Band 
Tome XIV. FERM - FORL.
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cela arrivait souvent, on difoítque'lapiece avoit été jouée tibiis paribus dex-tris, avec lies flutes égales droites , íiç'étoit avec celles du fou grave ; ou tibiisparibusJtniJlris, avec iles flûtes égalesgauches , si c’étoit avec des flûtes de sonaigu.

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qn’ils puisent mieux gouverner lletir ha-leine , & la rendre plus douce. C’est cetteligature que les Grecs appelloieut Cot-êriièvi Sophocle en parle, quand il dit:

4>v <Totyxf a , v.uixpcï viv au Xfîxsiç sti,AXÁ ayploaç HviTUirt <fcp6i«í «rrp.

Une même piece n’etoit pas toujoursjouée avec les iiièmes/'/íiífíni avec lesmêmes modes ; cela changeoit fort sou-vent. 11 arrivoit peut - être aussi que cechangement se faisoit quelquefois dans lamême représentation , & qu’à chaque in-termède on changeoit di flûte-, qu’à l’iinon prenoit les//«íeí droites , & à l’autreles gauches successivement. Donat pré-tend que quand le sujet de la piece étoitgrave & sérieux , on n-e se fervent que desflûtes égales droites, que l’on appelloitausiì lydiennes , & qui avoient le l’on gra-ve ; que quand Ic sujet étoit fort enjoué ,on ne se servoit que des finies égales gau-ches , quiétoient appellées syriennes, ouJurranes , qui avoient le son aigu , & parconséquent plus propre à la joie 5 enflaque quand le sujet étoit mêlé de l’enjoué& du sérieux , on prenoit les flûtes iné-gales , c’est-à-dirc la droite & la gauche,gu’011 nommait phrygiennes.

Madame Dacier elt au contraire per-suadée que ce u’étoit point du tout le su-jet des pieces qui régloit la musique dansl’occaiiou où elles étoient représentées.En effet,il auroit été impertinent qu’utiepiece faite pour honorer des funérailles ,eût eu une musique enjouée ; c’est,'pour-quoi quand les Adelphes de Térence fu-rent joués la premiers fois , ils le furenttibiis lyiiis , avec les flûtes lydiennes,c’eft-à-dire avec deux flûtes droites ; &quand ils furent joués pour des occasionsde joie & de divertissement , ee fut tibiissarranis , avec les deux flûtes gauches.Ainsi quand une piece étoit jouée pendantles grandes fêtes, comme la joie & la re-ligion s’y trouvoient mêlées, c’étoit or-dinaire ment avec les flutes inégales ; outine Fois avec deux droites,& ensuite avecdeux gauches , ou bien en ics prenantalternativement à chaque intermède.

Au reste , ceux qui jouoient dc la flûtepour le théâtre se mettaient autour de labouche ur.c espece de ligature ou ban-dage composé de plusieurs courroiesqu’ih lioìent derrière la tête, afìnque

kars joues ne parussent pas enflées , &

“ II ne souffle plus dans de petites/iaíes,mais dans les soufflets épouvantables ,& fans bandage „. Ce que Cicéron appli-que heureusement à Pompée , pour mar-quer qu’il 11e gardoit plus démesures, &qu’il ne lòngeoit plus à modérer son am-bition. II elt parlé du bandage (fspcsii* ,autrement appelle , -atpis íjuuss dans Pitl-tarque , dans le scholiatte d’Aristophane& ailleurs , & l’on en volt la figure furquelques anciens monumens.

La flûte n’étoit pas bornée au seulthéâtre , elle entroit dans la plupart desautres spectacles, & les cérémonies pu-bliques grecques & romaines; dans cellesries noces , des expiations , des sacrifi-ces & fur-1 ou t dans celles des funérail-les. Accoutumée de tout temps aux san-glots de ces femmes gagées qui possé-doient l’art de pleurer fans affliction ,elle ne pouvoit manquer de former laprincipale mutique des pompes funè-bres. A celle du jeune Archémore fils deLyeurgue , c’est la flûte qui donne lesignal, & ce ton des lamentations. Dansles fêtes d’Adonis ou se servoit aussi dela flûte , & l’on y ajoutoit ces mots lugu-bres , dl , uì tsv li'ìuiviv j bêlas , bêlas ,Adonis! mots qui convenoisnt parfaite-ment à la tristesse de ces fêtes.

Les Romains , en vertu d’une loi très-ancienne , & que Cicéron nous a conser-vée, employèrent la flûte au même usage.Elle se faisoit entendre dans les pompesfunèbres des empereurs , des grands, &des particuliers dc quelques âges & dequelque qualité qu’ils fussent; cardanstontes leurs funérailles on chantoit deces chants lugubresappellés menue , quidemandoient necessairement i’aecompa-gnement des flûtes, c’est encore par lamême raison qu’on disoit en proverbe,ífif» licet ad tibicines mittus , envoyezchercher les joueurs Aeflute , pour mar-quer qu’un malade étoit désespéré , &qu’il n’avoiç plus qu’un moment à vivre;expression proverbiale , que Circé em-ploie assez plaisamment dans les repro»