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dénomination à des crystaux ou à despierres colorées qui font calcaires ougypfeuses , & qui par conséquent ne fontpas de la même nature que le cryftal deroche. II y a lieu de croire quec’estauxmétaux mis en dissolution , & atténuésparles exhalaisons minérales qui règnentdans le sein de la terre, que les fluorsíont redevables de leurs couleurs. Cequi confirme ce sentiment, c’eft que c’estordinairement dans le voisinage des fi-lons métalliques qu’on les rencontre cnplus grande quantité.
II y a lieu de conjecturer qne le nomAefluorsquz l’on donne à ces pierres, &celui àeflujfe par lequel on les désigneen allemand, leur vient de la propriétéqu'elles ont .souvent, de servir de fon-dans ou de flux aux mines que l’on ex-ploite dans leur voisinage : alors on lesregarde comme étant d une grande utili-té , en ce qu’elles contribuent à Faciliter■la fusion du minéral. V. Flux, Fon-dans, U Fusion. (■—)
FLUTE, f. f. Littér* L’inventiondeîaflûte, que les poètes attribuent à Apol-lon , à Pallas, à Mercure , à Pan , faitassez voir que son usage est de la plus an-cienne antiquité. Alexandre Polihyftórassure que Hyagnis fut le plus ancienjoueur de flûte , &qu’il Fut succédé parMarsyas , & par Olympe premier dunom , lequel apprit aux Grecs l’art detoucher les instrumens à cordes. SelonAthénée, un certain Seiritès, Numide ,inventa la flûte à nne feule tige , Silènecelle qui en a plusieurs, & Marsyas laflûte de roseau , qui s’unit avec la lyre.
Quoi qu’il en soit, la passion de la mu-sique répandue partout, Fut non-seule-ment cause qu’on goûta beaucoup le jeude la fute , mais de pins qu’on en multi-plia singulièrement la forme.11 y en avoitde courbes , de longues, de petites, demoyennes, de simples, de doubles, degauches , de droites, d'égsles, d’iné-gales, Uc. On fit de ces instrumens detout bois & de toute matière. Enfin lesmêmes flûtes avoient différens noms chezdivers peuples. Par exemple , la flûtecourbe de Phrygie étoit la même que letityrion des Grecs d’Italie, ou que lefbeution des Egyptiens, qu’on appelloitailffi metnaide.
Les flûtes courbes font au rang desplus anciennes ; telles font celles de la
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table d’Ifis : la gyngrine lugubre ou laphénicienne , longue d’une palme mesu-rée dans toute son étendue,étoient encorede ce genre. Parmi les flûtes moyennes,Aristide'le musicien met la pytbique &lesflûtes de chœur. Panlanias parle des f lû-tes axgìexmts & béotiennes. II elì encorefait mention dans quelques auteurs de laflûte hermiope,qu’Anacréon appelle fen-dre i de la lysiade , de la cythariftrie jdes flûtes précentoriennes , corynthien-nes, égyptiennes, virginales, milvines,& de tant d’autres dont nous ne pouvonsnous former d’idée juste, & qu’il faudroitavoir vues pour en parler pertinem-ment. On fait qne M. le Fevre désespé-rant d’y l ien débrouiller , couronna sosveilles pénibles fur cette matière, parfaire des vers latins pour louer Minervede ce qu’elle avoit jeté la fuite dans Peau,& pour maudire ceux qui l’en avoientretirée.
Mais loin d’imiter M. le Fevre , 'jecrois qu’on doit au moins tàche-r d’exyli-quer ce que les anciens entendoient parles flûtes égales & inégales, les flûtesdroites & gauches, les flûtes sarranes,phrygiennes , lydiennes , tibia f arcs Gfimpayés , tibia dextra & finistrts , tibiafarrarus , pbrygice , lidìca , &c. dont ilest souvent fait mention dans les comi-ques , parcc que la eonnoissance de cepeint de littérature est nécessaire pourentendre les titres des pieces dramati-ques qui fe jouoient à Rome. Voici donsce qû’on a dit peut être de plus vraisem-blable & déplus ingénieux pour éclair-cir ce point d’antiquité.
Dans les comédies romaines qn’on re-présentait sur le théâtre publie , lesjoueurs deflute jouoient toujours de deux/’fetoàiafois.Ceilequ’ils touchoient de lala main droite , étoit appellée droite parcette raison ; & celle qn’ils touchoient dela gauche, étoit appellée xo»à par con-séquent. La premiers 11 ’avoit que peu detrous, &rendoit un son grave; la gau-che en avoit plusieurs, & rendort un fouplus clair & plus aigu. Quand les musi-ciens jouoient de ces deux flûtes de (lissè-rent son, on di soi t que la piece avoit étéjouée tibiisimparîbus, avec les; flûtes iné-gales , ou tibiis dextris £íf finiftris , avecles flûtes droites & gauches : & quand ilsjouoient de deux fiâtes de même son , dedeux droites ou de deux gauches comme