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Tome XIV. FERM - FORL.
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«ntraìnéparl’exemple n’apascorrigé cet-te ahsnrdecompofitiondans l’enlévementJe Dejanire, le chef-d’œuvre de ce grandmaître.

Pour passer dti monstrueux au fantas-tique , le dérèglement de l’imagination,on, st l'on veut, la débauche du génien’a eu que la barrière des convenancesà franchir. Le premier étoit le mélangedesefpeces voisines; le second estl’assem-bìage des genres les plus éloignés & desformes les plus disparates , lans progres-sions, fans proportions, L fans nuances.

Lorfqu’Horace a dit :

Humana capiti cervìcem pilior equinam

Jungere Jt velit , &c.jl a cru avec raison former un composébien ridicule, mais ce composé n’est en-core que dans le genre monstrueux ; c’estbien pis dans le fantastique. On en vo itmille exemples en sculpture & eu pein-ture ; c’est une palme terminée entêtede cheval, c’est le corps d’une femmeprolongé en console ou en pyramide ;c’est le cou d’une aigle replié en limaçon,c'est une tête de vieillard qui a pourbarbe des feuilles d’acanthe; c’est toutce que le délire d’un malade lui fait voirde plusbifarre.

Que les dessinateurs fe soient égayésquelquefois à laisser aller leur crayonpour voir ce qui résulteroit d’un assem-blage de traits jetés au hasard , on leurpardonne ce hadinaxe; on volt même cescaprices del’art avec une sorte de curio-sité, comme les accidens de la nature ; &en cela quelques poètes de nos jours ontimité les dessinateurs & les peintres. Ilsont laissé couler leur plume, fans fe pres-crire d’autres réglés que celle de la ver-sification & de la langue , ne comptantpour rien le bon feus; c’est ce que lesFrançois ont appelle amphigouri.

Mais ce que les poètes n’ont jamaisfait & que les dessinateurs & les peintresn’oat pas dédaigné de faire , a été d’em-ployer ce genre extravagant à la décora-tion des édifices les plus nobles. Nousn’en donnerons pour exemple que lesdessins de Raphaël an Vatican , où l’onvolt une tête d’homme qui naît du milieud’une fleur, un dauphin qui fe termine«ì feuillage, un ours perché fur un para-sol , uu sphinx qui sort d’un rameau , uníàaglier qui courtier des filets depam-

F I C

pre, lfc.Ce genre n’a pas été inventé parles modernes, il étoit à la mode du tempsde Vitruve, & voici comme il en fait ledétail & la critique , liv. VII, v.

Item cundelabra , cedictilarum fuftinm -tia figuras;supra fastigia euruni surventesex tadicibns , cutn volutìs, coíiculi tenerìplures, ho.bentes infe ,Jinc ratio>ic,Jeden-tia sigillé ; nec minus etiam ex coliculísfores , dimidiit babentes ex fe exeuntiaf-gilhi, alia hmnunis , alia beftiarusn caj iti-bnsfmiiia: bucautem, nec J un t , mcfìeripojfmit , nec fuerunt . .. . «d hxc fulfa ri~dentes homines , non reprehendnnt , Jed de-ìecíantur ; neqne animadvertunt Jì quiieormn fieri potejt , neene.

Le grotesque de .Calot n’est pas ce quenous avons entendu par le genre fantasti-que. Ce grand maître en même tempsqu’il donnoit des modelés de dessin d’unedélicatesse, d’une correction, d une élé-gance admirable, fe joiroit ou dans lenaturel ou dans le monstrueux à inven-ter des figures bifarres, mais régulières.Ses démons sont dans la vraisemblancepopulaire, L ses nains dans l’ordre despossibles. C’est leScaron du dessin. VoyezGrotesque , Burlesque, fisc.

Le goût des contrastes que Atejfonìer aporté si loin & que fes copistes ont gâté ,comme il arrive dans tous les arts, quandun homme ordinaire veut être le singed'un homme original; ce goût n’est pasmoins éloigné du genre fantastique. Mef-sonieren évitant fa l'ymmétrie , a mer-veilleusement observé l’équilibre desmasses, les proportions & les convenan-ces. Ce font les caprices de la naturequ’i! a vouíu peindre ; mais dans ces ca-prices mêmes il i'a imitée en beau. Voy.Symmétsie U Contraste.

De ce que nous venons de dire desquatre genres de f idiots que nous avonsdistingués, il résulte que le fantastiquen’est supportable que dans un moment deFolie, & qu’un artiste qui n’anroit quece talent n’en auroit aucun; que le mons-trueux ne peut avoir que le mérite del’allégorie , & qu’il adu côté del’ensem-ble & de la correction du dessin , des dif-ficultés qu’on ne peut vaincre qu’en ou-bliant les modelés de l’art & en fe créantune nouvelle nature ; que l’exagéré n’estrien dans le physique seul, & que dansl’assemblagc du physique & du moral, iltombe dausdes diiproportions choquait-