,)
Couleur , en terme de Bijoutier ,est un mélange de différens acides quiappliqués fur l’or & mis au feu aveclui , détruisent l'effet des vapeurs noi-res que l’alliage y excite lors de la cuis-son , ft lui restituent la couleur jauneou matte qui lui est naturelle. C'ell uneopération indispensable dans les ouvra-ges gravés ou ciselés, pour donner auxornemens & figures ce beau mat quiles détache du fond del’ouvrage, quandce fond est poli; ou qui détache le fonddes ornemens , quand celui-ci est poin-tillé , & que les reliefs font polis. 11 ya deux sortes de mélanges d’acides , con-nus fous le nom commun de couleur.Le premier, qu’on appelle tirepoil, estcomposé de sel marin ou commun, desalpêtre & d’aluu. Le second, dc sel com-mun , de verd-de-gris & de vinaigre , &ne s’emploie que fur les ouvrages qui nepourroient soutenir un grand degré dechaleur, sans être risqués : on nommecelui-ci. verdet.
Pour faire i’opération dil tirepoil , on. saupoudre la pieee du mélange de cenom , après savoir bien fait dégraisser ;o n la pose sur un feu vif; on l’y laissejttsqn’à ce que le mélange, entièrementfondu se sojt réduit en croûte : alorson ia retire , on la laisse refroidir , &l’on détache la croûte avec une brosse &li'e seau bien chaude.