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Tome XIV. FERM - FORL.
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Rien n’est plus ingénieux que cettecomposition, qui respiroit par-tout lasimplicité & la galanterie.

Deux jours après, trois cens gentils-hommes représentant toutes, les nationsà monde, & divisés par troupes, para-ient fur la Tamise dans des bateaux or-nés avec autant de richeste que d'art. Ilsétotent précédés & suivis d’un nombre in-fini d’instrumens, qui jouaient fans ces-se des fanfares, en se répondant les unsles antres. Après s’être montrés ainsi àune multitude innombrable, ils arrivè-rent au palais d u roi où ils dansèrent ungrand ballet allégorique.

La religion réunifiant la Grande-Bre-iagneau reste de la terre (a) étoit le sujet«le ce spectacle.

Le théâtre représentoit le globe dumonde :l.a vérité, fous le nom A'Alithie,«toit tranquillement couchée à un descôtés du théâtre. Après l’onverture , lesMuses exposèrent le sujet.

Atlas parut avec elles ; il dit qu’ayantappris d’Archimede que si on trouvoitlin point fixe, il seroit aisé d’enlever tou-te la masse du monde,il étoit venu en An-gleterre, qui étoit ce point si difficile àtrouver, & qu’il se déchargeroit désor-mais du poids qui l'avoit accablé, fur Ali.thie, compagne insépacable du plus sage& du plus éclairé des rois.

Après ce récit, le vieillard accompagné«le trois muses, Drame , Terpficore &Clio, s’approchí du globe, & il s’ou-vrit.

L’Europe vêtue en reine en sortit la■premîere suivie de ses filles, la France ,j’Espagne, ITtalie, l’AIlemagne & la Gre-ce : î’Òcéan & la Méditerranée l’accnm-pagnoient, & ils avoient à leur fuite laLoire, le Guadalquivir , le Rhin , le Ti-bre & l’Achéloiis.

Chacune des filles de l’Europe avnittrois pages caractérisés par les habits delenrs provinces. La France menoit avecelle un Basque , un Bas Breton ; l’Espa-gne , un Arragonois L un Catalan ; l’Al-lemagne , un Hongrois , un Bohémien,& un Danois ; l’Italie , un Napolitain,un Vénitien , & un Bergamasque ; laGrece , un Turc, nn Albinois & un Bul-gare.

Cette fuite nombreuse dansa un avant-

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ballet ; L des princes de toutes les na-tions qui sortirent du globe svec un cor-tège brillant , vinrent danser íucceísive-r.ient des entrées de plusieurs caractèresavec les personnages qui étoient déja furla scene.

Atlas fit ensuite sortir dans Je mêmeordre les autres parties de la terre, cequi forma une division simple & naturel-le du ballet, dont chacun des actes Futterminé par les hommages que tontes cesnations rendirent à îa jeune princessed’Angleterre , & par des présens magni-fiques qu’elles lui firent.

L’objet philosophique de tous les ar-ticles de cet ouvrage, est de répandre ,autant qu’il est possible, des lumièresnouvelles fur les dissérentes opérationsdes arts; mais on est bien loin de vouloirs’arroger le droit de leur prescrire desréglés , dans les cas mêmes où ils opèrentà Táventtire, & où nulle loi écrite, nulleréflexion . nul écrit, ne leur a tracé les.routes qu’iis doivent suivre. L’honneurde la législation ne tente point des hom-mes qui ne savent qu’aimer leurs sembla-bles ; ils écrivent moins dans le desseinde les instruire, que dans l’espérance deles rendre un jour plus heureux.

C’est Tunique but & la gloire vérita-ble des arts. Comme on doit à leur in-dustrie les commodités , les plaisirs, lescharmes de la vie , plus ils feront éclai-rés , plus leurs opérations répandrontd’agréables délassemens fur la terre ; plusles nations où ils feront Favorisés aurontdes connoissances, & plus le goût Feranaître dans leur ame des sentímeus déli-cieux de plaisirs.

C’est dans cette vue qu’on s’est étendusur cet article. Onadéjadíí appercevoir,par lídétaii où on est entré , que le pointcapital dans ces grands spectacles, estd’y répandre la joie , la magnificence,Timagination , & sur-tout la décence :mais une qualité essentielle, qu’il fautleur procurer avec adresse , est la parti-cipation sage , juste , L utile , qu’ondoit y ménager an peuple dans tous lescas de réjouissance générale. On a dé-mêlé fans peine dans les fêtes de Lon-dres, que les préparatifs des spectaclesqu’on donnaà la cour, furent presquetons offerts à la curiosité des Angloís,,

* ».

(«} En opposition à cet ancien proverbe, N toto divises eríu Brìtunms.