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Tome XIV. FERM - FORL.
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feu

Ensuite nons le considérerons commecause des effets de l’électricité, & nousrapporterons les fentimens des princi-paux physiciens , fur la nature & fur lamaniéré dont il produit les phénomènesélectriques.

Otto Guericke &Boy 1 e ont remarquéqu’en frottant vivement de certains corpsélectriques, ils répandoient une lumièrepins on moins vive dans f obscurité , quequelques-uns , comme les diamans , cun-servoient pendant un temps aífez consi-dérable. On trouve dans le recueil desexpériences d’Hauksbée, une fuite ^ob-servations très - curieuses fur la lumièreque répandent plusieurs corps frottéscontre différentes matières , tant en pleinair que dans le vilide de la machinepneumatique : mais alors les physiciensregardoient cette lumière plutôt commeun phosphore, que comme le fluide élec-trique rendu sensible à nos yeux par fes-se t d u frottement-

Ce fut à l’occasion de la douleur queressentit M. Dufay , en tirant par hasardune étincelle de la jambe d’une person-ne suspendue sur des cordons de foie,qu’il pensa que la matière électrique étoitnu véritable feu , capable de brûler aussibien que le feu ordinaire ; & que la pi-qûre douloureuse qu’il avoit ressentie ,étoit une vraie brûlure. Enfin plusieursfa va us d’Allemagne ayant répété les ex-périences de M. Dufay , & poursuivi sesrecherches, M. LudolFvint à bout <f en-flammer l'esprit-de-vin par une étincelleélectrique qu’il tira du pommeau d’uneépée, & confirma par cette belle expé-rience, la vérité de ce qu’avoit avancéM. Dufay , sur la ressemblance du feu &de la matière électrique.

On sait aujourd’hui que tous les corpssusceptibles d’électricité, c’efl-à-dire ,presque tous les corps de la nature, fontappercevoir le feu électrique d’une ma-niéré plus otì moins sensible , dès qu’onles électrise à un certain degré. Dans lescorps naturellement électriques , on nemanque guere de. produire ce feu en lesfrottant un peu vivement, après les avoirbien dépouillés de toute leur humidité:la lumière qu’ils répandent est plus oumoins vive , suivant la nature de cescorps ; celle dti diamant , des pierresprécieuses, du verre, Ue. est plus blan-che , plu:- vive, & a bien plus d’éclat que

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celle qui fort de l’ambre , du soufre, dela cire d’Espagne, des matières résineu-ses, 011 de la foie. Les uns & les autresbrillent encore davantage, lorsqu’ils fontfrottés avec des substances peu électri-ques , comme du papier doré, la main ,un morceau d’étoffe de laine, que lors-qu’on employé une étoffe de soie, la peaud’un animal garnie de poil, ou mêmeilucuir ; mais quelles que soient les matiè-res que i’on employé pour frotter k»corps électriques , ils ne rendent presquepoint de lumière, li les corps avec les-quels on les frotte n’ont quelque com-munication avec la terre ,. soit immédia-tement, soit par une suite de corps nonélectriques. Par exemple , si nne person-ne étant snr le plancher frotte vivementun tube de verre, elle en verra bientôtsortir des éclats de lumière : mais si.cettepersonne fait la même opération étanSmontée fur un pain de résine r avec quel-que vivacité qu’elle frotte le tube, la lu-mière s’affoiblit, s’éteint, & ne reparoîtque lorsque la personne se remet fur leplancher, ou lorsqu’on approche d'ellequelque corps non électrique qui commu-nique avec la terre.

Cette lumière est plus abondante & aencore plus d'éclat, lorsque les frotte-mens fe font dans le vuide , ou fur quel-que vaisseau dont on a puisé Pair inté-rieur par la machine pneumatique > onpeut dire en général, que ic feu électri-que se manifeste bien plus aissment dansun espace vuide T ou presque vuide , quedans celui qui est rempli d’air : en voiciles preuves.

Lorsqu’on frotte contre un couffin unglobe plein d’air, l’un & l’autre renfer-més fous le récipient de la machinepneumatique; ce globe, après qu'on aépuisé Pair intermédiaire, répand con-tinuellement & tant que dure le frotte-ment, une huniere très-vive & très-abondante : cette lumière s’affoiblit àmesure qu’on laisse rentrer Pair, quoi-que l’on continue de Frotter le globe.*vec la même force. II en est de mêmed’un globe vuide d’air que l’on frottedans Pair libre ; le plus léger frottementexcite dans son intérieur beaucoup delumière , dont P éclat diminue graduel-lement à mesure que l’on introduit dfrPair dans le globe. C’tst une observa-tion aster générale , que la lumière que