Band 
Tome XIV. FERM - FORL.
Seite
53
JPEG-Download
 

¥ E R

írtkrchaml peut emprunter pour acheter<Ie la marchandise ; ou il peut Tacheter àcrédit, parce qu’eu peu de temps le profit■& le fonds de Tâchât lui rentrent ; ilpeut Elire le remboursement des sommesqu'il -emprunte : mais le laboureirr ne-petit retirer que le profit des avancesou’il a faites pour Tagriouitnre j le fonds-reste pour soutenir !a même entreprisede culture i ainsi il-ne peut remprunterpour le rendre à des termes préfix , &-ces effets étant en mobilier, ceux quipourraient lui prêter n’y trouveraientpas assez de sûreté pour placer leur ar-gent à demeure. II faut donc que les/èr-miers soient riches.par eux^mëmesq & legouvernement doit avoir beaucoup d’é-gards à ces circonstances, pour relevertin état fi effentiel dans le royaume.

Mais on ne doit pas espérer ssy réussir,tant qu’un imaginera que (‘agriculturen’exige que des hommes &du travail, &qu’on n’aura pas d égard à la sûreté & aurevenu des fonds que le laboureur doitavancer. Ceux qui font en état de faire«es dépenses , examinent, L n’exposentpas leurs biens à une perte certaine, Qnentretient le blé à un prix très- bas, danstin fieeie où toutes les autres denrées &îa main-d’œuvre font devenues fort cheres. Les dé.penses du laboureur se trou-vent donc augmentées de plus d’un tiersdans le temps que ses profits font dimi-nués d’un tiers ; ainsi il souffre une dou-ille perte qui diminue ses facultés, & lcmet hors d’état de soutenir les frais d’une"bonne-culture : aufli l'etat de fermier nesubsiste-t-il presque plus; Tagricultureest abandonnée aux métayers, au grandpréjudice de l’état.

Ce ne font pas simplement les bonnesou mauvaises récoltes qui règlent le prixdu blé j c’est principalement la libertéou la contrainte dans le commerce decette deniée, qui décide de fa valeur. Sion veut en restreindre ou en gêner lecommerce dans les temps des bonnes ré-coltes, on dérange les produits de Tagri-culture, on affaiblit l’état, on diminue lerevenu des propriétaires des terres, onfomente la paresse & Tarroganee du do-mestique & du manouvrier qui doiventaider à Tagriculture, on ruine les labou-reurs , on dépeuple les campagnes. Cene ferait pas connoître les avantages dela France, que d’euipécherTexportatio*

FER f $

du blé par lacrainte d’en manquer, dansun royaume qui peut en produire beau-coup plus que Ton n'en pourrait vendreà Tétranger-

La conduite de TAngleterre à cet égard,prouve au contraire qu’il n’y a point demoyen plus lût pour soutenir TagriettUture , entretenir Tabondance & obvieraux famines , que la vente d’une partiedes récoltes à Tétrapger. Cette nation n’apoint essuyé de cherté extraordinaire nide non-valcur dublé, depuis qu’elle en afavorisé & excité ['exportation.

Cependant je crois qif outre la retenuedes blés dans le royaume, ily a quel-qu’autre cause qui a contribue à en di-minuer le prix ; car il a diminué aufli enAngleterre assez considérablemen t depuisun temps, ce qu’on attribue à Taccroisse-ment de Tagriculture dans ce royaume.Mais on peut présumer aufli que le bonétat de Tagriculture dans les colonies,fur-toutdans la Pensylvanie , où elle atant fait de progrès depuis environ 6aans,&qui fournit tant de blé & de farineaux Antilles & en Europe,en est la prin-cipale cause,& cette cause aurait pu ^ac-croître sans la guerre aétuelle (1781):c’est pourquoi je borne le prix commundu blé en France à ig livres, en suppo-sant Texportation & le rétablissement de.la grande culture j mais on seroit biendédommagé par Taccroissement du proqduit des terres, & par un débit assuré &invariable, qui soutiendraient constam-ment Tagriculture.

La liberté de la vente de nos grains àTétranger , est donc un moyen essentiel& même indispensable pour ranimer Ta-griculture dans le royaume i cependantce seul moyen 11e suffit pas. On apperce-vroit à la vérité que la culture des terresprocurerait de plus grands profits ; maisil faut encore q ne le cultivateur ne soit.pas inquiété par des impositions arbitrai-res & indéterminées : car si cet état n’estpas protégé, on n’exposera pas des ri-chesses dans lin emploi si dangereux. Lasécurité dont on jouit dans les grandesvilles, fêta tou jours préférable à Tappa-renee d’un profit qui peut occasionner iaperte des fonds nécessaires pour formerun établissement si peu solide.

Les enfans des fermiers redoutent tropla milice ; cependant la défense de Tétâtest un des premiers devoirs rie la nation sO J