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Tome neuvieme. CON - CRI.
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mande s’il manquoit quelque chose à sabéatitude, òù s’ii n'y manquoit vie». 8'ilavoit besoin rie quelque chose , il n'étoitpas Dieu. S’il ne lui manquoit rien , àquoi bon former le monde ? Si Dieugouverne le monde, aioute-t-ii, pour-quoi arrive-t-il que les médians (oientheureux pendant que les bons font dansl’adverfité ?

Les autres qui faifoient intervenir'faction de Dieu dans l’arrangement d umonde, n’en snutenoient pas moins sonéternité. Car , disoientils , il est impos-sible que Dieu faste autre chose que cequ'il fait, à cause que fa volonté est im-muable & ne peut recevoir aucun chan-gement ; de sorte qii’elle ne peut vouloirfaire autre chose que ce qu’eìle faitactuellement. On peut assurer que ce fontlà les seules raisons del’impiélé de tousles temps. Ce font ces objections quiont poussé les philosophes à parler deréternité du monde j car n’ayant pu com-prendre comment Dieu auroit pu agirpour former le monde , ni supposé qu’ilpût agir , comment il auroit laissé passernne éternité sans le créer , & le conce-vant (bailleurs comme une cause qui agitnécessairement, ils se faut détermines àcroire que le monde étoit éternel, mal-gré la foi de toutes les histoires qui dé-mentaient leur système.

Le sophisme de ces raiformemens vientde ce qu’un être spirituel est difficile àennnoître , & de ce que nous ne pouvonscomprendre réternité. On est inquietde savoir ce qu’a fait sauteur de l’uuiverspendant cette éternité que le monde n’apas existé. A cela je réponds : si par lénom de Dieu vous entendez un corps,une matière qui ait été en mouvement,en ne no n r ra satisfaire à votre question ;car iUft imoofiìble de fe représenter unecause en action , une matière en mou-vement , un Dieu faisant des effortspour produire ie monde , & ne pou-vant le former qu’après avoir été uneéternité en mouvement. Mais fi on fereprésente Dieu comme un esprit, onapperqoit cet être dans ce que nous enconnnissons par nous-mêmes, capablede deux actions fort différentes : savoir ,des penfees qu’il renferme dans fou pro-pre sein & qui íont ses actions lesplus naturelles , & d’unc volonté par

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laque"e il peut encore produire des im-pressions fur les corps. C’cst fa vie , sonaction. C’est ce q u'il fa j soi t avant decréer le monde par ia volonté, d>’ mèmeà-peu-près que nous voyons un hommelong-t-einps en repos, occupé rie ses pro-pres pensées , & concentré tout entierdans lui - même. Cela n’impiiqne au-cune contradiction , éfe ne renferme au-cunes difficultés, à beaucoup près , com-parables à celles qui fe trouvent dans lesystème' d’une matière qui ait été eu mou-vement ,1c toute éternité fans rien pro-duire. Tout ce qu’on peut objecter feréduit à dire que la comparaison del’homme réfléchissant fur lui-même, &dc Dieu renfermé eu lui- méme, est fausse,en ce que l’homme discourt & que Dieune discourt point. L’esprit humain estoccupé dans la méditation, parce qn’ilpasse du connu à l’inconnu , qn’il formedes raisonnemens , qu’il acquiert des con-noíssances, & que le spectacle de ses pen-sées est toujours nouveau ; au contrairel’intclligence divine voit eu im instantprefqu’iinlivisible L d’un seul acte, toutce qu’il y a (('intelligible. Lá contem-plation de Dieu est d’autant plus oisive,qú’il ne peut pas même fe féliciter d’ètrece qu’il est. 11 n’v a aucune philosophieà l’occuper à méditer la production desmondes. Méditer la production d’unouvrage, c’est ia précaution raisonnabled’un être fini qui craint de se tromper.Donc nous ne savons quelles étoient lespenfees de Dieu avant la création desmondes ; j’en conviens. Donc il n’y avoitpoint de Dieu ; je le nier c'est mal rai-sonner que d’inférer la non - existenced’une chose, de l’ignorance où l’on'estfur une autre.

Mais pourquoi le monde n’a-t-il pas étécréé de toute éternité? C’elt que le monden’est pas une émanation nécessasie de ladivinité.L’éternité est le caractère de Tin -dépendance ; il falloit donc que ie mondecommençât. Mais pourquoi n’a-t-il pascommencé plutôt ? Cette question esttoîit-à-fait ridicule ; car s’il est vrai quele monde a dû commencer , il a falluqu’une éternité précédât le temps; & s’ila fallu qu’nne éternité précédât le temps,on ne peut plus demander pourquoiDion n’a pas fait plutôt le monde. II tstvisible que le tôt ou íe tard foutrdes p r o-