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Tome XIV. FERM - FORL.
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FIE

Les anciens' appelloient bilieuse la fiè-vre ardente, caujum, parée qu'ils fuppo-soient qu’elle étoit produite par une bilechaude & vicieuse ; mais les modernesont sagement distingué ces deux fievres,parce qu’elles ont effectivement des diffé-rences caractéristiques,quoiqu’elles aientdes symptômes communs. F. FievreARDENTE.

Ses signes. Les symptômes de la fievrepurement bilieuse (ont très-nombreux, &ce qui est fingulier, je les trouve presquerassembles dans un seul passage d’Hippo-crate , 4e mediciim veterì. Les voici néan-moins encore plusexactement: le dégoût,la nausée, de fréquentes & vives anxié-tés, l’oppreffion, la cardialgie, le gonfle-ment de l’estomae & du bas-ventre , laconstipation , des tranchées, destiraille-mens d’entrailles , une chaleur doulou-reuse par tout le corps, une soif intolé-rable, des urines claires & hautes en cou-leur , fans sédiment; la sécheresse de labouche & de la langue,avec un sentimentd’amertume ; des douleurs dans le dos,l’ardeitr du gosier, le blanc des yeux &quelquefois tout le corps couvert de jau-nisse. Ajoutez à ces remarques, des touxconvulsives, le hoquet, des maux de têteinsupportables, l’insomnie, le délire, unefoiblesse extrême dans tous les membres,des tremblemens & des spasmes dansles jointures , des défaillances fréquen-tes.

Mais les symptômes caractéristiquesde cette fievre , font des efforts pour vo-mir, suivis de vomissemens d’une bileacre, caustique , qui en sortant ulcéré legosier, & qui, en tombant fur la pierre,soit souvent une effervescence , commel’eau-forte. Si le vomissement s’arrête , illui succédé une diarrhée bilieuse , avectenesme, & quelquefois les déjections dela bile se font également par haut & parbas.

Causes. L’abus immodéré des alimensgras, putrescens, chauds, aromatisés,sur-tout dans les grandes chaleurs, ctdans le temps que le sang est dans unmouvement excessif, sont les causes lesplus fréquentes des fievres de cette na-ture ; de-là vient qu’elles attaquent lespersonnes sanguines , bilieuses , cellesqui se nourrissent de mets Fortement épi-cés, qui boivent une grande quantité deliqueurs mal fermentées, & qui tombentTome XIF. finrtie I.

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dans des pallions violentes après de pa-reils excès. Le balancement d’nn vaisseausuffit seul pour jeter tout d'un coup dansl’estomac une bile étrangère , porracée &érugínenie, fans qti’on ait pu guere juf-qu'à ce jour expliquer ce phénomène.De plus, la jaunisse se répand dans tousle corps par la feule constriction des con-duits biliaires qui aboutissent au duodé-num ; & quelquefois de grands accès decoiere suffisent pour former ì'expulíìoude la bile dans cet intestin , d’où ellepasse dans la masse du sang, ct y produitdes symptômes terribles.La bile verdâtreépanchée aux environs du Foie , ditliip-pocrate, est la cause fréquente âes fievresqui naissent d^ns l’intérieur du corps hu-main.

Enfin,comme la dépravation de la bile,les couleurs étrangères de cette humeur,ct la fievre qui en résulte , peuvent êtreproduites par le spasme seul,qui est capa-ble de pervertir en un moment les suesbilieux les plus louables, on doit être at-tentif à démêler si un tel état a causé lespasme , ou si le spalme a été la cause decet état, afin de ne pas tirer de faussesinductions pour le pronostic , ou par rap-porta la pratique.

Fronojlìcs.Cette fievre,îoit qu’elle pro-cédé du mouvement excessif, de la sura-bondance, ou de la qualité dépravée de labile, menace la vie de péril , si l’on u’en-treprend pas à tems d’y remédier par lesecours de l’art ; car c’est ici que la natureen a un besoin indispensable , parce quela force & la durée de la fievre augmen-tent extrêmement les ravages de l’humeurbilieuse dont elle émane.

La plus heureuse tournure que cettefievre puisse prendre, est de se porter àune évacuation prompte & abondante dela matière viciée , & d’y parvenir par levomissement, plutôt encore que par lesselles. Quand les efforts pour vomir sontexcessifs & avec peu d’effet , le maladene manque guere d'éprouver un hoquetdouloureux, des spasmes , & des défail-lances qui en sont les fuites. Quand aucontraire les vomissemens sont aisés &abondans , que de plus la bile rejetée estd’une assez bonne qualité , on a raisond’espérer favorablement de l'iffue de lamaladie ; mais si le délire subsiste long-temps ct avec violence, le péril est con-sidérable ; 11 est extrême, si les douleurs,