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ment L leur progrès : mais tomme rienai’est pur ici-bas, dtvlà vint la rcnaist'an-ce odieuse de la maltôte romaine , si nui-sible & si cruelle , inconnue dans la mo-narchie des Francs ,& malheureusement{■émisé en pratique parmi nous, lorsqueles hommes commencèrent à jouir des jarts & d u commerce.
Auteurs théoriques fur les fefs. C’estprécisément lorsque les fiefs furent ren-tlus héréditaires, que presque tous lesauteurs ont commencé leurs traités fur cece snjet, en appliquant communémentaux temps éloignés les idées générales deleur siecle ; source d’erreurs intarissa-bles. Ceux qui ont remonté plus haut ontbâti des systèmes fur leurs préjugés. Peu<1e gens ont sii porter leur esprit sans pré-vention aux vi aies sources des loix féo-dales ; de ces loix qu’on vit paroítre ino-pinément en Europe, fans qti’elles tins-sent à celles qu’on avoit jnsqu’alnrs con-nues ; de ces loix qui ont fait des biens& des maux infinis ; de ces loix enfin quiont produit la réglé avec une inclinationA l’anarchie , & l’anarchie avec une ten-dance à la réglé. M. de Montesquieutenant le bout du fil est entré dans ce la-byrinthe , l’a tout vu , en a peint ie com-mencement, les routes, & les détours,•dans un tableau lumineux dont je viensde donner l’esquiffé , en empruntant per-pétuellement son crayon , je ne dis passon coloris.
Ceux qui seront curieux de comparerson excellent ouvrage avec d’autres furîa même matière, peuvent lire , parexemple, de Hautel'erre, Origines feu-dorumpro moribus (ìsíli-v , liberJîngula-ris ì il lé trouve à la fin de ses trois livresde ducilms Çfi comitibus provìncialibnsCallìce , Toulouse, 174Z , 211-4°. LeFe-vre de Chanterean, de T origine des fiefs ;Loyseau, Boutillier, Pasquier; quel-ques-uns de nos historiens ; Cambden ,dans fa Britannias Speîman, & Saint-Amand , dans son Essaifur le pouvoir lé-gislatif ie íAngleterre- (s). J •)
Fief , Jurifprud ., en latin feuimn ,
& quelquefois anciennement feodum , estun immeuble on droit réel qui est tenu& mouvant d’un seigneur, à la chargede lui faire la soi & hommage, quand ily a mutation & changement de per-sonne , soit de la part du seigneur.dont releve le fief., soit de la part il«
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vassal , quî est le posté sieur d» fief.
Ilestauisi ordinairement dû des droitsen argent au seigneur, pour certainesmutations; mais il n’y a que la Foi &hommage qui soit de i'essence d n fief:c’est ce qui le distingue des autres biens.
Les auteurs sont fort partages fur l’é-tynioiogie du mot fief: les uns le fontvenir de freins , à cause de l'alliancc quise fait entre le seigneur & le vassal ; d’au-tres , comme Cujas , ie font venir de fi-des , ou du mot gaulois/e on fié, qui si-gnifie /sr, parce que la foi est ce quiconstitue l'essénce du fief ; d’autres, dumotlaxon/Hi, gages. Bodin prétend quele mot latin fœdus est formé des lettresinitiales de ces mots, fitkiis ero dominovero í neo, qui étoit une ancienne formulede la loi & hommage : Hottmand le faitvenir du mot allemand qui signifie garr-re : Pontanus le tire du mot danois f cid,service militaire : d’autres , du mot hon-grois foeld, terre: d’autres , de faim ,nourrir; mais l’opinion de Selden , quiparoît la plus suivie , est quecemot^e/'tire son étymologie de I’ancien saxonfieod , qui signifie, fouifur.ee ou pojJ'ejjìonde la solde ; par ce qu’en effet les fiefs,dans leur origine, ont été donnés pourrécompense du service militaire , & à lacharge de faire ce service gratuitement :de maniéré que le fief tenoit lieu de sol-de. De feod on a fait en latin feodum , &par corrnption/èaá*»» : aussi les termesde féodal & de féodalité ío nt-ils plus usi-tés dans nos coutumes, que celui defettiul.
Tous les héritages & droits réels ré-putésimmeubtes, sont tenus.en/îç/’,ouen cenfive, ou en franc-aleu.
Les fiefs font opposés aux rotures, quifont les biens tenus cn cenfive ; ils sontaussi diflïrens des franc-aleirx , qui nerelevent d’aucun seigneur.
Dans le doute, une terre est présuméeroture , s’il n’appert dn contraire.
La qualité de fief doit être prouvéepar des actes de foi & hommages, par desaveux & dénombremens, par les parta-ges , ou par des jugemens contradictoi-res , & autres actes authentiques.
Un seul dénombrement ne suffit paspour la preuve dufief, à moins qu’il nesoit soutenu d’autres adminicules: lapreuve par témoins n’est^ioint admise encette matière.