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Tome neuvieme. CON - CRI.
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verture, qui exige plus d'adresse que cellede chaume , coûte auffi davantage , &dure au moins une quarantaine (Tannéesfans qu’on soit oblige d’y faire aucuneréparation.

Le couvreur en tuile doit savoir en re-connoître !a cuisson au sou qu’clle donnelorf'qu’il frappe dessus avec son marteau,afin de ne pas employer une marchan-dise défectueuse & faire une mauvaisecouverture.

Quand la tuile est montée , il com-mence par former l’égoút en posant surla chunlatte un sous - doublé ou rang dedemi - tuiles , qui déborde la chanlattcde quatre pouces. Les cbanlattes font desplanches de six à sept pouces do largeur,taillées en chanfrein , dont un bord adeux pouces d’épaissem-, & l’autre esttaillé en lame de couteau. Sur ces de-mi-tuiles on pose le doublé qui consiste enun rang de tuiles qui portent fur la chan-latte , & dont Ic bord doit arrafer le fous-doublé , fans laisser de pureau , c’est-à-dire , fans laisser aucune partie apparentede la tuile de dessous.

Dans la couverture des toits ordinai-res, on fait toucher les tuiles; dans lesverreries , brasseries , brûleries , fon-deries & hangards , on les couvre àcluire - voie, en laissant d’une tuile à l’au-trela distance du tiers de la largeur dela tuile.

Lorsque le toit & les arêtiers font cou-vert, & qu’on a formé les noues , lesfranchis , & les niellées , ou couvre lefaîte avec des faîtières , ou faîteaux ,ou tuiles creuses. On appelle franchis latuile qu’on rehausse un peu du coté dumur qui est plus élevé que le toit , & onla couvre d’un filet de mortier ou de plâ-tre , ce qu’on nomme une rueliée.

Les couvertures d'ardoise sont les plusbelles & les meilleures que nous ayions ;quand elles font bien faites elles formentun plan très-uni, font impénétrables àla pluie, & durent long-temps.

Le couvreur commence son opérationpar préparer les ardoises qu’il choisit dela meilleure qualité : voyez Ardoisier*II latte ensuite, en espaqant son lattis ,suivant Téchantillon de l’ardoise , afinqu’elle ait le sureau eu sortie qui luiconvient. II se sert , pour attacher lalatte, de l'ttile de mouche , ou clou dont

la tête est très plate & qui ne fait pasbeaucoup d’épaisseur. Les lattes portentordinairement fix lignes d’épaisseur fursept à huit ponces de largeur & cinq àsix pieds de longueur.

Quelque bien que les ardoises soienttaillées fur 1: chantier , le couvreur setrouve quelquefois obligé de les retaillerfur le toit, ce qu’il fait en p'quant devantlili U pointe de son enclume sur un che-vron , & il les retaille sur cette enclumepour la place qu’elle doivent occuper. IImarque ensuite l'endroit où il doit per-cer Tardoise , la repose sur Tencliune , &la perce en deux endroits en donnant uncoup sec avec la pointe de loil marteau.

La premiere opération de la couverturecommence pas les égouts , soit à coyauxscit retroussés.. Les égouts à coyaux fontdes bonis de chevrons de deux pieds &demi ou trois pieds de longueur , qu’onattache fur les chevrons par trois fortsclous , & qu’on fait excéder plus oumoins selon que le vif du mur le requiert.On appelle égouts rétroujfés des tuilesqu’on pose avec du mortier ou du plâ-tre fur Tentablcment , & auxquelleson donne deux ou trois pouces de fail-lis , & même plus lorfqu’il y a une cor-niche. Dans les lieux où les gros ventsrègnent fréquemment , comme dans lesports de mer , on pose quelquefois lescinq ou six premiers rangs d’ardoise surplâtre , afin qu’elles résistent mieuxau vent que si elles étalent simplementclouées.

Les égouts une fois bien formés , onpose les ardoises du couvert ; on con-serve régulièrement le méme pureau, afinqu’elles le joignent mieux ; on met furla face de dessus, celles où la coupe estégrignotée ; on les attache avec deux outrois clous ; & pour que les files d’ardoi-ses soient régulièrement droites, on faità chaque rang un trait avec un cordeaupour marquer l’endroit où elles doiventaboutir.

Lorsqu’un toit est plus large d’un boutque de T autre , on forme des accointonsqui se terminent à Tégoùt ; L on con-duit tous les autres rangs d’ardoise pa-rallèlement au faite. On travaille en-suite à couvrir les arêtiers & contre-arê-tiers par des approches & des contre-ap-proches , qui font des ardoises dont ost aGgg 3