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pies du nord : en effet, comme on Va dijaobservé, le mot/ïf/paroît venir du motsaxon feoA, qui signifie la jouijsunce ouh pojfejjìon de la solde ; & dc fend un a Faitfeoàum , & en françois./forf<ií.
Quelques-uns pour concilier ces deuxdernieres opinions , disent que Charle-magne, après avoir pris Vidée des fiefschez les peuples du nord, s’y confirmapar l’exemple des Lombards ; & qu’aprèsen avoir Fait l’expérience en Italie , ilestima tant cette police, qu’il l’introdui-fit dans tous les pays où il le put fairefans détruire les loix qui y étoieut d’an-cienneté. C’est ainsi qne Taffillon potî'é-doit le duché de Bavière , à conditiond’un hommage > & ce duché eût appar-tenu à Fes descendans, fi Charlemagneayant vaincu ce prince n’eût dépouillé lepere & les enFans.
II y a auflì des historiens qui rappor-tent rétablissement des fiefs en France auroi Raoul, lequel , pour gagner Vassec-tion des grands, Fut obligé de leur don-ner plusieurs domaines.
D’autres enfin fixent cette époque autemps de Hugues Capet.
Mais nonobstant ces'diverfes opinions,il paroît constant que l’usage des fiefs estvenu en France du nord ; qu’il y fut ap-porté par les Francs lorsqu’ils firent laconquête des Gaules.
M. Schilter, en fes notes furie traitédes fiefs de Struvius, remarque que cen'est point aux seuls Lombards qu’ondoit l’origine des fiefs ; qn’ils étoieut enusage en Allemagne, avant qnele droitdes Lombards y eût été reçu; que lesFrançois ont beaucoup plus contribuéque les Lombards à introduire l’ufage desfiefs j que c’eft par eux que les fiefs ontpassé en Allemagne.
II observe encore que les fiefs font in-connus en Espagne, quoique les Visighotss’y soient établis : d’où il inféré que cetusage n’étoit pas commun à tons les peu-ples de Germanie; qu’il s’eft introduitpeu après chez les François & les Lom-bards , depuis que les uns & les autres fu-rent sortis de Germanie: il y a lieu decroire que les Francs avoient empruntécet usage des Saxons.
II est vrai que le terme de/if/í étoit to-talement inconnu fous la premiere racede nos rois ; auffi n’en est-il rien dit dansU loi sali que ni dqns celle des riguariens :
F î E
Î1 n’y eíl parlé que des terres saliques &des aïeux. Les aïeux étoieut les bienslibres qui étoieut demeurés aux ancienspropriétaires: les terres saliques étoieutcelles qui étoieut données aux officiers& soldats , jure bettesiciì , c’cst-àdire,à titre de -bienfait & de récompense, &à la charge du service militaire. Ce futà ce titre ..que Clovis donna Melun dAurélicn , jure beneficii concejjìt : ainsices benefiees qui font les premiers fnn-detnens des fiefs, font auffi anciens quela monarchie.
Dumoulin ne doute point que ces dis rtributions de terres appellées bénéfices ,dont Vusage avoit commencé chez les Ro-mains , ne (oient la premiere origine denos fiefs ; c’est pourquoi il fe sert indif-féremment des mots bénéfice Sisìef quoi-qu’iì y ait nnedifférence essentielle entrebénéfice Sc fief. Est- ce que ces bénéficesn’obligeoient point à la foi & hommage,ni aux autres devoirs féodaux ? d’ailieursces bénéfices n’étoieat point héréditai-res.
L’ufage que Von obfcrvoit , par rap-port à ces bénéfices, éprouva plusieursehítngemens.
Dans le premier état , le seigneur enpouvoit dépouiller arbitrairement le vas-sal. Ils furent ensuite armais, commeétoieut toutes les commissions, puis onles concéda pour la vie du vassal. Lesseigneurs accordèrent après, que I c fiefpasscroit à celui des fils du vassal qu’ilsvoudroient choisir ; & comme on choifif-foit ordinairement Vaine, c’est peut-êtrede-là que viennent les prérogatives queles aines mâles ont conservées dans lesfiefs : bs autres fils obtinrent, par suc-cession de temps , le droit dc partageravec Vaine. Ce droit de succéder fut éten-du aux petits-fils, & même à défaut dedescendans, an frere, si c'étoit un fiefancien.
Les femmes ne succédaient pas d’abordaux fiefs , ni les collatéraux au-delà descoufins-germains ; dans la fuite les col-latéraux succédèrent jusqu’au septièmedegré , & présentement ils succèdent AVinfini. En France les femelles concou-rent avec les mâles en directe , & suc-cèdent en collatérale à défaut de mâles ;mais en Allemagne & en Italie, elles fontencore ex cl uses des fiefs.
Qn ne peut pas fixer précisément I©