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qn’eUe nous paroît manifestement vi-cieuse. II n’appartient qu’aux hommesextraordinaires de ramener les autresau vrai, & de les assujettir à leur gé-nie particulier: mais ceux qui conclu-roient de-là que tout est opinion , &qu’il n’y a ni nature ni coutume plusparfaite l’une que l’autre par son proprefond , seroient les plus inconséquensde tous les hommes. Art. de M. For-
mey.
“ C’est, dit Montagne , une violente &traîtresse maîtresse d’école, que la cou-tume. Elle établit en nous peu-à-peu, àla dérobée, lepiédeson autorité j maispar ce doux & humble commencementl’ayant rassis & planté avec l’aide dutemps, elle nous découvre tantôt unfurieux & tyrannique usage , contre le-quel nous n’avons plus la liberté de haus-ser seulement' les yeux.... Mais on dé-couvre bien mieux ses effets aux étran-ges impressions qu’elle fait en nos âmes,où elle ne trouve pas tant de résistance.Que ne ne peut-ellc en nos jugemens &en nos créances ?.. J'estime qu’il netombe en ['imagination humaine aucunefantaisie si forcctiée, qui ne rencontrel'cxcmple de quelque usage public,& parconséquent que notre raison n’étnye & nefonde ... Les peuples nourris à se com-mander eux-mèmes, estiment toute autreforme de police monstrueuse. Ceux quisont duits à la monarchie en font de mê-me. C’est par l’entremise de la coutumeque chacun est content du lieu où naturel'a planté. „
Coutume , Jurisprud., en latin cou-suetudo, ests un droit non écrit dans sonorigine , & introduit seulement par sil-lage , du consentement tacite de ceuxqui s’y font soumis volontairement; lcrquel usage après avoir été ainsi observépendant un long espace de temps, ac-quiert force de loi.
La coutume est donc une forte de loi ;cependant elle différé de la loi propre-ment dite, en ce que celle-ci est ordi-nairement émanée de l’autorité publi-que , & rédigée par écrit dans le tempsqu’on la publie; au lieu que la plupartdes coutumes n’ont été formées que parle consentement des peuples L par sil-lage , & n’ont été rédigées par écrit quelong-temps après.
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Jl y a beaucoup de rapport entre usa-ge & coutume ; o’est pourquoi on ditsouvent les us & coutumes d’un pays. Ce-pendant par le terme d'usuge on entendordinairement ee qui n’a pas encore étérédigé par écrit ; & par coutume, un usa-ge qui étoit d’abcrd non écrit, mais quifa été dans la fuite.
En quelques occafipns on distingueles us des coutumes ; ces us font pris alorspour les maximes générales, & les cou-tumes en ce sens font opposées aux us ;& signifient les droits des particuliersde chaque lieu , & principalement les re-devances dues aux seigneurs.
On dit quelquefois les fors U coutu-mes , & en ce cas le terme de de coutumesignifie usage, & est opposé à celui defors , qui signifie les privilèges des com-munautés & ce qui regarde le droit pu-blic.
Les coutumes font aussi différentes desfranchises & privilèges : en effet, lesfranchises sont des exemptions de certai-nes servitudes personnelles, & les pri-vilèges font des droits attribués à despersonnes Franches ; outre ceux qu’ellesavoient de droit commun : tels font ledroit de commune & de banlieue, sil-lage d’une forêt, l’attribution des causesà une certaine jurisdiction.
L’origine des coutumes en "général estfort ancienne; tous les peuples, avantd’avoir des loix écrites , ont eu des usa-ges & coutumes qui leur tenoient lieu deloix.
Les nations les mieux policées, outreleurs loix écrites, avoient des coutumesqui formoient une autre eí’pece de droitnon écrit: ces coutumes étoientmême euplusieurs lieux qualifiées de loix; c'estpourquoi on distinguoit deux sortes deloix chez les Grecs & chez les Romains ,savoir les loix écrites, & les loix nonécrites : les Grecs étoient partagés à cesujet; car il Lacédémone il n’y avoitpour loi que des coutumes non écrites;à Athènes au contraire on avoit foin derédiger les loix par écrit. C’est ce queJustinien explique dans le titre secondde ses instiíutes, où il dit que le droitnon écrit est celui que l’usage a auto-risé , v.am Aiutnrni mores confenfu uteti-iium çoíKprehoti legem imitaiitur.