686 F L U
avec les lèvres fans cependant y em-ployer aflfez de Force pour en devenirrouge
Pline , dans le chap. z; dp livre XVIâeson histoire Naturelle , rapporte qu’a-vant le musicien Antigénide, on coupoitdans le mois de septembre les roseauxdont on voutoit faire des flûtes , & qu’onne commenqoit à s’en servir qu’aprèsquelques années : qu’alors même le mu-sicien étoit obligé de dompter pour ainsidire son instrument, & d’apprendre à saflûte même à chanter, les languettesétant trop peu ouvertes; „ c'est-à-dire,je crois, que , comme on nvoit cueilli leroseau quand il étoit déja très - mur ,les languettes étoient dures, se compri-maient réciproquement, car il dit com-primentibusse lingulis , & ne se laifToientpas gouverner à la volonté du joueur “Mais après, continue Pline , on les cou-pa avant ce solstice ( au mois de juin )& on s’en servit au bout de trois ans, leslanguettes étant plus ouvertes pour flé-chir les sons „ ; c'est-à-dire , qu’on cou-poit les roseaux avant leur pleine matu-rité , qu’alors ils étoient plus souples ,que les languettes ne se comprimoientplus si fort réciproquement, & que parconséquent les sons étoient plus faciles àvarier.
On trouve dans les notes d’Hardouin,furies endroits de Pline que nous ve-nons de citer,un paflage de Théophraste,où il est dit que “les anciens faisoientd'abord leurs flûtes toutes de roleaux,&qu’ils eroyoient que les anches (glottes )dévoient être prises entre deux desnoeuds de la même plante dont on avoitfait la flûte , parce que fans cela l’instru-mentne résonnoít pas bien. „ Ce pafla-ge seul prouve que les flûtes des anciensétoient à anche ; encore aujourd'hui onpréféré celles de roseau à toutes les au-tres.
Je crois avoir suffisamment prouvé queles anciens n’avoient que des flûtes à an-ches. De ces flûtes, les unes avoientl’ancheà découvert comme nos hautbois;les trois passages d’Aristote cités ci-des-í'us , le prouvent faus répliqué. Les au-tres avoient flanche cachée comme lestrompettes d'enfant- Voici ce qui mesembla t’indiquer.
f' D’abord on voít fur des bas-reliefs desflûtes lans apparence de bizeau ni d an-
F L U
ehe ; ces flûtes font ordinairement ter-minées en-hautpar un bocal, dont leuranche est cachée dans le corps de Ainstru-ment; car nous avons déja vu que flancheest indispensable anx flûtes des anciens.
Les flûtes terminées par un bocal en-haut font ordinairement les plus gran-des, L quelques joueurs de flûte qui tien-nent, des inftrumens de cette espeee n’ontpoint dephorbeion, ou de bandage , v*Phorbeion, ( Mufiq . des iitft. des anc.)parce qu’on ne pouvoitpaffer qu’un petitcorps mince, tel qu’une anche, au tra-vers de la fente du phorbeion, parce en-core que le phorbeion étoit très-utile aumusicien; un des plus grands défautsqu’ont même aujourd’hui nos joueursd’instrumens à anches, c'est de laisseréchapper le vent,ce qui provient de latension continuelle des joues , & causeun sifflement très-dssagréable ; au lieuque celui qui souffle dans un bocal nepeut guere laisser échapper le vent.
Enfin Pollnx , dans le chap. 9. du li-v.IV de son Onomafticon , dit, que la flûteappellée bombyx a deux parties outre laglotte , & lestroux latéraux, l’une ap-pellée oâmsç ( obìios ) ; l’autre HtpeXfuar( ctipholmion ) ; l’olmos peut, je crois ,très-bien indiquer ici un pavillon sem-blable à celui des corps-de-chasse & destrompettes, & eupholmion une embou-chure faite comme un bocal; & à oucibon cette espeee d’embouchuro.íi la flûteavoit une anche placée comme celle denos hautbois? Aristote,dans son traité deaudihilibus que nousavony déja cité, dit“ qu’il est difficile de jouer de ía flûte ap-pellét bombyx , à cause de sa-longueur,ce qui joint à ce que nous venons de dire,semble prouver effectivement que lesflûtes lesplus grandes des anciens avoientun bocal , une anche renfermée dans lecorps de Ainstrument,& qu’on en jouoifcfans phorbeion ; “ cette derniere choseest confirmée par un passage de Sophoclequ’il explique en même temps ; le voici.“ II ne souffle plus dans de petites flûtes*mais dans des soufflets épouvantables Stlans bandage “ ( phorbeion ).
Enfin , je rapporterai encore ce quedit Festus , en donnant l’étymologie dumot lingula (languette) lingula per dìmi-nutìonetn lingute dicta , alias à Jìmuîtudinelìtigua: excrt..c ut in càlceis infecta ;, iíest infrà dentes ccercita , ut in tibUt