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Tome XIV. FERM - FORL.
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3es témoignages d’affection. Moins leprince aura de pénétration & de lumiè-res, plus aisément on le conduira, plusfacilement on l’induira en erreur , &on le préviendra. Or le vrai moyen d’em-pécher un homme de se perfectionner,d’acquerir des connoissancis & du mé-rite - ou de parvenir à une capacité néces-saire à son rang , mais redoutable auxmauvais fuiets qui l’environnent, c’estde lui persuader qu’il est parfait, queson mérite est supérieur à celui de tousses sujets ; que son goût, son jugement,ses volontés font la réglé d n vrai,du bon,du convenable : & quelle obligation n’apas un prince , un grand seigneur, unefemme coquette, en général tin homme,à celui qui lui persuade une pensée si flat-teuse? Âinsi^iííer les hommes, c’est lesconduire où l’on veut par l’attrait du plai-sir qu'ils goûtent en les représentant àeux-mêmes , comme ayant toutes les per-fections qni leur manquent, & commeexempts de tous les défauts qui les ren-dent mésestimables ; c’est se rendre par-ia maître de leurs mouvemens, de leursvolontés , de leurs goûts, de leurs réso-lutions. Si on y fait bien attention , ontrouvera la plus entiere analogie entre lesens propre & physique & le sens figuré& moral du mot flatter. Cette analogiecst-elle bien honorable pour ceux quel'on flatte L pour les flatteurs ? & peut-elle mettre la flatterie en honneur?{G. M.)

Flatter , v. act. On dit en Peinturequ’un portrait est flatté , lorsque le pein-tie l’a rendu plus beau que la personned'après laquelle il est fait. Cette Faqond’embcllir est toujours aux dépens de laressemblance. II est cependant des pein-tres qui savent choisir les côtés avanta-geux d’une tête, c’est-à-dire la tourner& i’éclairer de telle faqon , que les dé-fauts se trouvant dans les endroits lesmoins apparens, deviennent plus suppor-tables. Portrait flatté. Ce peintre flatte sesportraits, f R )

FLATTERIE , f. f. Morale, c’estune profusion de louanges, fausses ouexagérées, q n'inspire à celui qui les don-ne , son intérêt personnel. Elle est plusou moins coupable, basse, puérile, selonses motifs, son objet, & les circonstan-ces. Elle a pris naissance parmi des hom-mes, dont les uns avoient besoin de trem-

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ptr, & les autres d’être trompés. C’est àla cour que l’intérêt prodigue les louan-ges les plus outrées aux dispensateursfans mérite des emplois & des grâces : oncherche à leur plaire, en les rassurant furdes faiblesses dont on seroit désolé de lesguérir ; plus ils en ont, plus on les loue,parce qu'on les respecte moins, & qu’oníeurconnoît plus le besoin d’être loués.On renonce pour eux à ses propres senti-mens, aux privilèges de son rang , à savolonté, à ses mœurs.

Cette complaisance fans bornes estimeflatterie d’action, plus séduisante qtieleséloges les mieux apprêtés. II y a mie a ti-tre plus fine encore , & souvent

employée par des hommes fans Force decaractère , qui ont des âmes viles & desvues ambitieuses.

C’est la flatterie d’imitation , qui ré-pand dans une cour les vices & les traversde deux ou trois personnes , & les vices& les travers d’une cour fur toute unenation.Les succès de ces différens genresde flatterie ont fait un art qu’on culti-ve fous le nom A'art déplaire : il a ses dif-ficultés , tout le monde n’est pas propreà les vaincre; & on n'y réussit guere,quand on est né pour servir son prince &sa patrie.

II s’en Faut beaucoup que la flatterieait toujours des motifs de fortune, leshommes en place pour objet, & la courpour asyle. Dansles pays où l’arnour desdistinctions,fous le nom à’honneur, remuedu plus au moins tous les hommes (voy.Honneur), les louanges font l'alimentde l’amour-propre dans tous les ordres Ldans tous les états : on y vit de l’opiniondes autres; tout !e monde y est inquietde fa place dans l'estime des hommes , &cette inquiétude augmente en proportiondu peu de mérite & de l’excès de la va-nité. On y poursuit la louange avec fo-reur , on l’y sollicite avec bassesse ; elle yest donnée sans ménagement, & reçuefans pudeur. Ii y auroit quelquefois dela barbarie à la refuser à des hommes siremplis de leurs prétentions, & si tour-mentés de la crainte d’être ridicules , oude celle d’être ignorés.

Ils veulent paroitre , c’est le désir detous ; ils veulent couvrir d’un voile bril-lant leurs défauts ou leur nullité: leslouanges leur donnent une apparence pas-sagère dont ils se contentent ; & la cons-