Band 
Tome XIV. FERM - FORL.
JPEG-Download
 

6rs F L E

Pour ce qui est de la seconde race , ontrouve plusieurs portraits de Charles leChauve, dans les livres écrits de son vi-vant , avec de vraies fleurs de lis à facouronne; quelques-uns de ces manus-crits se gardent dans la bibliothèque d»roi, comme aussi dans celle de M. Col-bert qui y est jointe ; & l’on en peut voirles figures dans le second tome des cafi-tulaires de M. Baluze.

Mais comme les rois de -France n’ontpoint eu d’armes avant le douzième sié-cle, les fleurs de lis n’ont pu y être em-ployées qu’après ce temps-là. Philippe-Auguste est le premier qui s’est servid’une fleur de lis seule au contre-scel deses chartes; ensuite Louis VIII & 8.Louis imitèrent son exemple : après eux,on mit dans l’écu des armes des rois deFrance , des fleurs de lis fans nombre ; &enfin elles ont été réduites à trois , fousle régné de Charles VIL

Voilà le sentiment le plus vraisembla-ble fur l’époque à laquelle nos rois pri-rent les fleurs de lis dans leurs armes; &e’est l’opinion du P. Mabillon. M. de S.Marthe , fils & neveu de frères de M. deSteMarthe, qui ont travaillé avec beau-coup de soin à recueillir nos historiens,& éclaircir plusieurs points obscurs denotre histoire, pense que la fleur de lis acommencé d’étre Punique symbole denos rois sous Louis VII, surnommé leJeune. L’on voit que son époque n’est pasbien éloignée de celle du P. Mabillon.Quant à l’opinion de ceux qui veulentque nos lisaient été dans leur origine lebout d’une espece de hache d’armes ap-pellée francisques cause de quelque rap-port qui se trouve entre ces deux choses,cette opinion n’est étayée d’aucune preu-ve solide. Nous pourrions citer plusieursautres conjectures qui ne sont pas mieuxétablies; mais nous nous arrêterons seu-lement à celle de Jaques Cbifflet, à causedes partisans qu’eìle s’est acquise.

Dans la découverte faite à Tournay en, du tombeau de Childeric I, on ytrouva Panneau de ce prince , environcént médailles d’or des premiers empe-reurs romains,soo autres médailles d’ar-gent toutes rouillées, un javelot, un gr«-pbiu:n avec son stilet, & des tablettes ; letout garni d’or ; une figure en or d’unetète de bœuf avec un globe de crystal,&des abeilles aussi tontes d’or an nombre

FIE

dé 300 & plus. Cette riche dépouille futdonnée à í’archiduc Léopold , qui étoitpour lors gouverneur des Pays Las; Staprès fa mort Jean-Philippe de Schon-born , électeur de Cologne , fit présent àLouis XIV en 1665, de ces précieux res-tes du tombeau d’ttn de ses prédécesseurs;on les garde à la bibliothèque du roi.

M. Chiffiet prétend donc prouver parce monument, que les premieres armesde nos rois étoieiit des abeilles, & quedes peintres & des sculpteurs mal habi-les ayant voulu les reprel’enter,y avoientfi mal réussi , qu’elles devinrent nosf leurs de lis , lorique dans le douzièmeficelé la France & les autres états de lachrétienté prirent des armes blaíonnées :mais cette conjecture nous paroît plusimaginaire que fondée ; parce que, sui-vant toute apparence, les abeilles degrandeur naturelle & d’or massif, trou-vées dans le tombeau de Childeric I,n’étoient qu’un symbole de ce prince,& non pas ses armes. Ainíì dans la dé-couverte qu’nn a faite en 1646 du tom-beau de Childeric II, en travaillant àl’églife de S. Germain - des - Prés , ontrouva quantité de figures du serpentà deux têtes, appelle par les Grecsumpisbènc , lesquelles figures étoientfans doute également le symbole deChilderic II, comme les abeilles l’étoient-de Childeric I.

Au surplus,Chifflet, dans son ouvrageà ce sujet intitulé lilìutnfrmcicum , a euraison de se moquer des contes ridiculesqu’il avolt lus dans quelques-uns de noshistoriens, fur les f leurs de lis. En efí’et,les trois couronnes, les trois crapaudschangés en tro is fleurs de lis par l’angequi vint apporter à Clovis l’éculîon char-gé de ces trois fleurs ; ce qui a engagé lesuns à imaginer que les rois de Franceportoient au commencement de fable àtrois crapauds d’or, les autres, d’or àtrois crapauds de fable; & d’autresen-fin , comme Trithème, d’aznr à troisgrenouilles de linople ; tout cela , dis-je,ne peut palier que pour des fables pué-riles qui ne méritent pas d’ètre réfutéessérieusement. (D. J.)

Fleur delise, Fleuri, Floret-te , Ue. adj. sont des termes de Blason,dont on se sert quand les lignes qui ter-minent les pieces des armoiries,font con-tournées en fleurs, en lis, en f leurs de lis,