726 F L U
me £5’ Tourbillon. Selon Descarteslorsque la lune passe au méridien , lefluide qui est entre la terre & la lune ,ou plutôt entre la terre & le tourbillonparticulier de la lune, fluide qui se meutauffi en tourbillon autour de la terre , setrouve dans un espace plus resserré : ildoit donc y couler plus vite ; il doit deplus ‘y causer une pression fur les eauxde la mer; & <1e-là vient le flux & lereflux. Cette explication , dont nous sup-primons le détail & les conséquences , adeux grands défauts ; le premier, d’êtreappuyé fur ì’hypothese des tourbillons,aujourd’hui reconnue insoutenable, V.Tourbillons ; le second est d’être di-rectement contraire aux phénomènes ;car , selon Descartes , ie fluide qui passeentre la terre & la lune, doit exercer unepression fur les eaux de la mer ; cettepreífion doit donc refouler les eaux de lamer fous la lune: ainsi ces eaux devroients’abaisser fous la lune lorsqu’elle passean méridien ; or il arrive précisément lecontraire. On peut voir dans les ouvra-ges de plusieurs physiciens modernes,d’autres difficultés contre cette explica-tion: celles que nous venons de proposersont les plus frappantes, & nous parois-fent suffire.
Quelques Cartésiens mitigés attachésaux tourbillons, fans l’êtve aux consé-quences que Descartes eu a tirées , ontcherché à raccommoder de leur mieux cequ’ilstroiivoient de défectueux dans l'ex-plication que leur maître avoit donné duflux & du reflux : mais indépendammentdes objections particulières qu’on pour-roit faire contre chacune de ces explica-tions, elles ont toutes un défaut général,c’est de supporter l’exiilence chymériquedes tourbillons; ainsi nous ne nous y ar-rêterons pas davantage. Les principesque nous espérons donner aux mots Hy-JaRODYNAMIQUEjHYDROSTATIQUE,(f Résistance , fur la pression desfluides en mouvemens , serviront à ap-précier avec exactitude toutes les expli-cations qu’on donne ou qu’on prétenddonner influx U du reflux parlesloix dumouvement des fluides & de leur pression.Passons donc à une maniéré plus satisfai-sante de rendre raison de ce phénomène.
La meilleure méthode de philosopheren physique , c’est d’expliquer les Faitsles uns parles autres , & de réduire les
F L U
observations & les expériences à certainsphénomènes généraux dont elles soientla conséquence. II ne nous est guere per-mis d’ailer plus loin , les causes des (pre-miers faits nous étant inconnues: or c’estle cas où nous nous trouvons par rapportauflux & reflux Ae la mer. 11 est certain| par toutes les observations astronomi-ques , voyez Loi DE Kepler , qn’i! y a| une tendance mutuelle des corps célestesi les uns vers les autres : cette force dontI la cause est inconnue, a été nommée parM. Newton , gravitation universelle, onattraéfion, voyez ces deux mot ;, & New-toni anisme : il est certain de plus,parles observations, qne les planètes se meu-vent ou dans le vuide, ou au moins dansun milieu qui ne leur résiste pas. VoyezPlanète,Tourbillon, Résistan-ce, (f c. II est donc d’un physicien sagede faire abstraction de tout fluide dansl’explication influx & refiux de la mer,& de chercher uniquement à expliquerce phénomène par le principe de la gra-vitation universelle , que personne nepeut refuser d’admettre , quelque expli-cation bonne on mauvaise qu’il entre-prenne d’aiileurs d’en donner.
Mettant donc à part toute hypothèse,nous poserons pour principe, que com-me la lune pelé vers la terre, v. Lune ,de même auffi la terre & toutes ses par-ties pèsent vers la lune, ou , ce qui re-vient au même , en sont attirées : que demême la terre & toutes ses parties pèsentou font attirées vers 1e soleil, ne donnentpoint ici d’autre sens au mot attruiïion ,que celui d’une tendance des parties dela terre vers la hme & vers le soleil ,quelle qu’en soit la cause : c’est de ceprincipe que nous allons déduire lesphénomènes des marées.
Kepler avoit conjecturé il y a long-temps que la gravitation des parties dela terre vers la lune & vers le soleil,étoitla cause du flux & reflux.
“ Si la terre cessait, dit-il, d’attirer ses„ eaux vers elle-même, toutes celles de„ l’Océan s’élévcroient vers la lune ; car,, la sphere de l’attraction de la lune s’é-„ tend vers notre terre , & en attire les„ eaux
C’est ainsi Sque pensoit ce grand astro-nome dans son introd. ad theor. marit. &ce soupçon , car cen’étoit alors rien deplus , se trouve aujourd’hui vérifié L dé-