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Tome XIV. FERM - FORL.
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ZîL FIC

de lourdes colonnes, L des «nages pourbases ; à Vouloir que le char qui enleveHercule dans l’oîympe, ne soit pas faitcomme pour rouler fur des rochers oudans la boue : que les diables , pour te-nir leur conseil, ne íe construisent paslin pcindewonium, qu’ils ne fondent pasd u canon pour tirer fur les afiges, Uc.& quand toutes ces absurdités auront étébannies de la poésie & de la peinture, legénie & l’art n’auront rien perdu. En unmot, l’cfprit qui condamne ces fictionsextravagantes, est le m âme qui observe,pénétré, développe la nature : eetefprirlumineux & profond n'est que l’efpritphilosophique, le soûl capable d’appré-cicr limitation, puifqu’iì connoît seulle modelé.

Mais , notis dira t-on , s’il n’est possi-ble ;i l’hotume de faire penser & parlerses dieux qu’en hommes , que reproche-rez-vous airx poètes d’avoir voulu fairedes dieux, comme nous allons leur re-procher d’avoir voulu faire des monstres.

I! n’est rien que les peintres & les poè-tes n’aient imaginé pour intéresser par lasurprise; la même stérilité qui leur n faitexagérer la nature au lieu de l’embellir ,la leur a fait défigurer en décomposantlesespeces. Mais ils n’ont pas été plusheureux à imiter ses erreurs qu’à éten-dre ses limites. ’Lzfiftion qui produit lemonstrueux, semble avoir eu la supers-tition pour principe, les écarts de la na-ture pour exemple, & l'allégorie pourobjet. On croyoit aux sphinx , aux sirè-nes, aux satyres; on voyoít que la natureclle-même confondnit quelquefois dansfes productions les formes & les facultésdes especes différentes ; & en imitant cemélange, on rendoit sensibles par unefeule image les rapports de plusieursidées. C’est d u moins ainsi que les favansont expliqué la fiííion des lirenes , de lachimère, des centaures, £jV. & de-làle genre monstrueux. II est à présumerque les premiers hommes qui ont domptéles chevaux , ont donné l’idée des cen-taures; quel es hommes sauvages ont don-né l’idée des satyres, les plongeurs ridéedes tritons, £jY. Considéré comme sym-bole, ce genre de fiction a sa justesse &sa vraisemblance; mais il a aussi fes diffi-cultés, & l’imagination n’y est pas af-franchie des réglés des proportions & deí*eíisett)bk,teujoui'sprisesdansia nature.

F I C

Il a donc fallu que dans l'affefflblîìgemonstrueux de deux especes , chacuned’elles eút fa beauté, fa régularité spéci-fique, & formât de plus avec l’autre untout que l’imagination pût réaliser fansdéranger les loix du mouvement & lesprocédés de la nature. II a fallu propor-tionner les mobiles aux masses & les f»p.pots aux fardeaux; quedans le centaure,par exempie, les épaules de l’hommefussent en proportion avec la croupe ducheval; dans les firenes, le dos du pois-son avec le buste de la Femme ; dans lesphinx, les ailes & les serres del’aigleavee la tête de la femme L avec le corpsdu lion.

On demande quelles doivent être cesproportions, & c’est peu t-être le problè-me de destin le plus difficile à résoudre.II est certain que ces proportions ne fontpoint arbitraires, & que si dans le cen-taure du Guide, la partie de l'homme oucelle du cheval étoit plus forte ou plusfoible,roeil.jiirimagination ne s’yrepofe-roient pas avec cette satisfaction pleine &tranquille quelcurcauíe un ensemble ré-gulier.Il n’est pas moins vrai que la régu-larité de cet ensemble ne consiste pas dansles grandeurs naturelles de chacune defes parties. Onseroi; choqué devoir dansle sphinx la tête délicate , & la cou déliéd’une femme fur le corps d’un énormelion , c’est donc au peintre à rapprocherles proportions des deux especes. Mai*quelle est pour les rapprocher la régléqu’il doit fe prescrire ? Celle qu'auroitsuivie la nature elle-même , si elle eûtformé ce composé ; & cette suppositiondemande une étude profonde&réfléchie,un œil juste & bien exercé à saisir lesrapports &à balancer les masses.

Mais ce n’est pas seulement dans lechoix des proportions que le peintre doitfe mettre à la place de la nature; c’estsur-toiit dans la liaison des parties, dansleur correspondance mutuelle & dansleur action réciproque; & c’est à quoi lesplus grands peintres enx-mêmes sem-blent n’avoir jamais pensé. Qu’on exami-ne les muscles du corps de pégafe, de larenommée & des amours , & qu’on ycherche les attaches &Us mobiles des ai-les. Qu’on observe la structure duCentau-re, on y verra deux poitrines, deux esto-macs, deux places pour les intestins; lanature l’auroit. elle ainsi fait ? Le Guide