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Tome neuvieme. CON - CRI.
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partie inférieure du lit. L’usage auquelelle eft destinée , & qui est assez claire-ment designée par son nom , indiquequ’elle doit être piquée , ouatée, dou-blée, remplie d’aigredon , esc. en unmot rendue le plus chaude & le plus lé-gere qii’il est posiible.

COUVREUR , f. m. , c’est le nomqu’on donne à l’artisan qui couvre lesmaisons, quelque matière qu’il emploieà cet effet.

L’homme , forcé à fe mettre à couvertdes injures de l’air, fe vit obligé , fauted’outiis , de fe loger dans des antres,des cavernes, & des creux d'arbres, jnf-qu’à ce que son industries lui fît trouverdans les entrailles de la terre ou dans lesvégétaux , de quoi fe mettre à l’abri derinciémence de l’air. Chaque pays four-nissant des matériaux divers , les peu-ples en ont couvert différemment lestoits de leurs demeures.

L’art de couvrir les toits exige uneplus grande attention qu’on ne pensepour la conservation d’un bâtiment ,parce que le peu d’inteiligence & de soin,ou l’infidélité d’un ouvrier occasionne-roit la ruine de la maison la plus solide ,& larendroit bientôt inhabitable par lapourriture des charpentes & la dégrada-tion des murailles ; an lieu que lorf-qu’une couverture est bien faite, l’caune pénétré jamais par les noues , ou an-gles formés par la rencontre de deux toitsqui se jettent l’un sur l’aiitre > & par\e&faîtieres qui sont des tables de plomb ,ou de grandes tuiles creuses, dont oncouvre le faite ou l’arête où les deuxtoits fe réunissent en haut.

Les couvertures des bâclmens font or-dinairement faites de chaume ou de ro-seau , de bardeau ou douves de vieillesfutailles , de mertain , de tuiles , d’ar-doise, & enfin de laves, qui sont uneespece de pierre plate qu’on trouve dansquelques cantons de la Bourgogne , dansle Périgord & ailleurs.

Lorsqu’on veut employer du chaumepour en faire une couverture solide , onrecommande aux moissonneurs de cou-per les fromens un peu haut pour qu’ilreste une plus grande longueur de paillefur la terre. Mieux la paille est nourrie ,plus elle a de consistance , & plus le

chaume eft propre à faire une bonne cou-verture. Pour couvrir des glacières , onpréféré 1c chaume de seigle , ou à son dé-faut , la paille la plus menue, parce queles parties de ce chaume s’approchentplus les unes des autres, L ne donnentaucun passage à l’air.

Le chaume faisant une couverture très-légere, il est inutile de donner beau-coup de force à îa charpente du toit; ilne doit être ni trop plat ni trop roide ,parce que dans le premier cas l’caú cou-lerait trop lentement & pénétrerait lechaume , & que dans le second plusieursparties de chaume réchapperaient peu-à-peu , & par-là donneraient bientôtentrée à la pluie.

Le couvreur ayant fait son cours delattes fur les chevrons , à six ou septponces de distance, prend au meiilon outas où est le chaume, une brassée de cettematière qu’il secoue à terre pour rendreles brins égaux eu les faisant tomberpeu-à-peu ; & lorfqu’il l’a bien rangée,il en forme un e javelle : après que tou-tes ces javelles sont faites, il choisit cel-les dont lc chaume est de meilleure qua-lité, & en forme l’égoùt du toît en lesy arrêtant par un enlacement d’osier , Len arrangeant les couffìnets , ou les ja-velles coupées en deux, de façon à sebien serrer ks unes les autres, & à ferecouvrir un peu par le coté.

Ce premier lit de javelles étant bienfait, on continue ainsi de rang en rangjufqu’au faîte ; & pour donner aux brinsde chaume le temps de s’affaisser les unsfur les autres, on ne finit la couvertureque deux ou trois jours après. Ensuite lecouvreur va la visiter pour y introduireavec la palette , qui est un morceau debois de forme elliptique & à manchecourt, & remettre de nouveau du chau-me dans les endroits qui n’en sont pasassez garnis. II finit son travail en polis-sant le chaume avec les dents du peigne ,ou rateau de bois dont ies dents sont per-pendiculaires au manche.

La couverture en roseaux qui croissentdans les marais , fe fait à-peu-prèscomme celle de chaume , avec cette dif-férence que les cours de lattes ne fontdiftans que de trois pouces & que ,comme le roseau est sujet à couler, onle lie en plusieurs endroits. Cette cou-