Band 
Tome XIV. FERM - FORL.
JPEG-Download
 

F L E

f ciel i lin petit nombre de gens qui Fontde ces bouquets grossiers , qui ne ressem-

F L E 62s

nient à rien moins qu’à des bouquets defleurs j & qui ne font qu’ïm assemblage

lée papyrus^ qui croît dans.des marais & dans des fossés, autour du Nil, à la hauteurde six coudées, & dont les anciens tiroient la moelle renfermée dans la tige , & enfaifoient une espece de bouillie , d’où ensuite ils levoient des feuilles propres à écri-re : c’est qu’en effet on pouvoit faire le même usage de la moelle qu’on me montroit,& que * comme vous le verrez par le modele que je vous envoie, on tire de cettêmoelle du tong-tsao, une espece de feuille, qu'on prend d'abord pour du papier : maisces feuilles font tout-à-fait différentes de celles du papyrus : ils ne conviennent en-semble qu’en ce que leurs parties ligneuses font également inflammables.

Les vertus médicinales qu’on attribue ail tong - tstw , le feront peut-éfre regardescomme une espece de sureau , plus moelleux, c’eiè une idée qui peut servir à ta dé-couverte que je propose, On lit dans le iliitiannain des «ris , qu’au rapport de Ma-thiole, il croitdans les lieux marécageux un petit arbrisseau , qu’on nomme sureaude marais, dont les verges font nouées , & ressemblent à celles d u sureau, qn’au de-dans il y a une moelle blanche, & que la matière de ion bois est frêle. Je vois en toutcela bien des rapports.

Si ces conuoissances peuvent aider à trouver en Europe, un arbrisseau semblable àcelui qui fournit aux Chinois la matière dont ils font leurs fcurs artificielles , il nsfera pas difficile aux ouvriers Européens d’imiter, & même de surpasser l’adressechinoise dans cette forte de travail, & ils pourront bien plus finement appliquer lescouleurs convenables, fur une matière qui est très-propre à les recevoir & à les con-server dans leur vivacité & dans leur fraîcheur ; c’est cet artifice des ouvriers Chi-nois.qui me reste à expliquer.

La première opération qui consiste à réduire ces bâtons de moelle en feuilles min-ces & déliées, n’eft pas l’ouvrage de ceux qui font les sieurs; on les apporte ainsipréparées de la province de Kiung-nan. Lorfqu’on m’en montra un paquet pour lapremière fois, je le pris d’abord pour de véritables feuilles de papisrqu'on avoitainsicoupées pour quelque dessin particulier : on me montra ensuite le bâton de moelled’où l’on tí roi t ces feuilles 5 la surprise où je fus piqua ma curiosité, & je voulus êtreéclairci de la maniéré dont on s’y prenoit pour cette opération. S’il y a quelque par-ticularité qui m’e'chappe, les artistes pourront aisément y suppléer.

La piece de moelle plus on moins grosse & longue , selon qu’on veut les feuillesplus ou moins larges, se met sur tine plaque de cuivre entre deux autres plaques fortdéliées,& en même temps que d’tine main on la fait glisser doucement dans cet entre-deux des plaques , de l’autre main avec un couteau semblable an tránchet dont lescordonniers coupent leur cuir, on enlcve une mince superficie qui se développe, demême qu’on enlevs avec le rabot des espaces de rubans de dessus une piece de boisbien polie; ce qu’on leve ainsi de la moelle, ressemble à de larges bandes rie papier«u de parchemin très-fin 5 on en fait des paquets qu’on vient vendre à Pékin , & lesouvriers les emploient à faire ces bellessieurs artificielles dont je parle. Surquoiilí'ailt observer que pour empêcher ces bandes ou pellicules de moelle de fe déchirercil les maniant, lorsqu’il s’agit de les peindre 011 de ies faqonher, il faut les tremperdans l’eau d’une main légere , en les y plongeant & en les retirant dansTinstant. IIfnffiroitmême de les laisser quelque teins avant Cette opération dans un lieu frais &humide. Avec cette précaution il n’y a point â Craindre qu’ellesfe rompent ou qu’ei-les fe déchirent.

II y a une autre observation à faire fur les couleurs qu’on applique. Les ouvriersChinois n’y employeur que des couleurs douces , où il n’entre ni gomme , ni mercu-re', ni céruse, ni alun , ni vitriol : Ces couleurs font simplement I l’ean , & ne fontxas fortes. Je Vis dans 1 c lieu où travailloient ces ouvriers , diverses petites feuillesatixquelles on avoìt donsté. une teinture de vefd, de rouge & de jaune : e’étoít là«online la préparation des autres couleurs, qtie différens peintres dévoient leur appli-quer pour les peindre an naturel. Ce travail lorsqu’on vent y faire de la dépense . esttin & recherché. J’avone néanmoins que jc fus étonné dn ri! prix auquel on donnoîtTerne XIX. Far lie II. k r