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Tome XIV. FERM - FORL.
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fiefs poitï de l'argent, comme on fit pattrla possession des comtés.

Ceux qiii tenoicnt des fiefs avojentde très - grands avantages. La composi-tion pour les torts cju'on leur faisoit ,«toit plus forte <ine celle des hommes li-bres. On nepoiivoit obliger un vassal duroi de jurer par lui-même, mais feule-ment par la couche de ses propres vas-saux. II ne pouvoitétre contraint de ju-rer en justice contre un autre vassal- Cesavantages firent que l'on vint n changerson aleu en fief, c'est-à dire qu’on don-noit sa terre au roi, qui la donnoit auxdonateurs en usufruit ou bénéfice, & ce-lui-ci designoit an roi ses héritiers.

Comme il arriva fous Charles Marttl,que les fiefs furent changés cn biens d’é--glife, & les biens d’égliíe cn fiefs-, lesfiefs & les biens d'égliíe prirent récipro-quement quelque chose de la nature del’un & de l’autre. Ainsi les biens d’égliseeurent les privilèges des fiefs,& les fiefseurent le privilège des biens d’église.Voilà l’origine des droits honorifiquesdans les églises.

Les hommes libres ne pou voient pointdans les commencemens se recomman-der pour nnfiefi mais ils le purent dansla fuite , & ce changement fe fit dans letemps qui s’éconla depuis le régné deGontrand jul'qu’à celui de Charlemagne.Ce prince dans le partage fait à ses en-cans, déclara que tout homme iíbre pour-roit après la mort de son seigneur , se re-commander pour un fief dans les troisroyaumes, à qui il voudroit, de mêmeque celui qui n’avoit jamais eu de sei-gneur. Ensuite tout homme libre putchoisir pour son seigneur qui il voulut ,du roi ou des autres seigneurs. Ainsiceux qui étoient autrefois nnement fousla puissance du roi, en qualité d’hommeslibres fous la puissance du comte, devin-rent inlensiblement vassaux des uns desautres à cause de cette liberté.

Voici d'autres changemens qui arri-vèrent en France dans les fiefs depuisCharles le Chauve. II ordonna dans f escapitulasses,que les comtésferoient don-nés aux enfans du comte, L il voulutque ce règlement eût encore lieu pourles fiefs. Ainsi les fiefs passèrent aux‘enfans par droit de succession & par droit‘«sélection.

L’cmpire était serti de la maison de

Charlemagne dans le temps qrc l’héré-dité ies fiefs ne rétablissait que par con-descendance : a u contraire,quand la cou-ronne de France sortit de Sa maison deCharlemagne , les fiefs étoient réelle-ment héréditaires dans ce royaume ; lacouronne, comme un grand fief, le futaussi.

Après que les fiefs , d’animels qu’ilsétoient, furent devenus héréditaires, ils’élcra plusieurs contestations entre lesseigneurs & leurs vassaux, ct entre lesvassaux eux-mêmes; dans ces contesta-tions il fallut faire des réglemens con-cernant les droits & les fonctions réci-proques de chacun. Ces réglemens ra-inasses peu-à-peu des décisions particu-lières , furent appelles la loi des fiefs , éìon s’cn servit en Europe pendant plu-sieurs siécles.

Cette loi est distinguée par lc docteurNichollbn , un des plus lavans prélatsd’Angleterrc en matière ri’antiquités ,dans les périodes Lissantes: 1°. la nail-fance depuis l’irruption des nations sep-tentrionales jul'qu’à l’an 6;c> : 2". fmrenfance depuis ce temps-là jul'qu’eu800: en 3°. lieu , fa jeunesse depuis lemême temps jufqu’en 1027: entia 4°,son état de perfection peu de tempsaprès.

Les princes de l’Europe & leurs sujetsse trouvant unis mutuellement par déstitres de possessions en fief (ce qui étantduement considéré , montre la vraie na-ture du pouvoir de la royauté) ,• ccttcunion subsista long - temps dans un heu-reux état, pendant lequel, aucun princede l’Europe 11e s’imagina être revêtud’un pouvoir arbitraire, jusqu’à ce quela loi civile ayantété ensevelie dans l'ou-bli, après rétablissement des nations dunord dans l’oceident de l’empire , cettenouvelle idée parut au jour. Alors quel-ques princes fe servirent de la loi Régis.pour s'attribuer un pouvoir despotique,& introduire dans leurs royaumes la loicivile, uniquement par ce motif. Cetteentreprise n’eut point de succès en An-gleterre, mais elle gagna le dessus dansd’autres parties de i’Europe ; en Espa-gne , par exemple, où la lecture de cetteloi fut pour cette raison défendue sarpeine de la vie.

Effets qui ont résulté íe l'hírédité desfiefs. Une infinité de conséquences ont