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Tome XIV. FERM - FORL.
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Mais quelle diminution de produit, Lquelle perte pour Tétât !

Le fermier est tou jours plus avanta-geux à Tétât, dans les temps mêmes oùil ne gagne pas fur ees récoltes, à causedu bas prix des grains ; le produit de sesdépenses procure du moins dans Teroyaume un accroissement annuel de ri-chelfes réelles. A la vérité cet accroisse-ment de richesses ne peut pas continuer,lorsque les particuliers qui en font lesfrais n’en retirent point de profit , &souffrent même des pertes qui diminuentleurs facultés. Si on tend à favoriser parle lion marché du blé les habitait: desvilles, les ouvriers des manufactures, &les artisans, on désole ies campagnes, quifont la source des vraies richesses de Té-tât : tTailleiirs ce dessein réuffit mal. Lepain u’est pas la feule nourriture deshommes > & c'elt encore ('agriculture ,lorfqu’elle est protégée , qui procure lesautres alimens avec abondance.

Les citoyens , cn achetant la livre depain quelques liards plus cher , dépenfe-roient beaucoup moins pour satisfaire àleurs besoins. La police n'a de pouvoirque pour la diminution du prix du bié ,en empêchant ('exportation; mais le prisdes autres denrées .Test pas de méme à fadisposition , & elle nuit beaucoup à l'aisauce des habitans des villes , cn letnprocurant quelque légere épargne fur bhié, & en détruisant l’agriculture. L:beurre , lc fromage, les œufs , les légu-mes, &c. font des prix exorbifans, cequi enchérit à proportion les vêtement& les antres ouvrages des artisans don'lc bas peuple a besoin. La cherté de cesdenrées augmente le salaire des ouvriers.La dépense inévitable & journalière deees mêmes ouvriers deviendroit moinsonéreuse , files campagnes étoient peu-plées d’habitans occupés à élever des vo-lailles , à nourri) des vaches , à cultiverdes Fèves, des haricots , des pois, £fc.

Le riche fermier occupe & soutient lepaysan ; le paysan procure an pauvre ci-toyen la plupart des denrées nécessairesaux besoins de la vie. Par-tout où \e fer-mier manque & où les bœufs labourentla terre , les paysans languissent dans lamisere , le métayer qui est pauvre »epeut les oc uper: ils abandonnent la cam-pagne , ou bien ils y font réduits à seRourrir d'avoine, d’orge, de blé noir, de

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pommes de terre, & d’autres productionsde vil prix qu’ils cultivent eux-mêmes ,L dont la récolte se fait peu attendre; Laculture du blé exige trop de temps & detravail ; ils ne peuvent attendre deuxannées pour obtenir une récolte. Cetteculture est réservée an fermier qui enpeut faire les frais , ou an métayer quiest aidé par le propriétaire, & qui d’ail-leurs est une fòible ressource pour ('agri-culture mais c’est la seule pour les pro-priétaires dépourvus de fermiers. Lisfermiers eux-mêmes ne peuvent profiterque pan fa supériorité de leur culture, &par la bonne qualité des terres qu’ils cul-tivent» car ils ne peuvent gagner qu’nu-tantqtie lenrs récoltes surpassent leursdépenses. Si , la semence & les frais pré-levés, m fermier a un léptier.de plus pararpent, c’est ce qui fait son avantage, carquarante arpens en semences en-blé , luiforment alors un bénéfice de quarantefeptiers., qui valent environ 6’oc livres ;& s’il cultive fi bien qu’il puisse avoirpour lui deux feptiers par arpent, íbnprofit est doublé; H faut pour cela quechaque arpent de terre produise sept àhuit feptiers ; mais il ne peut obtenir csproduit que d’une bonne terre. Quani; - es terres qu’il cultive sont les unes bon-nes & les autres mauvaises, le profitaeyeut être que fort médiocre.

Le paysan qui e.ntreprendroitde culti-ver d u bié avec ses bras nc poiirroit pasr e dédommager de son travail ; car il encultiveroit ií peu , que-quand méme iluiroit quelques feptiers de profit au-delàde fa nourriture & de fes Frais, cet avan-tage ne poiirroit suffire à.ses besoins : cen’est que lu r de grandes récoltes qu’onpeut retirer quelque profit. C’est pour-quoi un fermier qui emploie plusieurscharrues, & qui cultive de bonnes terres,profite beauepup plus que celui qui estborné à une feule charrue, & qui culti-veroit des terres également bonnes : &même dans ce dernier cas les frais font,à bien des égards, plus considérables àproportion. Mais si celui qui est borné àune feule charrue manque de richessespour étendre son emploi , it fait bien dese restreindre , parcc qu’il ne poiirroitpas subvenir aux frais qu’exigeroit uneplus grande entreprise.

L’agriculture n’a pas , comme le com-merce , une ressource dans le médit, lin