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Tome XIV. FERM - FORL.
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tance dans le travail , l'e'tude de leurs de-voirs, l’iuunanité , 11e leur donneroientque dit mérite & de la vertu.

La galanterie, ce relie des mœurs del’ancíenne chevalerie , que maintiennentle goxit du plaisir 81 la Forme du gouver-nement, rend la flatterie indispensablevis-à-vis des Femmes ; une adulation con- -tinueUe & de feintes soumissions, leurFont oublier leur foiblcsse , leur dépen-dance & leurs devoirs : elles leur devien-nent nécessaires; ce n’est que par la flat-terie que nous les rendons contentes denous & d’elles-mêmes, & que nous obte-nons leur appui & leurs suffrages. V.Galanterie. '

De cette multitude de besoins de va- 1cité dans une nation légere ; de la néces-sité de plaire par les louanges, par lacomplaisance, par limitation ; de la pe-titesse des uns, de la lâcheté des autres,de la fausseté de tous, résulte une flatte-rie générale, insupportable au bon sens.Elle apprend à mettre une foule de diffé-rences dangereuses entre l’exerciee desvertus & le savoir vivre; elle est uncommerce puérile, dans lequel on rendfidèlement mauvaise foi pour mauvaisefoi , & où tout est bon , hors la vérité.Elle a fa langue , ses usages, ses devoirsmême, dont 011 ne peut s’écarter fansdanger, &auxquels on ne peut se sou-mettre sans Foibleffe.

Des philosophes qui par leur mériteétaient faits pour corriger , ou du moinspour modérer les travers de leurs conci-toyens, ont trop souvent encouragé laflatterie par leur exemple ; & ce n’estque dans ce siecle que les premiers deshommes par leurs lumières ne s’avilil-sent plus par l’ndulation.

FLATTEUR . f. m. Mer. Le flatteurest nu homme qui tient, selon Platon, uncommerce de plaisir sans honneur; & se-lon Théophraste , nn commerce honteuxqui n’est utile qu’à lui : j’ajoute qu’ilFait un outrage à la vérité ; & pour dir«*encore plus, qu’il se rend coupable d’unelâche & baffe trahison.

L’homme vrai qui tient le milieu entrel’adulateur & le misanthrope, est l’amiqui n’écoute avec nous qne les principesde la droiture , la liberté du sentiment& du langage. Je sais trop que le flat-teur, pour mieux. séduire , emprunte lenom d'ami , en imite la voix , en usurpe

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les fonctions, & le contrefaifsvec taritd’art, que vóus le prendriez pour tel:mais ôtez le masque dont il couvre sonvisage, vous verrez que ce n’est qu’uncourtisan fardé , sans pudeur, fans atta-chement ,& qui ne cherche en vous quefou propre intérêt.

Le flatteur peut employer la séductiondes paroles, des actions, des écrits, desgestes , & quelquefois tous ces moyensréunis : auffi Platon distingue-t-il cesquatre especes de fiateurs. CependantPlntarqne prétend que Cléopâtre trouvale secret de starter Mare-Antoine ds plu-sieurs autres maniérés, inconnues auxphilosophes de la Grece : mais íì l'on yprend garde , toutes les diverses manié-rés de flatter Antoine dont itsoit cette rei-ne d’Ëgypte , & qui sont exposées par['auteur des vies des hommes illustres,tombent dans quelqu’une des quatre es-peces établies par Platon.

Le flatteur qui use de la séduction n’estpas rare , & elle porte l’homme à louertes autres , & sur-tout les ministres & lesprinces qui gouvernent, du bien qu’ilsne font pas. Celui qui flatte par des ac-tions, va jusqu’à imiter le mal qti'ils Font;tandis que l’écrivain prostitue Fa plume àaltérer les Faits , & à les présemer iousde fausses couleurs. L’éloquence fertileen traits de ce genre , semble consacréeà starter les pallions de ceux qui com-mandent, à pallier leurs fautes, leursvices, & leurs crimes mêmes. Enfin, lesorateurs chrétiens font entrés quelque-fois en société avec les panégyristes pro-fanes , & ont porté la fausseté de Pélogejusques dans le sanctuaire do vérité.

Après cela il n’est pas étonnant que laflatterie conjointement avec la satyre ,ait empoisonné les Fastes de l’histoire. IIest vrai que la satyre impose plus que laflatterie aux siécles Fuivans ; mais les his-toriens flatteurs en tirent parti pour re-lever le mérite de leurs héros; & pourdéguiser avec plus d’adrefle leurs h 'ti-reuses adulations, ils répandent gratuite-ment fur la mémoire des morts , tout levenin d’une lâche médisance,parce qu’ilsn’ont rien à craindre ni à espérer de ceuxqui sont dans le tombeau.

Si les hommes réfléchi fiaient 'fur l’in-dignité du principe,qui produit la flatte-rie, & fur la b a liesse du flatteur , celui-ci devisudroit aussi méprisable qu’il le