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On étoit en usage de prendre l’hátel-âe-ville po:ir le centre des réjouissancespubliques. Les anciennes rubriques, queles esptits médiocres révèrent tomme desloix sacrées, ne font pour les tètes fortesque des abus; leur destruction est le pre-mier degré par lequel ils montent bientôtaux plus grandes choses. Telle fut la ma-niéré constante dont M. Turgot sc pei-gnit aux François , pendant le cours deí'es brillantes prévôtés. II pensa qu’unesite ne pouvoit être placée sur un terre!»trop beau , & il choisit l'éperon du pont-neuf sur lequel la statue d Henri IV estélevée, pour former le point de vue prin-cipal de son plan.
Ce lieu , par son étendue, par la richedécoration de divers édifices qn’il domi-ne & qui l’environne, sur-tout par lebaffin régulier fur lequel il est élevé ,pouvoit faire naître à un ordonnateur dela trempe de celui-ci, les riantes idéesdes plus singuliers spectacles. Voici cel-les qu’il déploya aux yeux les plus di-gnes de les admirer.
O11 vit d’abord s’clever rapidement furcette el'pece d’esplanáde un temple con-sacré à t’Hymen ; il étoit dans le ton an-tique,'ses portiques étoient de cent vingtpics de face, & de quatre-vingt piés dehaut, fans y comprendre la hauteur del’appui & de la terrasse de l’éperon , quiservoit de base à tout l'édificc , L quiavoit quarante piés de hauteur.
Le premier ordre du temple étoit com-posé de trente-deux colonnes d’ordre do-rique, de quatre piés de diamètre & detrente - trois piés de fnst , formant unquarré-longde huit colonnes de face ,fitrquatre de retour.
Elles fervoient d’appuî à une galerieen terrasse de cent cinq piés de long, or-née de distance en distance de belles sta-tues fur leurs piédestaux. Au - dessus dela terrasse,& à l’à-plombdes colonnes dumilieu, s’élevoitun socle antique Forméde divers compartimens ornés de bas-re-liefs, 8 t. couronné de douze vases.
Deux massifs étoient bâtis dans l’inté-rieur, afiu d’y pratiquer des escalierscommodes. Le socle au reste formoit uneseconde terrasse de retour avec les bases,chapiteaux , entablemens , & balustra-des, servant d'appui à une galerie enter-rasse de cent cinq piés de long, diviséepar des piédestaux. Au dessus de cette
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terrasse, & k l'à-plomb des colonnes dumilieu s’élcvoi t un socle en attique, for-mé de compartimens ornés de bas-re-liefs, & couronné de douze vases ; deuxcorps solides étoient construits dans l’in-térieur, dans lesquels on avoit pratiquédes escaliers.
Toute la construction de cet édificeétoit en relief, ainsi que les plafonds,en-richis de compartimens en mosaïques ,guillochés, rosettes, festons, ©V. à Li-mitation des anciens temples , & telsqu’onle roitau panthéon, dont on avoitimité les ornemens; à la réserve cepen-dant des bases que l’on jugea à propos dedonner aux colonnes, pour s’accommo-der à l’usage du siécle : elles y furentélevées fur des socles d’environ quatrepiés de liant, servant comme de reposaux balustrades de même hauteur quiétoient entre les entre - coiannemeiis.
C’est la feule différence que le nouvelédifice eût avec ceux de l’antiquité , oùles colonnes d’ordre dorique étoient uref-que toujours posées fur le rez-de-chaus-sée , quoique sans base. A cela près ,toutes les proportions y furent très-biengardées. Ces colonnes avoient huit dia-mètres un quart de longueur , qui est lavéritable proportion que l’efpace des en-tre-colomiemens exige de cette ordon-nance : il devoit y avoir un second ordreionique : mais le temps trop court pour['exécution, forqa de s’en tenir au pre-mier ordre dorique, qui fe grouppantavec le massif, pour monter au haut del’édifice , foimoitun très-beau quarré-long.
Vingt-huit statues isolées , de rondebosse , de dix piés de proportion , repré-sentant diverses divinités avec leursfym-boles & attributs , étoient posées fur lespiédestaux de la balustrade , à l’à-plombdes colonnes.
On préféra pour tout cet édifice &pour ses ornemens , la couleur de pierreblanche à celle des différens marbresqu’on auroit pu imiter ; outre que la cou-leur blanche a toujours pins de relief,sur-tout aux lumières & dans les ténè-bres , la vraisemblance est aussi plus na-turelle & l’illusion plus certaine: aussi cetemple FaiCoit-íl l'effetd’un édifice réel,construit depuis long-tems dans la plusnoble simplicité de l'antique fans orne-ment postiche , & fans mélange à’aucu»