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Tome XIV. FERM - FORL.
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éclatante; elle fut remplie de plus deformalités, patce qu’elle devoit porterla mémoire des devoirs du seigneur & d uvassal, dans tons les âges.

Qirnd J es fiefs éroient amovibles ou àvie, iis b’appartenoient guere qu’auxloix politiques ; c’est pour cela que dansles loix civiles de cetcmps-là , il est faitfi peu mention des loix des fiefs : maislorsqu’ils devinrent héréditaires, qu’ilspurent f. donner , se vendre, se léguer,ils appartinrent S: anx loix politiques &aux loix civiles. Le./ù’/'confidérá commeUne obligation au service militaire , tc-noit an droit politique ; considéré commeun genre de bien qni étoit dans le com-merce , il tenoit au droit civil : cela don-na naissance anx loix civiles íïir les, fiefs.

Les fiefs étant devenus héréditaires ,les loix concernant l'ordre des succes-sions durent ccre relatives à la loi de laperpétuité des fiefs : ainsi s’établit, mal-gré la disposition du droit romain & deiaioi sa tique , cette règle du droit fran-qois , propres ne remontent point. II sai-si) í t que le fief fût servi ; mais un aïeul,lin grand oncle , nnroient été de mauvaisvassaux à donner au seigneur ; auísi cet-te réglén’eut-elie U abord lieu que pourles fiefs , comme nous i’apptenons deBontilìíer.

Les fiefs étant devenus héréditaires,lesseigneurs soigneux de veiller à ce que le ,fief Fût servi , exigerent que les filles qnidévoient succéder awx. fiefs ne pussent semarier sans leur consentement ; de forteque les contrats de mariage devinrentpour les nobles une disposition féodale ,& une disposition civile. Dans un actepareil fait fous les peux du seigneur, onsaifo!t des dispositions pour la successionsuture , dans la vue que 1 estes pût êtreservi par les héritiers.

En un mot les fiefs étant devenus hé-réditaires.& les arriere-fitfs s’éfant éten-dus , il s’introduiíìt beaucoup d’usageeriFrance, atixquels les loix foliqnés, ri-puaires , bourguignones , & visigothesn’étoient plus applicables: on en retintbien pendant quelque temps l’esprít , qniétoit de régler la plupart des affaires pardes amendes; mais les valeurs ayantchangé, les amendes changèrent apffi.î/on suivit l’esprit de la foi, sans suivrela loi même. D’ailletirs la France fo trou-vant divisée en une infinité de petites sei-

gneuries qni reconnoissoient plutôt unedépendance féodale, qu’une dépendancepolitique , il n’y eut plus de loi commu-ne, Les loix faiiques, bourguignones, &visigothes . furent donc extrêmement né-gligées à la si n de la seconde race ; & aucommencement de la troisième on n’enentendit presque plus parler. C’estainfique les codes des îoix des barbares & lescapitulâmes se perdirent.

Enfin le gouvernement féodal com-menqa entre le xil & XIII fìecle, à dé-plaire également aux monarques qnigouvernaient la France, l’Anglcterre ,& l’AHemagne : ils s’y prirent tous àpeu près de même , & presque en mêmetemps, pour le faire évanouir, & Formersur ses ruines une espece de gouverne-ment municipal de villes & de bourgs.Pour cet effet,ils accorderentauxvilles &aux bourgs de leur domination plusieursprivilèges. Quelques serfs devinrent ci-toyens ; & les citoyens acquirent poufde l’argentle droit d’éiire leurs officiersmunicipaux. C’est vers le milieu du dou-7.ieme fiecle qu’on peut fixer en Francel’époque de rétablissement municipaldes cités & des bourgs.Henrí II roi d’An-gleterre donna des prérogatives sembla-bles aux villes de son royaume; icsempereurs suivirent les mêmes principesen Allemagne: Spire, par exemple,achetaen 1166 le droit de se choisir des bour-gnemeltres , malgré l’évêque qui s’yopposait: ainsi la liberté naturelle auxhommes sembla vouloir renaître de laconjoncture des temps & du besoin d’ar-gent où se tronvoient les princes. Maiscette liberté n’etoít encore qu’uue servi-tude réelle, en comparaison de celle deplusieurs villes d’Italie qui s’érigerentalors en républiques, au grand étonne-ment de toute l’Eorope.

II arriva cependant qu’insensiblenientles villes & bourgs de divers royaumes ,s'a cor ure n t en nombres , & devinrent deplus en plus considérables: ensuite 1anécessité, mcrc dc ì’inciiislrie , obligeaquantité de personnes à imaginer desinoyens de contribuer aux commoditésdes gens riches , pour avoir de quoi sub-sister: de-là i’invention de divers métiersen divers lieux & en divers pays. Enfinparut en Europe le commerce qui fructi-fie tout, le retour aimable des lettres ,des arts, des sciences, leur encourage-