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Tome XIV. FERM - FORL.
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eb. if, pag. î , & les articles Ballet ,Opéra,Spectacle.

On apperçut dès-lors que dans lesgrandes circonstances , la joie des prin-ces , des peuples, des particuliers même,pouvoit être exprimée d une façon plusnoble, que par quelques cavalcades mo-notones , par de tristes fagots embraséscn cérémonie dans les places publiques& devant les maisons des particuliers ;par l’invention groffiere de tous ces am-phithéâtres de viandes entassées dans leslieux les plus apparens, & de ces dégoû-tantes fontaines de vin dans les coins desrues, ou enfin par ces mascarades déplai-santes, qui, au bruit des fifres & destambours, n’apprêtent à rire qu’à l’ivref-se seule de la canaille, & infectent lesrues d’une grande ville, dont l’extrêmepropreté dans ces momens heureux, de-vroit être une des plus grandes démons-trations de l’alégresse publique.

Dans les cours des rois on sentit parcet exemple, que les mariages , les vic-toires , tous les événemens heureux ouglorieux, pouvoient donner lieu à desspectacles nouveaux, â des divertisse-mens inconnus , à des festins magnifi-ques , que les plus aimables allégoriesanimeroient ainli de tous les charmes desfables anciennes ; enfin que la descentedes dieux parmi nous embelliroit la ter-re , & donneroit une efpece de vie à touslesamufemens que le génie pouvoit in-venter; que l’art fauroit mettre en mou-vement les objets qu’on avoir regardéjufqu’alors comme des masses immobiles,& qu’à force de combinaisons & d’ef-forts, il arriveroit au point de perfectiondont il est capable.

C’est fur ce développement que les«ours d'Italie imitèrent tour-à-tour la fê-te de Bergonee de Botta; & Catherine deMédicis en portant en F rance le germedes beaux arts qu’elleavoit vu renaîtreà Florence, y porta aussi le goût de cesfêtes brillantes, qui depuis y fut pousséjufqu’à la plus superbe magnificence &la plus glorieuse perfection.

On ne parlera ici que d’une seule desfêtes de cette reine, qui avoit toujoursdes desseins, n’eut jamais de scrupule,& qui sut fi criiellement se servir du ta-lent dangereux de ramener tout ce quiéchappoit de ses mains, à l’accompliíîe-ment de ses vues..

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Pendant fa régence, elle amena le roiàBayonne, où fa fille reine d’Espagne ,vint la joindre avec le duc d'Albe, quela régente vouloit entretenir : c’est - làqu’elle déploya tous les petits ressorts deía politique vis-à-vis d’un ministie quien connoissoit de plus grands , & les res-sources d’une fine galanterie vis - à - visd’une foule de eourtiíans divisés, qu’elleavoit intérêt de distraire de l’objet prin-cipal qui l’avoit amenée.

Les ducs de Savoie & ele Lorraine, plu-sieurs autres princes étrangers, étoientaccourus à la cour de France , qui étoifcaussi magnifique que nombreuse. La rei-ne qui vouloit donner une haute idée deson administration, donna le bal deuxfois le jour, festins fur festins, fête futfête. Voici celle oû je trouve le plus devariété, de goût, & d invention. Foy.letmémoires de la reine de Navarre.

Dans une petite isle située dans la ri-vière de Bayonne, couverte d’un boisde haute-futaie , la reine fit faire douzegrands berceaux qui aboutilloient à untalion de forme ronde, qu’on avoit pra-tiqué dans le milieu. Une quantité im-mense de lustres de fleurs furent sus-pendus aux arbres, & on plaça une tablede douze couverts dans chacun des ber-ceaux.

La table du roi, des reines, des prin-ces & des princesses du sang, étoit dres-sée dans le milieu du fallon ; en forte querien ne leur cachoit la vue des douze ber-ceaux oii étoient les tables destinées anreste de la cour.

Plusieurs symphonistes distribués der-rière les berceaux & cachés par les ar-bies, se firent entendre dès que le roi pa-rut. Les filles d’honneur des deux reines,vêtues élégamment partie en nymphes,partie en nayades , servirent la table duroi. Des satyres qui sortoient du bois ,leur apportoient tout ce qui étoit néces-saire pour le service.

On avoit à peine joui quelques momensde cet agréable coupd’œìl, qu’on vit suc-cessivement paroître pendant la durée dece festin , différentes troupes de danseurs& de danseuses , représentant les habi-tant des provinces voisines, qui dansè-rent les uns après les autres les dansesqui leur étoient propres, avec les instru-mens & les habits de leur pays.

Le festin fini, les tables disparurent ;