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des amphithéâtres de verdure L un par-quet de gazon furent mis en place com-me par magie : le bal de cérémonie com-mença , & la cour s’y distingua par la no-ble gravité des danses sérieuses , quiétoient alors le Fond unique de ces pom-peuses assemblées.
C’est ainsi que le goût pour les diversornemens que les fables anciennes peu-vent fournir dans toutes les occasionsd’éclat à la galanterie , à l’imagination ,à la variété, à la pompe, à la magnifi-cence , gagnoit les esprits de l’Europe de-puis la fête ingénieuse de Bergonce deBotta.
Les tableaux merveilleux qu’on peuttirer de la fable, l’immensité des person-nages qu’elle procure , la foule de carac-tères qu’elle offre à peindre & à faireagir , font en effet les ressources les plusabondantes. On ne doit pas s’étonncr fielles furent saisies avec ardeur & adop-tées fans scrupule , par les personnagesles plus graves, les esprits les plus éclai-rés , & les âmes les plus pures.
J’en trouve un exemple qui Fera con-noître Tétât des mœurs du temps , dansune fête publique préparée avec toute ladépense possible , & exécutée avec lapompe la plus soleinnelle. Je n’en parleque d’après un religieux aussi connu deson temps par fa piété, que par l’abon-dance de ses recherches & de ses ouvra-ges fur cette matière. C'est à Lisbonneque fut célébrée la fête qu'il va décrire.
„ Le 31 00 janvier(i6io), après Tof-fice solemnel du matin & du soir, sur lesquatre heures après midi, deux cens ar-quebusiers se rendirent à la porte de No-tre-Dame de Lorette , où ils trouvèrentune machine de bois d’une grandeurénorme, qui représentoit le cheval deTroye.
Ce cheval commenqa dès-fors à se mou-voir par de secrets ressorts, tandis qu’au-tour de ce cheval se représentoient enballets les principaux événemens de laguerre de Troye.
Ces représentations durerent deuxbonnes heures , après quoi on arriva à laplace de S. Roch , où est la maison pro- 1fesse des jésuites.
Une partie de cetts place représentoit '
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la |ville" de Troye avec ses tours & sesmurailles. Aux approches du cheval,une partie des murailles tomba ; les sol-dats Grecs sortirent de cette machine ,& les Troyens de leur ville, armés &couverts de feu d’artifice, avec lesquelsils firent un combat merveilleux.
Le cheval jettoit des feux contre la vil-le, la ville contre le cheval ; & Tun desplus beaux spectacles fut la décharge dedix - huit arbres tous chargés de sembla-bles feux.
Le lendemain , -sabord après le dîné,parurent fur mer au quartier de Panipu-glia, quatre brigantins richement parés,peints & dorés, avec quantité de bande-roles & de grands chœurs de musique.Quatre ambassadeurs, au nom des qua-tre parties du monde, ayant appris la béa-tification d’Ignace de Loyola, pour re-connoîtrcles bienfaits que toutes les par-ties du monde avoient reçus de lui, ve-noient lui faire hommage, & lui offrirdes présens, avec les respects des royau-mes & des provinces de chacune de cesparties.
Toutes les galères & les vaisseaux dnport saluèrent ces brigantins : étant ar-rivés à la place de la marine , les ambas-sadeurs descendirent , & montèrent enmême temps fur des chars superbementornés, & accompagnés de trois cens ca-valiers , s’avancerent vers le college,précédés de plusieurs trompettes.
Après quoi des peuples de diverses na-tions , vêtus à la maniéré de leurs pays,faisoientun ballet très-agréable, compo-sant quatre troupes ou quadrilles pour le*quatre parties du monde.
Les royaumes & les provinces, repré-sentés par autant de génies, marchoientavec ces nations & les peuples différensdevant les chars des ambassadeurs del’Europe, de 1 Asie , de L’Afrique & del’Amérique, dont chacun étoit escorté de70 cavaliers.
La troupe de T Amérique étoit la pre-mière, & entre ses danses elle en avoit-une plaisante de jeunes enfans déguisésen singes, en guenons, en perroquets.Devant le char étoient douze nains mon-tés fur des haquenées; le char étoit tirépar un dragon.
(«) Oa transcrit tout ceci, motjésuite-
• à * mot, du Traité des Baliets du P. Meneilrier
La